LES CONFÉRENCES A NOTRE-DAME
férents. Aussi, pendant que son âme cherche à retourner dans le sein de la divinité qui l’a enfantée, son corps se penche continuellement vers la terre d’où il est sorti. C’est ainsi qu’il poursuit ses destinées, toujours ballotté entre les sublimes aspirations de la plus noble partie de son être et les intérêts matériels de son autre misérable moitié.
C’est une belle pensée que de consacrer certains jours de l’année au culte des choses de l’âme, à la méditation des vérités éternelles. C’est un spectacle admirable que celui de cette foule immense se pressant pieusement au pied des autels pour écouter les grands enseignements de la religion. Là, point de bruit, aucune de ces clameurs qui s’élèvent du sein des assemblées profanes ; la parole de Dieu retentit dans toute sa force sous les voûtes du temple ; les larmes de la pénitence coulant sur les parvis sacrés, les fronts courbés en signe d’humilité et de contrition, attestent sa puissance. L’ignorant comme le savant, le riche comme le pauvre, s’in-
clinent devant cette parole ; quelque chose leur dit que cette voix qui retentit si fortement tombe de plus haut que de la chaire du prédicateur, qu’elle descend des hauteurs où habite la divinité.
Rien ne grandit et ne relève l’humanité comme ces réunions où l’égoïsme, 1! ambition et toutes les vanités humaines, placées en face de l’éternité, disparaissent sous l’impression des nobles sentiments, des grandes pensées qui jaillissent de toutes les âmes ; rien ne nous paraît grand comme ces flots de têtes humaines s’agitant sous le souffle de la parole divine.
Tous les ans nous ramènent, à la même époque, ces touchants exercices qui rappellent les fameuses conférences de Notre-Dame de Paris.
C’est l’illustre Société de Jésus qui, dans ces jours solennels, est chargée de la prédication. Composée d’hommes qui ont grandi et vieilli dans l’étude du cœur humain et au milieu des œuvres du dévouement et du sacrifice, établie sur tous les points du