‹ Le crime, causes et remèdes. Avec un appendice sur les progrès de l'anthropologie criminelle pendant les années 1895-98Chapitre 154 sur 205 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

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Teint olivâtre

Tatouage

Canitie et calvitie tardives. . . .

Cheveux noirs et crépus ....

Anomalies motrices:

Gaucherie et ambidextrisme . . .

Altérations des réflexes

Pupilles inégales

Agilité exagérée

AnomiUies sensorielles:

Obtusité tactile :

Obtusité dolorifîque et générale . .

Grande acuité visuelle

Obtusité de l'ouïe, du goût et de l'o-

dorat

Gaucherie sensorielle

Scotomes périphériques du ch. vis. .

Anomalies organiques:

Diavulnérabilité . ,

Ano7iialies psychiques:

Intelligence limitée

Superstition

Obtusité affective

Amour des animaux

Obtusité du sens moral

Absence de remords

Impulsivité, cannibalisme, férocité .

Pédérastie, onanisme, obscénité . .

Croyances religieuses exagérées . .

Yagabondage

Précocité sexuelle exagérée etc. . .

Vanité

Esprit d'association

Simulation

Paresse, inertie

Imprévoyance

Lâcheté .

Passion du jeu

Manie, paranoïe, délire

Vertiges

Mémoire exagérée

Causes:

Héréditaires (dans les parents, alcoo-

lisme, folie, épilepsie, parents âgés)

Alcoolisme

Égale distribution géographique . .

araître sans lien avec le cerveau, lui sont au contraire intilement liées, provenant, comme lui, du même feuillet omryonnaire (Yol.^ I, n. 232, etc.).

Rappelons ici que Gowers ayant souvent noté chez les 6piïptiques des actes particuliers aux animaux, tels que mordre, boyer, miauler, en conclut : « On dirait que ce sont là des lanifestations de cette animalité instinctive que nous possédons

l'état latent » {Epilepsy^ London, 1880).

Si les accès épileptiques complets manquent souvent chez îs criminels-nés, c'est parce que très souvent ils y sont latents; fc ne se manifestent que tardivement sous l'impulsion de auses données (colère, alcoolisme), qui les mettent en évience ; nous avons vu que la psychologie de l'épilepsie est paiUôle à celle des criminels; et chez tous les deux en effet se :îmarque un développement insuffisant des centres supérieurs, 3 manifestant par les altérations du sens moral, de TafFectivité, ar l'inertie, l'ipérexcitabilité physio-psychique, et surtout par î déséquilibrement des facultés psychiques, lesquelles, alors lême qu'elles sont chez eux, géniales et altruistiques, préîntent toutefois toujoui*s des lacunes, des contrastes et des itermittences excessives.

Fusion de V anomalie vwrbide avec Vatavisyne, — Très souent, du reste, certains caractères fréquents chez les criminels b chez les épileptiques ont été classés comme anormaux ou lorbides et non comme ataviques, absolument grâce à l'iniffisance de nos connaissances embryologiques et phylogénéques; beaucoup do ces caractères, même dans le tableau susnnexé, qui cependant n'est que schématique, sont à la fois taviques et morbides, tels sont : la microcéphalie, la sclérose lânienne, etc.

L'asymétrie faciale elle aussi apparaît atavique, si on se rap- Blle, par exemple, les pleuronectides (Penta): de même que la de anormale et fréquente si l'on remonte aux singes et aux !ottontots. Penta recourt justement aux habitudes nuptiales )s poissons pour expliquer l'exhibitionisme ; aux mollusques

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pour expliquer Jes amours homo-sexuels ; il n'est pas jusqu'à la hernie, observe justement F6r6, qui ne rappelle quelques-unes des conditions normales dans les vertébrés inférieurs, et dans l'embryon; en étudiant les Dinkas (voyez Appendice) je trouve que le pied plat, si fréquent parmi les épileptiques est atavique.

Et très souvent, la morbosité et l'atavisme remontent à une cause commune, comme l'observait Wagner (1), dans une magnifique dissertation : « L'idée, écrit-il , que l'atavisme des criminels se manifeste avec la maladie spécialement fœtale se trouve complètement confirmée dans les belles découvertes de Ettingshausen : si , par exemple , nous refroidissons une racine de chêne de manière à la frapper partiellement de mort, l'année suivante elle produira des feuilles qui ne ressembleront plus à la feuille du chêne moderne, mais seront pareilles à celle du chêne de l'époque tertiaire ; ce fait explique la réapparition de formes fossiles intermédiafres et indistinctes. On comprend très bien, dès lors, que des influences capables d'engendrer une maladie peuvent provoquer des rétrogrossions morphologiques ataviques » .

L'arrêt de développement, toujours partiel, n'exclut pas l'énergie dans d'autres directions : l'énergie musculaire, la néophylie, par exemple, et même l'acuité du génie, qui, à son tour, se trouve compensée par la méchanceté et l'absence de sens moral (2); il s'ensuit donc que le fait de l'origine épileptique et morbide de la folie morale n'exclut pas, mais confirme au contraire, sa parenté avec le criminel-né.

Le fond épileptique, tout en fixant les lignes cliniques et anatomiques du fou moral et du' criminel-né, qui se perdaient dans les vagues hypothèses semi-juridiques et semi-psychiatriques, explique l'instantanéité, l'intermittence et le contraste paradoxal de leurs symptômes, qui sont, sans doute, leurs caractères les plus saillants; voir la coexistence et le passage de

(1) "Wagner v. Jaurkqo. Autriltsvorlesung an der psychiatrischen Klinik. Vienna, 1895.

(2) LoMBROSO, Homme de génie j 2"^* édition. — Paris, Carré, 1896.

la bonté à la férocité, de la lâcheté à l'audace la plus effrontée, du génie à la stupidité la plus complète; la manifestation de plus en plus fréquente du délire et de Tesprit d'association qui manquent toujours chez les autres aliénés non épileptiques.

Grimiîialoïdes. — Le criminaloïde, tout en s'en différenciant complètement, ne manque pas de rapports avec l'épilepsie et avec l'atavisme ; ainsi tout en comptant un nombre plus grand d^épileptiques (10 7o P*^ exemple, parmi les coupeurs de bourses) que les hommes normaux et une plus grande proportion de types criminels (17 7o)î il compte toutefois quelques anomalies spécifiques, telles que la gaucherie (mancinismo) aussi fréquente chez les escrocs (Voir vol. II, 216, 514, 518, Homme crimi?iel).

Dans sa biologie on observe un moindre nombre d'anomaUes dans le tact, dans la sensibilité, dans la psychométrie, et surtout moins de calvities et canities précoces, et moins de tatouages : mais on rencontre au contraire une plus grande proportion d'anomalies absolument morbides, dépendant de l'abus des boissons alcooliques, comme les athéromes, les parésies, les cicatrices ; l'anomaUe psychique est surtout moindre chez le criminaloïde, qui n'a pas le cynisme, la passion de faire le mal pour le mal; il confesse plus facilement et avec plus de sincérité sa faute et se ropent plus souvent; mais il est plus lascif et plus fréquemment alcoolique: et les femmes criminaloïdes sont plus suggestionables ; il est plus précoce et récidive plus souvent, du moins le coupeur de bourses et le simple voleur: il est le plus souvent entraîné au crime par une grande occasion; toutefois l'impulsivité épileptoïde qui le fait faillir sans occasion ne manque pas non plus chez lui. Kappelons Casanova, confessant que lorsqu'il commettait une escroquerie, il ne la préméditait pas, mais qu'il lui semblait de céder à une volonté supérieure. Un coupeur de bourses me disait: « Quand cette inspiration nous vient^ nous ne pouvons lui résister > [Homme criminel^ vol. II).

Dostojewski nous dépeint les contrebandiers de la prison

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