H.N., XXVIII, IV
Cependant, l'effet de la devotio orale, bien que plus énergique que celui des simples imprécations et des paroles de mauvais augure, est restreint. « Une amulette, une formule déprécatoire, un geste prophylactique du mauvais œil, suffisent à en neutraliser la puissance!. » Pour conjurer les mala verba, on offrait, chaque année, à Rome, lors de la fête des Feralia, un sacrifice à la déesse du silence, Tacita ou Muta, mère des Lares?. — La sorcière qui présidait à cette cérémonie magique, disait en se retirant : « Hostiles linguas, inimicaque vinximus ora» : Nous avons enchaîné les langues ennemies et les bouches perfides.
Mais la devotio la plus efficace était la devotio écrite, car, ainsi que le dit Huvelin «elle emprunte à la lettre sa permanence et son mystères. » [Il convient de citer :
$ 3. — Les Defixionum Tabellae.
Les Defixionum tabellae, comme leur nom l'indique, étaient, le plus souvent, des sortes de tablettes, ou lames rectangulaires de plomb « matière sombre, d’une pâleur funèbre, et surtout matière tendre et facile à travailler4, »
On y gravait avec grand soin le nom de la personne ou des personnes à dévouerÿ, et, parfois même, pour plus de précision, on traçait, plus ou moins grossièrement, l’image des victimesf. Noms et portraits étaient enveloppés de formules magiques, ÆEphesia grammata’, ou lettres éphésiennes parce que les premières connues avaient été inscrites sur le piédestal de la statue d’Artémis à Ephèse. Elles consistent en un ensemble de lettres formant