PREMIERE PARTIE
1 «^ 4 ans 5 à 10 ans 3 à 13 ans
2 h 7 » 4àll» 3àl4»
12 autres m' avouèrent qu' ils s'étaient enfuis de la maison paternelle pour éviter les punitions ou le travail.
Le 10 7o d^s détenus de la Oenerala m'avoua franchement de s'être livré au vol avant 12 ans, par instigation et par enseignement des camarades, bien plus que par un véritable besoin.
Dans notre centurie de criminels (2), nous avons trouvé 35 7o de buveiu^ entre 2 et 10 ans (25 7o d'entre-eux ne buvaient exclusivement que de l'eau de vie); 6 sur 21 s'étaient livrés à la masturbation avant 6 ans, et 13 sur 21 avaient sacrifié à Ténus avant 14 ans ; ce qui démontre leur grande précocité dans le vice.
Marro sur ses 462 criminels (o. c) constata que 86 étaient déjà délinquants à 13 ans, 9 avant 11 ans, c'est-à-dire le 18,6% avant 16 ans, même le 21,7 7o ^^ 7 ajoutant ceux envoyés à la maison de correction.
On observe chez nous, vers l'aube de la jeunesse, une espèce de tendance instinctive vers le crime que les esprits non encore mûrs prennent pour une preuve de virilité, et que Manzoni a très bien exprimé dans son célèbre roman : « Gervais pour avoir prêté la main à une chose qui puait le crime, croyait être devenu un homme comme les autres » (chap. XI).
Cette recrudescence des impulsions ataviques, dans la puberté, à été observée par Marro en étudiant les jeunes gens honnêtes. Sur 917 écoliers de 6 à 10 ans, il trouva : bonne conduite 48,3 7^ — médiocre 33,3 7^ — mauvaise 18,21 ^/q. — Étudiant en suite 3012 écoliers entre 11 et 18 ans il trouva: bonne conduite 64 % — médiocre 45 % — mauvaise 9,2 %• Cependant en les répartissant dans les différents âges il obtint :
(1) En volant les attestations de mérite pour avoir le prix à la fin de l'année.
(2) Rossi, Una Centuria di criminal% Torino, Bocca, 1885.
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Mauvaise c
ans
Ce qui correspond arithmétiquement, si on tient compte de la première exacerbation — entre 11 et 18 ans — à cette proportion de pseudo-folies-morales que nous avons trouvée dans l'enfance {Homme criminel, Vol. I) et — vers 16 et 17 ans — à cette autre exacerbation avec le 2® maximum de la mauvaise conduite qui rôpullule à l'approche de la puberté.
Une telle précocité dans le crime, supérieure certainement à celle de l'aliénation mentale, est une preuve que bien plus que la folie, le crime procède de causes congénitales: et celui qui se rappelle que la précocité est un des caractères du sauvage (Spexcer, Priiieip, de socioL, 1879) y trouve une autre preuve de l'origine atavique du crime.
Cette précocité est même fixée par des rites dans les peuples primitifs ; ainsi chez les Vanica, les jeunes gens ayant atteint leur majorité se rendent nus dans une foret et n'en sortent que lorsqu' ils ont tué un homme (Barth, Afriqtie orientale, 1876).
On peut donc attribuer avec certitude à l'influence atavique, le scuonero^ qui signifie pour beaucoup de jeunes gens, de 15 ans, de Naples, faire le despote, aller armé de rewolver et de bâtons, faire l'amour, remettre à leur place les parents et les gardes : une espèce de carnorra enfantine, en somme, dont la plus grande gloire est d'avoir blessé ou tué quelqu'un.
On en trouve une autre preuve dans cette fatale parole sicilienne omerià qui signifie en même temps virilité et brigaitdage.
(1) La Puhcrtàj etc. (Bibl. Antrop. Giurid.) Torino, Bocca, 1898.