‹ Le crime, causes et remèdes. Avec un appendice sur les progrès de l'anthropologie criminelle pendant les années 1895-98Chapitre 49 sur 205 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

crimes que les français. Or de 1851 à 1886 l'immigration y tripla; et la qualité des immigrants empirait à mesure que leur quantité augmentait; car au début ce sont les meilleurs éléments qui accourent, mais en suite lorsque le courant qui pousse les gens d'un pays à Tautre devient trop fort, il ne charrie plus que les pires sujets (Joly). Le Nord a quatre fois plus d'étrangers que les Bouches-du-Rhône et 19 fois plus que l'Hérault; mais il a 9 fois plus de naturalisations, c'est à dire des éléments plus stables et plus assimilables que le premier, et 75 plus que le second, fréquenté par des espagnols, pendant que les premiers sont belges (Joly). Les immigrants y sont aussi attirés par la rareté des naissances et par la fréquence des grèx-es qui leur laissent l'espérance d'y trouver du travail (Joly, France criminelle).

Ajoutons à cela, la contradiction provoquée par la race sémite et le climat chaud dans l'Italie méridionale, que nous avons vu augmenter tous les crimes contre les personnes et en partie contre la propriété, et qui coïncident en Italie avec la minime épargne, ce qui confond les facteurs climatique et ethnique avec le facteur économique.

Mais ce serait une grande illusion de croire que ces explications suffisent. Il doit y avoir une influence encore plus grave. En effet: si nous comparons certains pays d'Italie comme le Piémont et la Lombardie qui ont beaucoup d'analogie de race et de climat avec la France, nous voyons, dans des conditions beaucoup plus identiques se continuer le phénomène opposé: là aussi, la plus grande épargne coïncide avec le moins de crimes, pendant qu'en Franco c'est le contraire qui arrive: mais ici, il faut en rechercher la cause dans la richesse énormément plus grande, pour le moins quadruple, de la France comparativement à celle de l'Italie, d'autant plus que, en France, dans beaucoup d'endroits, cette richesse trop vite aaïuise y pousse aux plus grandes débauches, si bien que (c'est Joly qui le remarque) se déhancher y est synonime de s^amnser.

Nous en trouvons une preuve directe dans le fait que chez

nous, la richesse moyenne et la richesse maxima aboutissent aux mêmes effets, justement parce qu'elles ont entre elles beaucoup d' analogie pendant que c' est le contraire qui se produit en France, où la richesse maxima se différencie énormément de la richesse moyenne et donne des résultat» contraires.

En Italie, Taugmentation de l'épargne y est bien plus un effet de Téconomie et de l'inhibition, que d'une véritable richesse, tandis qu'en France, du moins dans beaucoup de régions industrielles, spécialement dans l'Hérault, les Bouchesdu-Rhône, l'épargne y est un indice de richesse si puissante^ qu'elle d^orde bien souvent dans la rapide spéculation. De là vient que nous en trouvons tous les avantages dans un endroit et tous les dommages dans l' autre. La petite richesse lentement accumulé refrène le crime ; la richesse débordante n'est plus un frein, mais un aiguillon et un facteur de crimes.

Régions agricoles, industrielles. — En effet, là où l'activité industrielle se mêle rapidement, pis encore si elle remplace l'activité agricole, on y voit aussitôt s'élever le chiffre des crimes.

Et en vérité, si nous divisons la France comme dans r étude sur sa GriminaliU pendant 50 ans (o. c), en régions agricoles^ agri^le- industrielles^ industrielles, nous voyons que le crime s'y accroît presque toujours, des premières en allant aux dernières : ainsi qu'on le voit dans ce diagramme (p. 153), qui nous montre comment sur 42 départements agricoles, 11 seulement, c'est-à-dire le 26 "/j^, surpassent la moyenne des assassinats en France, pendant que dans les départements agricoles-industriels elle est dépassée par 10 départements sur 26, c'est-à-dire le 38 ^/^ et de 7 sur 17, c'està-dire le 41 % dans les départements industriels (p. 153).

Quant aux viols sur les adultes et les crimes contre les personnes, nous trouvons de môme la moyenne :

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