‹ Le cristal violet dans le traitement de l’oxyuroseChapitre 17 sur 20 · TAG · texte numérisé non relu

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une prise quotidienne de 4 gr. 20, soit 42 gr. pendant dix jours. ie

La dose maxima mortelle a été chez le lapin de 10 cgr. par jour pendant trois jours, soit chez l’homme une dose quotidienne de 7 gr. et 21 gr. au total.

On peut ainsi conclure que le cristal violet n’est pas toxique, surtout aux doses thérapeutiques, qui restent très éloignées des doses utilisées en expérimentation.

L’élimination du colorant semble se faire uniquement par les fèces, qui prennent une coloration violette foncée. Les urines ne sont pas colorées.

Cependant, comme il n’y a pas encore de réactions qui permettent de rechercher et de doser le cristal violet, ce chapitre reste encore très imprécis. |

POSOLOGIE

Du point de vue thérapeutique, il faut distinguer deux cas bien différents :

— L’oxyurose chronique permanente ;

— L'oxyurose intermittente, où le sujet parasité ne se plaint le plus souvent de prurit anal qu’à une période déterminée et revenant à intervalles réguliers, ces accès de démangeaison coïncidant avec l'émission de quelques vers dans les selles.

Dans le premier cas, le traitement consiste, chez l'adulte, en l'absorption par voie buccale, chaque jour et pendant huit jours, de 8 capsules glutinisées de cristal violet réparties en quatre prises de 2 capsules dans la journée. Chaque capsule contient 3 cgr. de

cristal violet, soit 24 cgr. par jour. Le traitement

complet comporte quatre cures de huit jours séparées par une semaine d'intervalle entre chacune d’entre elles.

Il faut donc prescrire pour le traitement complet de quatre cures : 30 mgr. de cristal violet pour une capsule glutinisée n° 192.

ASE

Le malade prend ainsi par cure 1 gr. 92 de cristal violet et 7 gr. 68 pour tout le traitement, qui dure deux mois environ.

Chez l'enfant, il faut donner 1 cgr. par jour et par année d’âge apparent et non pas réel, réparti en quatre doses avant les quatre repas, en suivant le . même rythme que chez l’adulte.

Ainsi, pour un enfant de 9 ans ayant un Sois correspondant à son âge, on prescrira : 10 mgr. de cristal violet pour une capsule n° 288.

L'enfant prendra 9 capsules par jour pendant huit jours, soit 2 le matin, 3 à midi, 2 à 4 heures et 2 le soir. Il fera aussi quatre cures séparées par une semaine de repos et aura ainsi absorbé 0 gr. 72 par cure et 2 gr. 88 au total.

Un des points délicats de la technique est la glutinisation des capsules, qui doit être telle qu’elle permette à ces capsules de passer dans l’éstomac sans se modifier et de n'être digérées que dans l'intestin. En effet, une glutinisation trop poussée aurait comme conséquence l’ouverture des capsules à. un niveau plus ou moins bas de l’intestin ou même à l’extrême, leur élimination dans les fèces. Au contraire, des capsules insuffisamment glutinisées pourront s’ouvrir dans l’estomac et provoquer des phénomènes d’intolérance plus ou moins marqués, tels que nausées, vomissements, céphalées, malaise général... d’ailleurs sans gravité. Il faut donc atteindre un degré de glutinisation tel que l’ouverture de la capsule et la dissémination du cristal violet se fassent le plus près

NEA de possible du pylore, car les oxyures se trouvent tout au long de la cavité intestinale. |

Un cas personnel semble bien être en faveur de cette assertion : un malade qui présentait une oxyurose permanente importante depuis 7 mois et qui avaït essayé tous les médicaments utilisés jusqu’alors sans succès, fait faire les capsules glutinisées que nous lui avions prescrites chez son pharmacien. Il remarque le troisième jour de sa première cure de petits malaises avec nausées et vertiges qui, légers et passagers, ne l’inquiètent pas et ne lui font pas interrompre son traitement. Le prurit anal disparaît complètement à la fin de cette première cure, pendant laquelle il note des émissions abondantes de vers. Nous lui avons alors fait prendre pour la deuxième cure des capsules que nous avions déjà expérimentées ; aucune manifestation d’intolérance n’est notée. Le malade ne se plaint actueilement (il fait sa 3 cure) d'aucun trouble subjectif. On ne trouve aucun oxyure ni à l'examen rectoscopique, ni à l’examen coprologique. On est en droit de penser que les capsules se sont ouvertes dans l'estomac, ont provoqué de petits troubles sans gravité et après le passage pylorique ont porté leur action sur toute la hauteur de lintestin.

Peut-on parler de contre-indications ? Wright déconseille le traitement dans tous les cas d’affection rénale ou hépatique, dans l’intoxication éthylique, dans les maladies du tube digestif. Notre maître

Rachet, avec Busson, ont traité des entéritiques et

— 50 —, des petits hépatiques sans aucun inconvénient. En outre, comme le produit n’est pas absorbé mais agit localement, et que de plus il n’est pas toxique, :l semble qu’il n’y ait aucune contre-indication vraie.

On peut, d’après les auteurs américains, noter quelques incidents : ce sont des nausées, des vomissements, des vertiges, des coliques, de la diarrhée. Ils semblent très rares, nous n’en avons constaté aucun chez les malades que nous avons traités à la consultation de Boucicaut, alors même qu’il s’agissait d’entéritiques ou de petits hépatiques. Il suffit alors de diminuer les doses quotidiennes. Il semble exceptionnel, pour les Américains, qu’on soit amené à interrompre le traitement.

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