PREMIERE PARTIE
En juin la première place revient à un cnme analogue^ le viol sur les adultes 1313 ; le 4° appartient également à un délit sexuel, l'avortement 1080, pendant que le parricide occupe le 3° rang avec 1151.
En juillet, le viol sur enfants s'élève au premier degré 1330 ; les autres délits plus nombreux sont du même genre : enlèvement de mineiu's lllS, attentats à la pudeur 1093.
En 3""^ lieu viennent les blessures sur consanguins 1100.
Au mois d'août la lascivité descend au 3*^ rang ; ce sont les incendies ruraux qui l'emportent, mais là, ce n'est plus la température, mais l'occasion qui excite le coupable, cette époque de la récolte étant la plus propice à la vengeance sur les propriétés ; mais, observe très bien Maurv, la chaleur n'est certainement pas non plus étrangère à cette tendance violente et passionnée, et c'est sans doute pour cela que les faux témoignages cèdent le pas aux subornations de mineui-s.
En septembre les passions brutales s'apaisent et les attentats sur les enfants sont au 15'» degré, et au 25° ceux sur les adultes : les vols, les abus de confiance tiennent au contraire la 4^ place.
La concussion, la corruption ont en septembre et en octobre la primauté, ce qui est dû aux louages et aux règlements de caisse qui ont lieu à ces époques.
Les nombreuses suppositions et disparitions de parts correspondent au plus grand nombre de naissances.
D'octobre à janvier, l'assassinat, le parricide, le vol sur la voie publique sont plus fréquents, grâce aux nuits prolongées et à la solitude des champs.
En novembre reprennent les affaii-es et il s'en suit un plus grand nombre de faux en écritm-e et de corruptions.
En janvier l'émission de fausse monnaie, les vols dans les églises prennent le dessus, grcàce sans doute à l'obscurité des jours.
En février réapparaît l'infanticide et la suppression d'enfants, qui sont en relation avec le plus grand nombre de conceptions.
Les crimes de débauche avaient atteint en octobre le 28®" rang et l' attentat sur les adultes le 29'' ; en novembre ils descendirent au 24° et 26®.
On ne saurait douter de l'influence de la chaleur sur les crimes passionnels ; je l'ai démontré d'une auti-e manière : en consultant les registres de cinq maisons de détention d'Italie (1) qui me furent communiqués, avec cette courtoisie qui lui est habituelle, par le comm. Cardon ; d'un autre côté par l'observation faite, durant cinq ans, par Yirgilio dans la maison de détention d'Averse. J'ai pu me convaincre que les punitions pour actes de violences dans ces maisons sont bien plus nombreuses dans les mois chauds. Voir :
Mai , . ,
Octobre .
Juin . .
Novembre
Juillet . .
Décembre
Août . . .
Janvier .
Soptembro .
Février . ,
On obtient les mêmes résultats dans les maisons de santé^ en tenant compte des accès aigus des ahénés. (Itahe) :
Le niaximuni en septembre
» en juin .
> on juillet
Le minimum en novembre
» en février
» en décembre
» en janvier .
7, — Chaleurs excessives. — La chaleur excessive au contraire surtout si elle est mêlée à l'hmnidité, exerce une moindre influence. Corre en effet {Facteurs généraux de la criminalité dans les pays créoles. — Arch. d'anth. crim.., 1889, lY, 20) oliserva pour les crimes des créoles à la Guadeloupe que quand
(1) Ancone, Alexandrie, Oneille, Gènes, Milan, les punitions enregistrées le furent pour graves indisciplines, altercations et violences contre les personnes.
PEEMIERE PARTIE 13
<ou atteint le maximum de la chaleur (5 juillet, 29°, 3) il y a le minimum de crimes, spécialement conti-e les personnes, pendant qu'en mars (avec seulement 17°) il y a le maximum ■des criminels.
Il s'agit donc ici d'une inversion semblable à celle que les trop grandes chaleurs exercent sur les révolutions: et cela parce que la chaleur humide, excessive, agit conmie déprimant: et le froid léger, au contraire, comme excitant.
Durant la fraîche saison on nota 53 crimes contre la propriété
( 48 » » les personnes
Dans la chaude saison on nota < 23 » » »
(51 » » la propriété.
Corre observe aussi que pour les crimes contre les personnes, le mois de juin fournit la proportion plus grande — et janvier la plus faible.
8. — Autres influences météoriques. — Les directeurs des prisons observent généralement que les détenus sont plus agités à rapproche des orages et du premier quart de la lune; ■quant à moi, je n'ai pas de données suffisantes pour le démontrer. Mais comme les aliénés, qui ont de nombreux points de ■contact avec les criminels, sont très sensibles aux influences thermomôtriques et ressentent vivement les variations barométriques et lunaires, il est très probable qu'il en soit de même pour les criminels (1).
Un fiiit cependant m'a prouvé que les influences organiques agissent en même temps que celles météoriques; c'est que durant plusieurs années, ayant noté, jour par jour, les enfrées des criminels dans les prisons judiciaires de Turin, j'ai vu constamment, les mêmes jours, y entrer un nombre remarquable, jusqu'à 10, 15, d'individus hernieux ou asymétriques, blonds ou bruns, souvent même provenant de pays différents ; et cela dans les jours d'une même semaine, dans laquelle, par ■conséquent, l'influence de la températiu'e était invariable.
(1) Voir Pensiero e fueteore do C. Lombroso. Milauo, Dumolard, 1878.
Les influences ôconoraiques et politiques de ces dernières années l'ont emporté et ont rejeté en seconde ligne les influences météoriques : ainsi en France l'action de la chaleur moyenne de Tannée sur les révoltes, si évidente dans le passé, diminue dans ces dernières années; c'est ainsi que quoique dans les mêmes circonstances climatiques l'Europe du nord (Russie, Danemark), qui n'avait jamais de soulèvements, en a eu ces derniers temps plusieures; mais malgré cela, les influences météoriques ne peuvent être mises en doute. ■
9. — Crimes et rébellions dans les jMf/s chauds. — Dans tout cela, l'influence prépondérante du facteur thermique apparaît évidente quoiqu'elle ne soit pas exclusive, et cela se voit encore mieux dans la reclierehe de la distribution géographique des crimes et des rébellions politiques.
Dans les zones méridionales en eff'et, de la France et de l'Italie, il se commet beaucoup plus de crimes conti-e les personnes qu(? dans les régions du nord et du centi'e ; nous reviendrons sur ce fait en parlant de la camorra et du brigandage. Guerry a démontré qu'en France les crimes contre les personnes sont au sud plus nombreiLX du double, 4,9, que dans le centre, et au nord 2,7, 2,8. Viceversa les crimes contre la propriété sont plus fréquents au nord, 4,9, en comparaison du sud et du centre, 2,3.
En Italie :
Crimes IFomicides qualifiés Vols
dénoncés simples etc. et vols (|ualiliés sur les grands chemins avec homic.
Proportions sur 100.000 liahitants.
Italie septentrionale 746 7,22 143,4
centrale
méridionale
insulaire
Dans l'Italie du nord, la Ligurie, par le seul fait de son climat plus doux, offre, comparativement aux autres régions^ un plus grand nombre de crimes contre les personnes.
Le maximum des crimes dénoncés on 1875-84 fut fourni par le Latiuni, puis par les régions insulaires; le minimum par le nord, avec une proportion qui va de 512 crimes sur 100,000 habitants en Piémont, de 689 en Lombardie à 1537 dans le Latiuni; 1293 en Sardaigne, 1287 dans les Calabres. Nous trouvons les plus fortes proportions d'homicides exclusivement au sud et dans les îles.
En Russie, l'infanticide et le vol dans les églises sont en majorité au sud-est, pondant que rhomicide et plus encore le parricide vont en augmentant du nord-est au sud-ovest (Anutschin).
Holtxendorff calcule « que lo nombre des assassinats dans les Etats méridionaux du Xord- Amérique sont 15 fois supérieurs à ceux des septentrionaux ; ainsi dans le nord de l'Angleterre on a 1 homicide sur 66,000 habitants; dans le sud 1 sur 4 à 6,000 habitants. Dans le Texas, suivant Redfield, on en eut 7,000 sur 818,000 habitants on 15 ans. Entin dans, les écoles, on trouva des enfants munis d'armes insidieuses » (1).
En observant la répartition des homicides simples et qualifiés en Europe (2), nous en trouvons le plus fort contingent en ItaUe et dans les autres pays méridionaux d'Europe, et les chiffres plus bas dans les régions situées plus au nord, comme l'Angleterre, le Danemark et TAllemagne. On peut en dire autant des révoltes politiques dans toute FEurope (voir les planches de mon Crime politique^ 1889). Nous voyons effectivement que le nombre de ces crimes va en augmentant à mesure que nous allons du nord vers le sud, c'est précisément la même allure ascensionnelle du nord au sud que présente la chaleur ; nous voyons la Grèce donner 95 révolutions sur mie population de 10 millions d'habitants, c'est-à-dire le maximum ; la Russie 0,8, soit le minimum ; nous observons que les plus faibles proportions sont dans les régions du nord : Angleterre et Ecosse, Allemagne, Pologne, Suède,.
(1) Assassinat et peine de mort. Berlin, 1875.
(2) Yoir Planche I. n. 1.
Norvège et Danemark, et les plus grandes dans les régions méridionales : Portugal, Espagne, Turquie d'Europe, Italie méridionale et centrale, et une proportion moyenne justement ■dans les régions centrales.
Nous trouvons en résumé dans :
L'Europe du nord 12 révoltes env. sur 10 millions d'hab. » centrale 25 ;> » »
» môrid. 56 » » »
Considérant en suite séparément l'Italie, nous voyons que 27 révolutions eurent lieu sur 10 millions d'habitants dans la région septentrionale; 32 dans l'Italie centrale et 33 dans ritali(^ méridionale (dont 17 dans les îles, Sardaigne, Corse, Sicile).
Nous trouvons une nouvelle preuve de ces faits, quant aux homicides et aux rébellions, dans la Statistique décennale de la criminalité en Italie publiée par le comm. Bodio et dans la Statistique criminelle de l'année 1884 pour l'Espagne publiée par le ministre espagnol de grâce et de justice (Madrid, 1885).
En divisant par chaque degré de latitude le nombre de ces crimes et en le proportionnant à la population, nous trouvons :
Planche II.
GEOGRAPHIE DU CRIME
GRASSAZIONl ecc. con OMICIDÎO (pcr 1 milione d' abit.)
sollo 2, 0 1 I
FURTI QUALIFICATI (per 100,000 abit)
sottolOOQ