A. LA LIBRAIRIE HENRI LECLERC
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THE GETTY CENTEX LIBRARY
La Commission des Coui's professionnels de notre Syndicat , dans une réunion où assistaient nos collègues : Lortic , professeur de dessin , Mercier , président, Mari us Michel , L anale, directeur des Cours , a décidé d’apporter des modifications asse % importantes à notre Cours de Dessin.
Le travail , que j’ai l’honneur de présenter , es/ le résultat de l'étude approfondie des besoins de notre industrie , à laquelle s’est livrée la Commission qui a bien voulu m’en confier la rédaction.
Le Rapporteur,
Paul CRUEL.
https://archive.org/details/lecroquiscalqueaOOgrue
l’Étude des différents Styles de Reliure
Le but que poursuit le Syndicat patronal de la Reliure et de la Brochure, en publiant ce petit travail, à l’usage de ses cours de dessin de dorure sur cuir, est de mettre entre les mains des jeunes gens, qui les suivent assidûment, un complément d’instruction de métier. Gela leur permettra, non pas de devenir des artistes dans le sens propre du mot, mais des ouvriers capables de pratiquer avec goût l’art de la dorure sur cuir, quel que soit l’outillage dont ils pourront disposer.
Si un élève possède un talent de dessinateur, il pourra plus tard l’utiliser et se lancer dans ce que l’on appelle la Reliure d’Art. Mais il faudra toujours qu’il sache comment il doit s’y prendre pour mettre en valeur l’outillage qu’il aura entre les mains, de façon à ne commettre aucune faute contre le bon goût, les principes du dessin et les différents styles employés en reliure.
A mon avis, le plus pressé est de nous occuper du plus grand nombre, c’est-à-dire de ceux qui, n’ayant que peu de dextérité dans le maniement du crayon, ne peuvent prétendre créer des compositions décoratives. Il faut leur enseigner la manière d’adapter, de combiner et de disposer les fers qu’ils ont sous la main, de façon à exécuter, même avec un outillage restreint, des décorations exemptes d’anachronismes et dont les détails s’harmoniseront avec la structure du dessin.
Lorsqu’il sera bien pénétré des principes nécessaires à son éducation artistique, l’élève sera libre d’utiliser son talent de dessinateur, s’il en a, et de se laisser aller à la composition de style moderne. Mais il ne pourra y réussir qu’autant qu’il sera familiarisé avec l’étude des Maîtres anciens, qui sont la gloire de la Reliure française.
Ne devant pas faire ici l’histoire de tous les styles employés en reliure, je ne m’occuperai que des trois principaux, c’est-à-dire de ceux dont on trouve le plus fréquemment l’outillage dans les maisons de reliure.
Cet outillage comprend les filets et les fers appelés communément : fers xvie, xvne et xvme siècles.
En résumé, ce que nous voulons enseigner à nos élèves, c’est l’art d’adapter, de combiner et de disposer leurs fers.
Le meilleur moyen pour y arriver est d’utiliser ce que j’appellerai, comme les typographes l’ont fait, le croquis-calque (1).
Nous joignons à notre travail trois planches reproduisant les fers que possèdent actuellement nos Cours de Dorure sur cuir.
(i) Voir : Conférence sur le Croquis-Calque typographique , par F. Thibaudeau.
Lorsque l’élève, guidé per le professeur do dessin, aura établi la carcasse de sa composition, formée de filets, d’entrelacs, de lignes droites ou courbes, il prendra un papier à décalquer et choisira, dans la planche correspondant au style qu’il aura adopté pour son dessin, les fers qu’il pensera pouvoir y adapter. Il les reportera sur ce dessin, aux endroits qui lui paraîtront le mieux placés pour cela, et il pourra, selon la façon dont il combinera ses fers, exécuter, avec une seule et même carcasse, des compositions qui pourront varier absolument d’aspect.
Chaque planche de fers a, en regard, une reliure de style, dans la formation de laquelle n’entrent que les fers composant notre outillage. L’élève n’aura qu’à s’en inspirer.
Style xvie Siècle (pi. a).
Le style xvie siècle par le fleuron Aide.
Aide, célèbres Im Vénitiens (1500été employé, ainsi
est absolument caractérisé Composé par les primeurs - Relieurs 1597), ce fleuron a que tous les fers
qui en découlent, pendant près de trois quarts de siècle, c’est-à-dire depuis François Ier jusqu’à Henri III (1515-1574).
Ils étaient disposés dans des compartiments de filets, soit comme remplissages, soit comme fers d’angle; ils servaient encore, en les reliant par des filets courbes ou droits, à former des motifs de milieu en forme de cartouches.
L’emploi de fleurons, répétés à côté l’un de l’autre, a produit des bordures d’un très gracieux effet.
Il y a une autre sorte de fers aldins que l’on nomme fers azurés, et qui ont été employés pendant la deuxième période, à l’époque de Henri II (1547). Ils ont absolument la même forme, mais au lieu d’être gravés plein or, tout l’intérieur du fer est rempli d’un fond azuré. Le xvie siècle a également vu l’apparition des fers évidés et des semis composés de chiffres ou de fleurettes.
Ces semis remplissaient tout le plat de la reliure, ou une partie seulement concurremment avec des fers aldins.
(Principaux relieurs du XVIe siècle : Les Aide et les Relieurs Lyonnais , sous la direction de Grolier, les Eve.)
Style xviie Siècle (pi. B).
Le premier quart du xvne siècle a vu se continuer les décorations composées de semis. Sous Henri IV (1589-1610), ces semis furent accompagnés de feuillages. Puis les semis disparurent parfois pour faire place à des compartiments dans lesquels les feuillages furent placés.
C’est à la fin du règne de Louis XIII (1610-1643) qu’apparaissent les fers, appelés communément fers xviie siècle, et qui ont été en honneur pendant tout le règne de Louis XIV (1643-1715).
C’est de ces fers dont je m’occuperai ici, et j’en donnerai, comme f principal type, le
fleuron ci-contre.
L’aspect des re Hures exécutées
avec ces fers, est absolument différent de celui des ’ décorations précé-
dentes. Les fers pleins font place à des fers extrêmement légers, permettant de composer, comme
bordures, coins ou motifs de milieu, de véritables dentelles. Ils sont formés d’une grande variété de fleurons, de petits culots desquels partent des rinceaux très fins, accompagnés de points, pleins ou creux, destinés à remplir les moindres vides et à donner l’impression d’une très grande richesse de dorure, exempte de lourdeur.
Les volutes sont ajoutées les unes aux autres, en allant de la plus grande à la plus petite ; les fleurons servent de base ou de sommet, selon leur dimension ; les petits points, creux ou pleins, garnissent le reste. C’est aussi pendant cette période que sont apparus les fers pointillés.
(Principaux Relieurs du XVIIe siècle : Du Seuil, Boy et. Le Gascon ? les Ruette.)
Style xvme Siècle (pi. c).
Les fers xvme siècle ont été en usage pendant les règnes de Louis XV (1715-1774) et de Louis XVI (1774-1793). La généralité des décorations, employées à cette époque, se compose de bordures très découpées, formées d’assez larges volutes de feuillages, reliées entre elles par des fleurons dont le dessin est emprunté à la Flore. Les plus typiques représentent soit ^ une grenade, soit un œillet ; les an gles du décor sont
souvent occupés par * une coquille de la-
fers, en introduisant, dans la composition, de petites guirlandes de roses.
Je ne parlerai pas ici des autres genres de décoration de cette époque. Ils étaient plus rarement employés, ne revêtant que des ouvrages précieux,
quelle partent les Louis XVI on em
rinceaux. Sous ployait les mêmes
sur lesquels Padeloup a pu exécuter ses plus belles mosaïques.
(Principaux Relieurs du XVIIIe siècle : Les Padeloup, les Derome , les Dubuisson, Le Monnier, les Bradel.)
Ce très succinct historique des styles de Reliure laisse de côté bien des choses intéressantes. Mais je renvoie, pour cela, le lecteur aux Publications très bien faites, qu’il trouvera dans notre Bibliothèque (1). Nos Cours disposent de trop peu de temps pour nous livrer à une dissertation plus étendue.