DEUXIÈME PARTIE
gens qui s*y exerçaient à des manœuvres, marches, prières en commun, chants le dimanche, etc.
Institutions Bamardo. — Pour sauver, complètement, si non les criminels-nés, du moins les criminaloïdes, il faut les recueillir dès la première enfance.
€ Les tentatives pour réformer la malheureuse population adulte, écrit Bamardo, ont toujours fatalement échouées grâce à rhabitude invétérée des individus dans le mal; la vis inertiae de l'ignorance, du vice, et du crime est bien difficilement vaincue par la force de l'idée réformatrice.
c II en est tout autrement quand il s'agit des enfants : la moitié des difficultés sont aplanies, dès le moment que nous avons une matière plastique entre les mains. Les influences du milieu et des circonstances ont une importance bien plus grando qu'on ne le croit pour former un caractère.
« J'ai observé qu'un milieu neuf et sain est plus puissant à transformer et à renouveler un individu que ne l'est l'hérédité à lui imposer une tare. U s'agit donc de changer et de purifier assez tôt et de fond en comble l'ambient méphitique afin d'étouffer les instincts pervers » .
Barnardo cite victorieusement l'examen attentif qu'il a fait dans les listes des nouveaux recueillis; il en ressort que 85^/^ de ces enfants descendent de parents alcooliques. — Or, nous savons combien est funeste l'hérédité do l'alcoolisme. Et bieu^ des 9000 enfants recueillis et envoyés au Canada, qui sont devenus des hommes faits et dont on connaît l'histoire, 1 7a seulement a faiUi.
Il faut donc prendre l'enfant à l'état plastique, si on veut le modifier; c'est là une action non seulement évangéUque, mais aussi économique, car avec 20 livres sterlings pour le recueillir et l'améliorer, la société épargnera des milliers de livres pour se défendre contre le délit.
Voici 4 exemples (figures 3 et 4) d'enfants sauvés par Barnardo, qui portent encore sur le visage l'empreinte de la faim et la terreur des mauvais traitements.
Barnardo reçoit tous les enfants abandonnés; il £ut des recherches sur leur vie antérieure et les tient en observation pendant quelques temps, après quoi il leur choisit un métier et les envoie dans une maison ou au Canada, etc.
Un de ces grands secrets consiste à isoler le plus possible par sections les enfants, en leur laissant pleine liberté de développer leur diverses aptitudes individuelles, évitant ainsi ce qu'il appelle lui-même c Vempreinie institutionnelle réglementaire » qui est la malédiction des refuges, et des orphelinats en général.
Figure 3.
Pour cela, il a soin, non seulement, de ne pas mêler ensemble les enfants de différents âges, mais encore de les séparer dans différents édifices, en les faisant passer de l'un à l'autre, suivant l'âge ou les circonstances.
Cette intuition des besoins et des facultés de chaque individu par rapport, aux autres, Barnardo l'apporte dans tout son œuvre, il Térige en système avec une pénétration et à la fois un sentiment profondément humain. Il recueille les enfants de tous les âges, il possède la Tinny House pour les