‹ Le crime, causes et remèdesChapitre 49 sur 190 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

religieuse, politique, etc., est nuisible au lieu d' être avantageuse.

Spencer aussi avait dit de la richesse, que suivant la bonté ou la perversité du caractère d'un peuple, elle conduisait au vice ou à la vertu ; et cela doit s' entendre de la richesse excessive, qui est comme l'excessive puissance, comme l'excessive instruction, un instrument natiu'el de despotisme, d'abus sexuels, alcooliques, etc., et par suite de crimes.

La richesse, en somme, est à son tour, tantôt un frein et tantôt un aiguillon du crime, comme du reste nous l'avons vu pour l'instruction, pour la densité, et pour la civilisation^ etc., et comme nous le verrons pour la religion.

C'est là le critérium qu'il est plus nécessaire d'avoii* en vue dans l'étiologie du crime ; car la même source, suivant les phases et les caractères, tantôt nous corrompt et tantôt nous préserve; et nous verrons alors disparaître les contradictions qui sont toujours des faits, au même titre que les faits positifs, et même nous les verrons contribuer à l'explication complète.

De même dans l'Amérique du Nord, les États qui sont le plus frappés par la criminalité donnent tantôt le minimum et tantôt le maximum de la richesse, calculée directement sur les données obtenues individuellement par le recensement (1).

Nous y voyons les pavs les plus riches, Rhode Island (913 fr. par individu) donner une faible proportion de crimes, 8,11; et le Massachusset, avec une richesse presque égale (888), en offrir le double, 0,20, à peu près le même chiffre que la Colombie, 0,21, qui a une richesse moyenne (559), comme Wyoming qui en présente le double, 0,35. Quelques pays pauvres, comme Dakota (150 fi\ par individu), Alabama (97), New Mexique (95), donnent les chiffres les plus bas de criminaUté, de 0,04 à 0,03 ; mais nous voyons aussitôt surgir la contradiction, car nous trouvons Delaware avec 0,05 et un chiffre moyen de richesse (408).

(1) Scribner's, Statistical Atlas of the United States, 1880.

Nous avons vu dans les pages précédentes comment eu France et en Italie, augmente en général la criminalité, à mesure que progressent les industries sauf à changer de caractère : nous avons vu Artene fournir le maximum de la criminalité en Italie, et cependant, observe Sighele, personne n'y est véritablement pauvre, tous sont de petits propriétaires, etc.

Cela n' exclue pas que lorsque la barbarie est exagérée, comme en Corse, les crimes contre les personnes augmentent de même qu'augmentent les vols simples, dans les années et dans le pays où la pauvreté est extrême.

Explication. — La cause de tout cela n'est que trop claire ; d'un côté la pauvreté et le manque du strict nécessaire poussent à dérober les choses indispensables à la satisfaction des propres besoins (1).

Yoilà le premier lieu entre la misère et l'attentat à la propriété.

D' un autre côté : la misère rend 1' homme impulsif par l'irritation corticale qui suit à l'abus du viîi et de l'alcool, ce terrible toxique auquel recourent tant de prolétaires pour assoupir les angoisses de la faim ; et surtout grâce à la dégénérescence que le scorbut, la scrofule, l'anémie, l'alcoolisme des parents engendre dans les descendants et qui se transforme souvent en épilepsie et en folie morale; la misère pousse elle aussi à commettre ces brutales éliminations d'individus qui sont à charge aux familles et rappellent les parricides et les infanticides des sauvages pour des causes analogues.

La misère est indirectement cause de crimes contre les mœurs, par la difficulté qu'ont les pauvres à se satisfaire par la prostitution, par les promiscuités précoces dans les fabriques et dans les mines; par la fréquence de V infantilisme ou du féminisme chez les garçons (Y. Homme Criminel, Yol. I).

(1) Mayr, D/'e Oexetzmassigkeït in OeseUschaftleben Mûnchen, 1877. - FoiiNASAra, œuvr. cit.

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