BRONZES
cuivre avec de Tétain et du plomb. La plupart des bronzes grecs trouvés dans les fouilles d'Athènes ont pour composition :
Cuivre 62
Etain 32
Plomb 6
Les bronzes romains contenaient beaucoup moins d'étain ; les statuettes trouvées en divers points de l'ancienne France, où avaient séjourné les légions, renferment même un peu de zinc; il est probable que la présence du zinc est due à la fusion de minerais de cuivre, contenant de la blende. La composition moyenne des bronzes romains est la suivante :
Cuivre 84
Etain 10
Plomb 6
Bronzes d'art. — Les alliages cuivre, étain, zinc, sont ceux qui se prêtent le mieux à la fabrication des statues et des bronzes d'art. Ils possèdent toutes les qualités requises à cet effet : une belle couleur jaune rouge, un grain propre au travail des outils, une fusibilité assez grande pour pénétrer dans toutes les cavités des moules et reproduire tous les détails du modèle, enfin une texture se prêtant facilement à recevoir la patine.
Les divers fabricants de bronze obtiennent des alliages
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répondant à ces qualités, en alliant les métaux dans des proportions variant entre les limites suivantes :
Cuivre 60 à 85
Etain 3à5
Zinc 10 à 35
Plomb 0,1 à 3
De petites quantités de plomb améliorent et adoucis sent les bronzes.
Tableau donnant la composition des bronzes de quelques statues célèbres.
BroDze
Bronze
Bronze
Bronze
de la statue
de la colonne
delà statue
de la statue
de»
[enriIV1817
de Juillet 1832
de J.-J. Rousseau
de Molière
à Paris
â Paris
à Genève
à Paris
Cuivre .
Etain .
Zinc .
Plomb .
Fer et métaux
divers
Bronzes des monnaies, — Les monnaies de cuivre fabriquées en France depuis le commencement du second Empire ont la composition suivante :
Cuivre 95
Etain 4
Zinc '. . . 1
Cet alliage se travaille très bien au laminoir et au
BRONZES DES CANONS 3i7
découpoir ; il ne s*oxyde pas facilement et a assez de dureté pour résister à Tusure.
Le bronze des médailles de nos jours contient ordinairement 99 de cuivre et 1 d'étain ; on y ajoute rare ment un peu de zinc^
Bronzes des canons. — Dès leur invention les bouches à feu ont été faites en bronze ; on admettait au début qu'il fallait allier 100 parties de cuivre à 11 parties d'étain. Depuis, de nombreux essais ont été faits dans tous les pays, pour déterminer dans quelles proportions les éléments devaient être alliés pour donner les meilleures conditions de solidité et de résistance. Au moment où les canons de bronze ont été remplacés par les canons d'acier^, les formules adoptées pour le métal des bouches à feu par les principales nations européennes étaient les suivantes :
Cuivre
Etain
Zinc
France
Angleterie . . .
néant
Autriche ....
Danemark ....
Prusse
Russie
Saxe
* Voy. Riche, Monnaie, médailles et bijoux^ essai et contrôle des ouvrages d'or et d'argent, Paris, 1889, p. 25.
2 Voy. Colonel Gun, U Artillerie actuelle en France et à Vétranger,
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Le métal des canons doit être aussi homogène que possible; si Tétain se sépare du cuivre, ou est mal combiné, il en résulte des grains plus riches en étain, qui, en se désagrégeant sous Taction de la poudre, laissent le cuivre isolé à Tétat de masse spongieuse et inconsistante. Le bronze, refondu plusieurs fois, devient plus homogène, plus dense et plus dur. Aussi emploie-t-on, pour la coulée des canons, de vieux bronzes qu'on ajoute aux métaux neufs .
Les mêmes proportions de cuivre et d'étain ne conviennent pas à tous les calibres de bouches à feu ; la dose d*étain doit être un peu plus forte pour les grosses pièces, qui sont soumises à des efforts plus énergiques que les pièces de plus petit calibre.
Depuis trente ans, les pièces de bronze ont été remplacées dans toutes les armées par des pièces en acier, qui résistent mieux aux pressions énormes développées dans rame, mais qui ont Tinconvénient d'être très lourdes et difficiles à fabriquer. Les artilleurs modernes cherchent à revenir aux anciennes pièces en bronze. Jusqu'à présent leurs efforts n'ont pas été couronnés de succès; mais nous croyons que les progrès réalisés récemment dans les fabrications des alliages d'aluminium et de phosphore permettront de construire des canons d'une grande légèreté, aussi solides et beaucoup moins oxydables que les canons en acier actuellement en usage.
Bronze des cloches, — Le métal des cloches est