‹ Le crime, causes et remèdes. Avec un appendice sur les progrès de l'anthropologie criminelle pendant les années 1895-98Chapitre 167 sur 205 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

férences qui ont été faites dans le cours de la semaine, sur le résultat des épreuves subies, sur la promotion et la rétrogression de classe, la libération des détenus.

Depuis un an je reçois ce journal, et je dois reconnaître qu'aucune feuille juridique de Tltalie ou de la France n'est aussi riche en nouvelles, spécialement pouf ce qui regarde la criminalité.

Tous les services, jusqu'à ceux de surveillance et de garde étant faits par les détenus eux-mêmes, la dépense en est minime : on ne se préoccupe pas de retirer des bénéfices, on a surtout en vue les avantages ultérieurs que retirera la société quand ils seront rentrés dans la vie. On cherche avec soins la profession pour laquelle ils ont le plus d'aptitude et qui leur soit le plus profitable dans le pays oii ils devront s'établir.

On expose avec intention les détenus de la première classe â des tentations de diverses espèces. Après six mois, Brockway propose au Conseil d'administration de les mettre en liberté provisoire. Le Conseil aurait le droit de refuser pour motifs spé- <îiaux, malgré la bonne conduite, surtout quand il estime que la gravité du délit commis rendrait dangereuse une trop prompte libération; mais dans le fait il autorise toujours Brockv^ay à les mettre en liberté; la libération n'a cependant lieu que lorsque M. Brockway s'est assuré que le libéré trouvera une occupation convenable et durable; il l'aide lui-même à la trouver et cela ne lui a jamais été difficile jusqu'à présent.

Le détenu, libéré provisoirement, doit pendant six mois au moins rendre compte de sa conduite, de la manière que M. Brockway juge la plus pratique, suivant les cas ; il ne reçoit la liberté complète qu'après un an de bonne conduite.

C'est bien là le Probation System perfectionné; personne n'est plus que moi chaud partisan de cette réforme, qui est la première application pratique de mes études: je crois fermement que l'étude individuelle, somatique, de chaque criminel, l'instruction pratique et individualisée ne peuvent donner que -d'excellents résultats appliqués aux criminaloïdes ; en leur inculquant surtout l'habitude du travail.

3, pour les criminels-nés, cette réforme ne me paraît me égale efficacité; quand je vois que 49 7o ^^^ clients 'a manquent complètement de sens moral, que 12 ^/^ landonné la maison paternelle avant 14 ans ou sont ) parents épileptiques, 37 7o ^^ parents alcooliques et S ^/q ne manifestent aucun repentir, je ne crois pas îux-là puissent être amendés par des bains froids ou î, joints à une plus grande activité et à une solide îtion; d'autant plus les enfants le plus facilement coniy sont en nombre plus restreint et qu'ils y sont mêlés iultes.

effet si on examine la statistique particularisée des libérés, qui y ont séjourné pour une durée moyenne de •is, on trouve que:

56 se sont fixés dans d'autres états; 0 sont morts;

28 ont encore à rendre compte de leur conduite, lem^ de l'épreuve n'étant pas terminé ; 85 ne peuvent avoir la liberté qu'après l'expiration du num de leur peine ;

71 ont été mis incomplètement en liberté après avoir rendant six mois une conduite satisfaisante ; 26 n'ont pas fourni les attestations demandées et on ne 3 qu'ils sont devenus ;

7 ont été frappés d'autres peines pendant le temps de ive;

9 ont dû être réintégrés dans l'établissement; 15 y sont retournés volontairement ayant pei*du leur i durant le temps de l'épreuve et ne pouvant trouver e occupation.

négligeant les 10 morts, il y en a donc 533 de non lés, soit 31 7o -- proportion très approchante de celle 3 donne des criminels-nés. — D' ailleurs, la surveUexercée sur les individus en liberté provisoire est telt superficielle, que si nous comptons comme récidivieux qui se sont soustraits à la surveillance, nous nous

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