‹ Le crime, causes et remèdesChapitre 88 sur 190 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

gleterre : et par l'obligation faite au Cipays de se servir de cartouches enduites de graisse de porc.

En Afrique la révolution réactionnaire fut l'œuvre de l'ordre des Senusses, espèces de jésuites Musulmans dont le but principal est de faire revivre la pureté des mœurs antiques et d'établir, ensuite, sous une forme nouvelle, l'autorité canonique.

De nos jours: nous voyons les sectes religieuses en Kussie, qui atteignent, suivant des calculs tout récents (1), l'énorme chiffre de 13 millions de croyants, conclure à la négation absolue de l'Etat, de la société et de la famille — un véritable retour adamitique.

Influences économiques. — L'influence des causes économiques fut démontrée par Loria (2) avec des preuves incontestables dans beaucoup des plus grands mouvements révolutionnaires de ces derniers siècles.

Les luttes de classes en Angleterre éclatèrent lorsque la noblesse commença à voter des lois qui favorisaient la propriété foncière en lésant les industries; ce fut alors que la bourgeoisie se serra autour d'Elisabeth et triompha avec elle sur les nobles groupés autour de Marie Stuard; ensuite avec Cromwell et Guillaume d'Orange.

Il en fut de même en Allemagne au xvi siècle, alors que la noblesse, représentée par les princes électeurs, disposant exclusivement du pouvoir politique, décréta des lois hostiles au capital et au commerce, en imposant des droits sur les importations et sur les exportations.

En Italie, les disputes des Guelfes et des Gibelins masquaient la lutte entre la propriété mobiliaire et la propriété foncière, représentée la première par les industriels et la seconde par les feudataires (3).

(1) La Russie sectaire {Sectes religieuses) par N. Tsakni, Paris, 1886.

(2) La teoria economica délia costituxione politica, 1885.

(3) L'hypothèse est sans doute trop hardie, mais elle ne manque pas •de preuves ; ainsi Bonaccorsi, podestat de Eeggio, s'étant montré favo-

En France ce fut la bourgeoisie qui s'étant vue pendant longtemps impuissante contre la Couronne et la noblesse, et^ qui plus est, exclue de l'Assemblée Nationale, excita le peupleà la révolte, et mit en déroute la Cour et l'aristocratie.

Le nihilisme actuel, lui-même, suivant Koscher, dériverait du conflit entre la propriété mobiliaire et la propriété foncière, et surtout de la faveur accordée par les classes commerciales et les petits propriétaires au rachat des colons, au détriment do la noblesse, qui réagit en s'alliant avec tous les déshérités et tous les ennemis de la bourgeoisie (Loeia).

Tschen observe que la prospérité de la Chine est liée et dérive de la diffusion des canaux d' eau qui la fertiHse ; et tout empereur qui négligea les canaux tomba et fut remplacé {Revue scient.^ 1889).

Impôts et altérations des monnaies. — Très souvent cesont les gouvernements eux-mêmes qui par la méconnaissance des lois économiques, en aggravant le malaise déjà existant, provoquent les révoltes ; comme en France, où une des causes de la révolution de 1360 ce fut que sous les Yalois on changea 26 fois dans un an la valeur de l'or; en Sicile, suivant Amari, le mécontentement occasionné par les abus du gouvernement en altérant la valeur de la monnaie, ne fut pas étranger aux Yêpres Siciliennes (Loeia).

En 1382, à Paris, l'impôt sur les légumes provoqua Témeute des Maillottins. En 1640 Mazarin double à Paris les droits sur les comestibles: et le peuple fait les barricades du 26 août. La Cour intimidée transige avec le peuple qui obtient une diminution de plus de 12 millions d'impôts.

En 1639, le peuple s'insurge à Kouen au cri de « Mort aux gahelews ! » : mais l'émeute s'éteint dans le sang des insurgés eux-mêmes. La haine populaire contre les agents de l'impôt se maintient cependant manifeste et active. Mais le gouvcr-

rable aux pauvres, fat après 8 mois licencié par les Gibelins {Mevioriale Potestatum Regiensiwm, YIII, 1126).

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