PREMIERE PARTIE
Suivant Yvernès (Jolt, France criminelle) en France, en 1882, sur 100.000 individus de la même profession du sexe masculin :
les propriétaires et rentiora donnent
accusés
les agents do la force publique . >
les cultivateurs ... »
les domestiques ou ouvriers agricoles *
l'industi-ie .... >
les professions libérales . . ^
les transports et la marine marchande r>
le commerce ....
les domestiques attachés à la personne »
les professions non classées ou inconnues »
Suivant les dernières recherches de Tarde, en France les proportions des individus condamnés sur 10,000 habitants de chaque classe de professions sont les suivantes :
Pour Tagriculturo 0,84
» les industries 1,32
» le commerce 1,00 (1)
En France, aussi bien que chez nous, la classe agricole donne à la criminalité un contingent mineur que celles de l'industrie et du commerce.
On j remarque le fait saillant de la différence énorme des agraires accusés on comparaison des urbdns ; à cause certainement de r influence fatale du milieu social dans lequel vivent ces derniei*s.
D'après des recherches plus anciennes de Fayet, en France, les agriculteurs qui constituent le 53 % de la population fournissent le 32 ^\'^) de la criminalité (2). Il est beau de noter à ce propos que: tandis que les serviteurs do la campagne quoiqu'ils soient exposés à une plus grande misère, donnent à peine à la criminalité le 4 à 5 'V^,, ceux de la ville en
(1) Actes du Congrès d'Antropologie Criminelle de Genève 1897.
(2) Fayet, Séance de l'Académie^ etc., Paris, 1847.
fournissent le 7 %; ils fournissent avec les aubergistes ^1^ des infanticides, Vg des vols, ^/^ des empoisonnements ; sans doute à cause de la perte de tout sentiment de dignité personnelle qu'entraîne toujours après soi Tétat de dépendance; on Ta remarqué pour les esclaves d'Amérique qui se montrèrent bien plus débauchés qu'ils no Tétaient dans la vie sauvage mais libre. J'insiste sur ce fait parce que chez les domestiques Talcoolisme est rare, et que par suite il manque chez eux un des facteurs principaux de la criminalité.
Fayet aurait cependant observé que le chiffre maximum des parricides, 108 sur 164 du total se recrute parmi les paysans.
Il aurait trouvé un chiffre notable d'attentats à la pudeiuparmi les maçons et les peintres; de viols chez les voituriers et d'infanticides dans la classe des chapeliers et des blanchisseurs (sans doute grâce à la prédominance des femmes).
Parmi les commerçants abondent les délits contre la propriété.
Mais oii ces derniers délits se réitèrent le plus souvent, c'est dans les classes libérales; et, ce qui pis est, c'est qu'ils y sont en continuelle augmentation, surtout parmi les notaires et les avocats, moins chez les propriétaires.
En France en 1833-39, en rapportant à 100 la criminalité des individus du sexe masculins de plus de 26 ans contre la propriété
la criminalité spécifiquo des prêtres s'clèvo à 10
» ^ avoués » 52
9 » avocats » 74
'» ^ notaires » 145
9 > huissiers > 162
Joly remarque avec raison que la connaissance de la loi, les privilèges, l'instruction, le bien-être devraient garantir aux professionnistes le minimum de criminalité : mais ils sont au contraire corrompus par le succès ou par un travail parassitaire, plus propre à exploiter la profession qu' à lui donner ime noble émulation; et il observe que la moyenne de dé-