SCÈNE XXI
Les mêmes , GERTRUDE , apportant ufi mets.
GERTRiTDE , servant son plat.
Tenez , Messieurs , goûtez ça , et dites-uioi si je n'ai pas bien autant de talent que mon mari...
TOUS
Votre mari !...
GERTRUDE
Oui , Messieurs j par le plus grand hasard du monde, Je cuisinier se trouve être le mari de la cuisinière.
BEXON.
Raison de plus, mon cher Pot-de-Vin , pour lui faire grâce.
TOUS
Oui ! oui ! . . . grâce i
POT-DE-VIN
Eh î mon Dieu ! quand Je lui ferais grâce , il n'en partirait pas moins d'ici , puisqu'il ne peut rester nulle part avec sa femme.
GERTRUDE
Non! c'est moi qui lui cède la place... (^Elle va pour sortir. )
GUÉNOT court après sa femme , et la ramène d'un air attendri et très-amoureux .
Air : Grenadier que tu m'affliges.
Cuisinier' , que tu m'affliges, £n me faisant tes adieux....
GERTRUDE , même jeu d'attendrissement.
Cuisinier, quand tu m'ne'gliges, Je dois fuir loin de tes yeux.
GUÉNOT voit sa femme qui s'éloigne en pleurant ; il pleure aussi, et 7>a pour sortir du. côté opposé } mais Pot-de- Vin le retient, et, par son jeu muet, lui conseille de courir après sa femme ; Guénot se décide après plusieurs hésitations : enfin il la ramène , ils sont tous deux fortement émus et attendris , et Guénot continue le couplet (i).
Reste... que la mèm' cuisine Nous réunisse en ce jour,
Et que l'Amour Rallume sa flamme divine ,
A celle de nos Fourneaux.
TOUS
Oui , que la même cuisine Vous réunisse en ce jour ,
Et que l'Amour Rallume sa flamme divine
A celle de vos Fourneaux.
PERRETTE
Ah ! ça , dites donc , ma tante, et nous?...
JULIEN
Ah ! oui î nous qui brûlons aussi ?,.. GERTRUDE.
Vous brûlez aussi?... Eh bien , mariez-vous , et que ça finisse !
(i) Cette pantomime, très-bien jouée par M. Polier et Madame St.- Aniaod» ne doit se prolonger qu'autant qu'elle fait plaisir aux specr tatcurs.