ET MALADES
Ckimes ou délits
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Années
(le prison
)s Juko, mais n'ayant pas une origine commune avec ceux-ci.
On voit déjà clans ces tableaux la singulière connexion qui existe entre la prostitution, le délit et la maladie ; car, pour les mêmes causes héréditaires on trouve :
!'■« branche Max
76 délinquants 181 prostituées 131 impotents
et 142 vagabonds, 18 tenanciers de idiots ou syphilitiques
mendiants, 64 pauvres maisons publiques 46 stériles
91 illégitimes
Nous voyons les délinquants à peine représentés dans la deuxième génération, se multiplier avec une progression extraordinaire et s'élever à 29 à la quatrième, à 60 à la cinquième (1); précisément comme les prostituées, qui, de 14 montent à 35^ et à 80; et les vagabonds, qui, de 11 augmentent à 56 et 74; et ils ne diminuent à la sixième et septième génération que parce que la nature, que l'on dirait prévoyante dans le crime comme dans les monstruosités, y met un terme par la stérilité des mères, qui de 9 qu'elle était à la troisième génération, augmente à 22 à la cinquième, et aussi par les morts précoces des enfants, qui s'élèvent jusqu'à 300 dans les dernières années.
Les membres de cette famille passèrent tous ensemble 116 années en prisons ; et 734 individus d'entre eux furent entretenus aux frais de l' État. — A la cinquième génération, toutes les femmes étaient prostituées et tous les hommes criminels. A la sixième, le plus âgé des descendants n'avait que
(1) Le nombre des crimes ou délits fut de 106 :
Mauvaise conduite 51 maximum dans la 5« génération 38
Vols. . . 26 » * 10
Faux et escroquerie 3 » ■» — Yols sur les grands
chemins et homicid. 18 » » 8
Yiols . . 8 » * 5
Hommes 58 — Femmes 19.
PREMIERE PxVRTIE 193
7 ans, et cependant 6 individus avaient été recueillis cà l'asile des indigents.
En 85 ans leur manutention coûta à l'État 5 millions de francs.
On a remarqué que dans toutes ou presque toutes les branches do cette famille, la tendance au crime, contrairement à la tendance au paupérisme était plus intense chez le fils aine, suivant ensuite toujours la branche mâle de préférence à la branche féminine ; elle était accompagnée par des excès de vitalité, de fécondité et de vigueur, et se développait bien plus dans les lignes illégitimes que dans les légitimes, fait qui se répète aussi dans tous les autres cas d'immoralité. Ainsi, en confrontant les 38 illégitimes de la cinquième génération et des filles aînées des 5 soeurs, avec les 85 légitimes nous trouvons dans les :
38 illéeitimes 85 léffitimes
4 ivrognes 11 mendiants, 16 condamnés 5 condamnés 13 mendiants,
idiots ou dont 6 pour ou prostituées
prostituées crimes graves
Le chiffre de la prostitution qui est indiqué ici ne représente qu'une petite portion de la réalité, ainsi que nous prouve le nombre énorme d' illégitimes, 21 ^/q des mâles et 13 7o des femmes, de syphilitiques et sm-tout de femmes débauchées, qui de 60 7o qu-'elles étaient à la première génération et de 37 % à la deuxième, montèrent à 69 à la troisième, à 48 à la cinquième, à 38 ^/q à la sixième, en totalité à 52,40 °/q, et cela dans la génération directe, tandis qu'elles étaient de 42 °/q dans les branches collatérales.
Les données sur la fécondité exagérée et sur la prostitution tendraient à démontrer que les excès sexuels sont une des causes les plus graves du paupérisme, qui, à son tour, paraît être de caractère héréditaire, surtout chez la femme, et recrute de préférence les plus jeunes. Le paupérisme se lie ensuite au
LOMBROSO — ni. 13
délit et à la maladie, grâce au grand nombre d' individus, qui sont à la fois atteints de syphilis, ou de déformations des membres et de tendances au délit et au vagabondage.
On observe, d'un autre côté, que dans les familles où les frères se livrent au délit, les sœurs se livrent à la prostitution et ne sont incriminées que pour des délits contre la pudeur. C'est une nouvelle preuve, dit Dugdale (p. 152), que cette carrière est dans le sexe féminin l'équivalent de la criminalité dans l'autre sexe — ayant toutes les deux une origine commune.
On voit là, surgir la prostitution d' origine héréditaire, sans qu'on puisse l'expliquer par la misère ou par d'autres causes ; et elle ne s'y arrête que lorsque survient un mariage précoce.
Les bâtards dans cette famille se sont élevés à 21'^/q des mâles et 13 °/q des femmes ; ce chiffre indique une prédominance très curieuse du sexe masculin, tandis que c'est le contraire qui a lieu pour les légitimes. En examinant les premiers nés de ces races on voit que chez les légitimes prédominent les filles et chez les bâtards les mâles.
Le chiffre du paupérisme nous montre le lien du crime et de la prostitution avec les maladies du système nerveux et avec les monstruosités ; nous en trouvons l'explication dans le tableau ci-après (1), qui nous montre la phthisie, l'épilepsie s'alternant avec la cécité, l'aliénation mentale et la syphilis.
(1) Tableau des maladies pour lesquelles les Juke furent recueillis, dans les hospices.
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Juke . . .
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Id. collatéraux
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Total . .