Chapitre Y. Religion
Il est temps, désormais, de se débarrasser de cette tendance atavique qui a survécu inobservée même chez l'observateur le plus positiviste et qui nous fait regarder la religion comme une panacée universelle du crime.
Kappelous-nous combien nous avons été longs à nous affranchir du joug religieux, d'oii émanaient et sur lequel se fondaient, non seulement la morale, mais toutes les tentatives d'art et de science, si bien qn' on ne pouvait être peintre, sculpteur, poète, architecte ou médecin sans être prêtre (Spencer). Mais à la fin, l'art et la science, ces nobles plantes grandies modestement à l'ombre du temple, s'affranchirent complètement de son influence; et au prêtre, qui jusque-là avait dominé toutes les connaissances, il ne resta même plus le monopole de la morale et de la charité; car beaucoup professent une charité et une morale libres de toute religion; et de toutes parts désormais, surgissent des sociétés de pure éthique, libres de tous rites.
Nous ne pouvons, donc, trouver dans la religion — comme elle est du moins comprise dans les pays latins — un remède contre le crime.
« C'est que, disons-le avec Sergi (1), la inorale vraie est instinctive; le sens moral est comme le sentiment de pitié:
(1) Tribima giudixiaria, 1896.