‹ Le crime, causes et remèdes. Avec un appendice sur les progrès de l'anthropologie criminelle pendant les années 1895-98Chapitre 100 sur 205 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

naissance des enfants naturels, sur la recherche de la paternité, sur r indemnisation pour les violations de promesse de mariage, diminueront les avortements, les infanticides, les homicides par vengeance; de même que la justice civile à bon marché préviendra les délits contre Tordre public, les jurys d'honneur préviendront les duels, et les bréphotrophes les infEinticides.

Dans l'ordre religieux^ le mariage des ecclésiastiques et l'abolition des pèlerinages feraient disparaître beaucoup de crimes contre les bonnes mœurs.

Dans Tordre édttcaiif^ l'abolition des spectacles atroces et des jeux de hasard sera un moyen préventif contre les rixes et les crimes de sang.

Climats et races, — Essayons, maintenant, une application systématique de ces substitutifs pénaux -— suivant les causes les plus graves de crimes.

Nous ne pouvons certainement pas empêcher l'action pernicieuse des climats chauds sur les crimes ; mais nous devons tâcher d' introduire les institutions le plus capables d' en tempérer les eflets ; par ex., en régularisant, dans ces climats, la prostitution, de manière à y diminuer les effets des excès sexuels : en facilitant l'usage des bains de mer et d'eau douce à d'entières populations, comme on faisait dans l'ancienne Rome, et comme on fait encore en Calabres, sachant que le bain froid affaiblit Taction^de la chaleur excessive. Nous devons alors aussi rendre la justice punitive plus expéditive, plus apte à frapper les esprits impressionables ; évitant, bien entendu, d'étendre par habitude d'une pédantesque uniformité, ces mêmes lois, aux pays septentrionaux, surtout pour les déhts contre les personnes, spécialement pour les «crimes sexuels.

Le promoteur du nouveau Code italien (1) déplorait conmie un inconvénient très grand la disparité de traitement juri-

(1) Zanardelu, Progctto del nuovo Codice Pénale. Rome, 1886.

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(lique existant entre les citoyens des diverses parties du Royaume; mais il ne pensait pas que si cette différence n'avait pas existé dans la loi, elle aurait certainement existé dans quelque chose de bien plus substantiel : c'est-à-dire « dans l'opinion publique qui interprète à Mazzara un homicide d'une tout autre manière qu'à Aoste > (ce sont les paroles précisesdu procureur du roi Morana); c.^ qui avec les Assises trouve une sanction effective.

Il est évident, d'après cela, que, la précocité sexuelle dans quelques régions étant donnée, non seulement on doit condamner diversement selon les régions le viol sur une fille de douze ans ; mais encore la limite d'âge pour la responsabilité ne peut pas être la même dans" les zones du nord et dans les zones méridionales et insulaires: quoi qu'il en soit on ne peut ni on ne doit la déterminer préalablement, mais après une étude pratique qui nous renseigne si la précocité sexuelle n'y est pas aussi suivie par la précocité psychique et dans quelles limites.

Nous possédons bien maintenant, dans ces cas, Tunité de la loi; mais elle ne sert certainement pas à diminuer les crimes; elle ne sert qu'à rendre la loi impuissante et dérisoire.

Si dans ces régions on avait mesuré la peine à l'opinion publique en radoucissant poiu* les crimes qu'elle considère comme moins graves, cola ne serait certainement pas amvé; mais peut-on, après ça, espérer un avantage quelconque en modifiant les lois pour des délits qui ne sont pas même des contraventions aux yeux du plus grand nombre, comme le duel, l'adultère, etc. ?

Pour unifier la loi, réellement et non sur le papier seulement, il faudrait niveler les md^rs, la natalité, la sexualité^ et, plus que cela, il faudrait encore niveler les climats, le sol, les cultivations; sinon il en sera de la loi décrétée de même que de cet ulmse^ qui ordonnait aux Polonais de changer de langue. On pourra opprimer, massacrer im peuple : mais on ne lui fera jamais changer sa langue, tant qu' il n' aura pas changé de climat, d'air, de larjnx et de nerfs, d'où proviennent néces-

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