‹ Le crime, causes et remèdes. Avec un appendice sur les progrès de l'anthropologie criminelle pendant les années 1895-98Chapitre 102 sur 205 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

pas même comme un ofiBcier d'état-major quelconque, qui se serve pour ses recherches des ressources scientiJBques que lui ■offrent les études do statistique, d'anthropologie criminelle, qui multiplie en somme son talent personnel par les forces énormes dont dispose la science.

Le télégraphe, par exemple, appliqué aux vagons des chemins de fer, le téléphone, les chemins de fer eux-mêmes: voilà -de nouveaux moyens aptes à neutraliser les nouveaux instruments du mal introduits par la civilisation ; ainsi que la photographie des détenus, distribuée alphabétiquement.

En Amérique, les sociétés d'assurance contre le crime ont introduit le télégraphe d'alarme qui, grâce à un registre placé à la tête de votre lit, signale l'entrée du malfaiteur et avec un mouvement de clef, vous met en communication avec un bureau télégraphique qui envoie immédiatement les secours.

Une autre application de l'électricité a été introdi^iite dans le service de police de New- York ; de nuit, chaque policeman doit surveiller un espace déterminé ; le long de cet espace est placée une espèce de colonne de fer vide, qui, outre une petite pharmacie, contient un appareil télégraphique, système Morse, avec lequel, sans bouger de sa place, il peut communiquer avec tout le département de police de la ville et en recevoir les secours sans perte de temps : si par exemple, plusieurs voleiu's ont pénétré dans une maison et sont en train d'y faire leur butin, et qu'il ne soit pas prudent pour lui de les affronter, il en avise le surintendant, qui avertit aussitôt tous les policeman du voisinage, en touchant la sonnerie électrique, qui ne s'arrête plus jusqu'à ce que le poliœmen auquel appartient la colonne, accoure l'arrêter et en même temps recevoir Jes ordres de son supérieur.

Guillar propose sagement l'association de toutes les nations pour l'arrestation des criminels en rendant communs les traités d 'extradiction par l'organisation d'une espèce de poUce internationale qui communiquerait les photographies et signalerait les malfaiteurs qui vont à l'étranger ~ ou ceux qui à l'expiration de leur peine émigrent dans les pays voisins, ou qui

y furent transportés, sauf les cas très rares où ils aient appris à exercer un métier lucratif. — Il devrait y avoir un casier judiciaire international et un bureau d' indications générales^ (Rev. de Disc, Carcer.^ Bulletin Internat.^ 1876).

En Autriche et en Angleterre on a introduit ces compagnies de Détective^ de Vertraute, qui sont de véritables combattants du crime.

Quelques-ans, isolés, cachent leur mission sous des noms? d'emprunts et des professions diverses, d'autres di\isés en petits groupes, inconnus les uns aux autres, tous récompensée généreusement, suivant T importance de T arrestation qu'ils effectuent, font une chasse à outrance aux criminels et souvent les attrapent en flagrant délit, en se servant des chemins de fer, du télégraphe, de l'observation minutieuse faite dans les prisons des physionomies et surtout du regard des malfaiteurs^ qui ne peut changer, et des collections photographiques dont nous avons parlé.

Métfiodes d'identification, — Un bon commissaire de police, pour mettre la main sur l'auteur inconnu de quelque crime, se fie à sa mémoire, à la photographie et aussi au grossier casier judiciaire qu'on a institué depuis peu d'années^ Mais dans un royaume aussi vaste que l'Italie, avec des communications aussi rapides, des milliers d'individus échappent à ses observations; la mémoire la plus heureuse ne saurait être d'un grand secoiu^.

Les délinquants réussissent aisément à se soustiaire aux recherches de la police en changeant do nom; et s'ils sont arrêtés, ils parviennent non moins aisément à tromper l'autorité sur leurs propres antécédents, en prenant le nom de quelque personne honnête.

On voit, d'après cela, combien est nécessaire une identification scientifique des prévenus (1).

(1) À Vienne 150 Vertraute arrêtèrent en 9 mois de 1872 — 4950^ délinquants, parmi lesquels 1426 voleurs et 472 escrocs (Haybenz^ Wiener Verbrecheii, dans la Deut, Rundschau, 1875).

Page 1