DEUXIÈME PARTIE
que les classes les plus besoigneuses s'entraideot par la coopération, par le secours mutuel : et que Tavantage énorme qu'elles apportent financièrement à TEtat par leurs contributions, elles le retounient à leur profit en substituant le capital collectif à celui du capitaliste.
Charité, Bienfaisance. — 11 y a cependant encore aujourd'hui un degré de misère que ne peut soulager l'œuvre trop lente de la coopération, du collectivisme et des mesures de l'État, toujours trop lentes et insuffisantes.
C'est ainsi que d'après une enquête ouverte et vérifiée sur les lieux mêmes, par ma tille Gina (1) il résulte que sur cent familles ouvrières, toutes occupées cependant, dans Turin, le 50 % d'entre elles sont toujours chargées de dettes et le 25 7(, inscrites <à la bienfaisance paroissiale, sans laquelle elles seraient exposées à mourir de faim. Cet auxiliaire de la charité qui autrefois était l'unique secours contre la misère, est donc quoique insuffisant, encore néeessaije tant que la civilisation ne l'aura pas rendit superflu.
Tâchons donc que la charité abandonne l'ancienne défroque monastique, et que, s'inspirant de Tesprit nouveau, elle marche sur les pas des transformations économiques.
En cela, excellent les nations anglo-saxones et germaniques où les religions protestantes, calvinistes, etc., vulgarisèrent la charité, en dehors de 1' église en la mettant en communication directe avec le cœur du peuple qui est un puissant auxiliaire pour découvrir et secourir les besoins les plus cachés.
En Angleterre et en Suisse, la charité fait ingénieusement servir l'indigent en faveur de l'indigent; elle fait, par exemple, garder par les mères désoccupées les enfants de celles qui travaillent ; elle organise des hôtels et des asiles temporaires pour les domestiques, pour les désoccupcs, des agences do ti'avail, etc.; et tout cela se meut dans un engrenage si parfait, qu'il suffit d'une faible contribution do la part du bénéficié
(1) Inchiesta di Gina Lombroso su 100 famiglio oporaio. Torino, 1S07.
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pour maintenir Tinstitution, en sauvegardant en môme temps la juste fierté de l'honnête indigent.
Genèv-e (1), par exemple, qui est une des rares villes d'Europe où le crime soit en décroissance, compte 400 institutions de bienfaisance — dont 35 pour les enfants (7 pour les conduire aux bains, 5 pour la protection des enfants à domicile, 1 récréatoire, 2 écoles d'apprentissage, 1 industrielle, 1 musicale) — 16 pour les vieillards^ dont: 5 asiles, 1 pour pensions à domicile, 10 assurances — 48 pour les femmes^ Aoni: 4 asiles pour jeunes filles, 1 pour les femmes déchues, 4 pour les ouvrières désoccupées, 5 pour les domestiques, 8 hôpitaux dont 5 pour les domestiques et 3 pour les jeunes filles, 1 récréatoire, 1 société contre la prostitution, 1 pour la défense, 4 îigences de placements, 7 pour procurer du travail à domicile, 8 patronages pour institutrices, enfants, etc.; -^^ pour Us hommes, dont: 11 pour les accidents dn tiavail, 8 de diverses nationalités pour faciliter l'occupation aux émigrants, 2 pour les organiser,
3 pour les désoceupés, 4 réciéatoires et salles de lectures,
4 pour conférences, 1 contre les jeux de hasard, 1 pour acheter les instruments de travail, 1 pour le placement des apprentis, 9 sociétés de tempérance, 9 cuisines populaires, etc., etc.
Les institutions plus spéciales sont : les sociétés pour Tamélioration des logements et pour les logements hygiéniques à bon marché ; les caisses d'épargnes spéciales qui recueillent l'argent en sommes minimes pour le restituer en marchandises achetées en gros, leç hôtels de famille pour les étrangers pauvres, les ouvriers à la recherche de travail, etc.
Une des sociétés les plus ciu-actéristiques est celle des vieux papiers; cette société distribue à beaucoup de familles des sacs, qu'elle retire à une époque déterminée, pleins de \ieux papiers avec le prix desquels elle paye un local et une agence ; c-elle-ci recueille des vêtements et des objets chez les riches, et après les avoir fait laver, recoudre et transfoimer par des.
(1) Lombard: Annuaire. Philantropique Genvrois. Genève, 189 J.