COUSSINETS
pour essieux et bielles
nRONZES
très tenaces pour liges de piston
BKONZE pour timbres et cloches
Phosphure de cuivre à 9 pour 100.
Cuivre rouge . .
Etain . . . .
Zinc
La teneur en phosphore de ces différents alliages varie entre 1 et 4 millièmes. Le phosphore doit y être dosé avec la même exactitude que le carbone dans les
aciers; des variations très faibles dans la teneur en phosphore correspondent à des variations très grandes dans les propriétés. Ainsi, suivant leur composition, la résistance à la rupture des bronzes phosphoreux varie entre 20 et 80 kilogrammes par millimètre carré et les allongements avant rupture entre 45 et pour 100.
Le silicium joue dans les alliages un rôle analogue à celui du phosphore, mais n'est guère employé à cause de son prix élevé.
Le phosphore et le silicium servent également à la fabrication des bronzes, dits phosphoreux et silicieux, en usage en électricité; l'analyse chimique ne révèle dans les bronzes aucune trace ni de phosphore, ni de silicium. Il est probable que ces deux métalloïdes ne sont que des agents réducteurs, qui donnent au métal une cohésion et une structure particulières, et qui disparaissent pendant la fusion sous forme de scories. La fabrication de ces bronzes est encore tenue secrète.
MM. Lehmann frères, fondeurs à Paris, se sont fait une spécialité de la fabrication des bronzes phosphoreux ; ils font des bronzes durs pour coussinets de wagons, de voitures, de transmissions et de laminoirs, pour excentriques, garnitures de pistons, corps de pompes et soupapes; des bronzes extra-durs pour bagues, douilles, crapaudines, pour têtes de bielles, coussinets d'arbres et d'essieux moteurs ; des bronzes malléables pour pièces exigeantdel'élasticitéj telles qu'hélices, étambots et cages d'hélice, écrous, manchons, cylindres, pignons et engre-
328 BRONZES ET LAITONS
nages ; des bronzes très tenaces pour tuyères de hauts fourneaux ; enfin des bronzes spéciaux industriellement inattaquables par l'acide sulfurique pour récipients et robinetterie d'usines à produits chimiques.
Métal Roma. — MM. Mathelin et Garnier, à Paris, en faisant des additions de manganèse aux bronzes phosphoreux produisent un alliage particulier, auquel ils ont donné le nom de Roma (du mot grec /co//.i, qui signifie force). Ce métal, encore peu connu, est malléable à chaud et à froid ; on peut le forger et lestamper au rouge sombre ; sa résistance égale celle de l'acier ; il est inoxydable à l'air, ductile, et se transforme aisément en barres, en fils et en tôles qu'on peut estamper et emboutir par les procédés ordinaires.
Mêlai Delta. — Nous * terminerons cette énumération des alliages du cuivre, en parlant d'un métal, dont on s'est beaucoup occupé depuis quelques années et qui, en raison de son prix relativement bas et de ses propriétés mécaniques, paraît appelé à faire au bronze phosphoreux une concurrence sérieuse. Ce nouvel alliage a été obtenu récemment par M. Dick, ingénieur danois, établi en Angleterre, qui l'a nommé Métal Delta^ d'après la première lettre de son nom. Sa préparation est tenue secrète, il paraît qu'on fait un premier alliage de zinc et de fer et qu'on le combine ensuite avec une quantité convenable de cuivre. Ce serait donc une sorte de laiton ferrugineux. Les brevets Dick appartiennent pour la France, la Belgique et la Hollande, à la Société
anonyme du Métal Delta et des Alliages métalliques, qui possède une usine à Saint- Denis.
D*après les analyses publiées par un chimiste allemand, M. Hampe dans la Chemiker Zeitung, sa composition ne serait pas constante et varierait comme le montre le tableau ci-joint suivant le travail qu'aurait subi le métal.
Cuivre .
Plomb .
Fer . .
Manganèse Zinc . .
Nickel .
Phosphore
Fondu
traces
Forgé
traces
Laminé
traces
Martelé à chaud
Le métal Delta a la couleur et le poli de l'or; il a une grande malléabilité, alliée à une résistance et une ténacité égales à celles de l'acier, et résiste très bien à l'oxydation due aux agents atmosphériques. On peut lui faire subir facilement toutes les transformations en usage pour le cuivre, le laiton, les bronzes, le fer et l'acier ; il fournit des moulages sains, se forge aussi aisément que le fer et donne par estampage à chaud des produits d'une finesse extrême. Son prix ne dépasse pas celui des cuivres de bonnes marques ; il est de beaucoup inférieur au prix des bronzes spéciaux.
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Le métal Delta est livré au commerce sous forme de lingots pour laminage , de pièces fondues , forgées, estampés ou embouties, de planches de toutes dimensions, de fils, de tubes étirés sans soudure et de toiles métalliques.
Des essais comparatifs exécutés en 1888, à Saint- Denis, en présence des délégués du ministre delà Marine ont donné les résultats suivants :
Charge de rupture Alliages kilogrammes Allongement
par millimètre carré pour 100
Laiton 35,5 17
Bronze à canon 17,5 7,5
Delta fondu 38,5 28,0
Delta forgé à chaud et écroué. 60 à 65 20 à 10
Delta laminé 25 à 60 30 à 15
La grande malléabilité du métal Delta, porté au rouge sombre, permet de l'estamper à cette température ; les pièces ainsi obtenues sont sans soufflures et présentent une telle netteté que la main-d'œuvre de finissage est presque nulle; cette propriété de s'estamper à chaud que possède le métal Delta, à l'exclusion des bronzes ordinaires, constitue un avantage considérable ; elle permet, en efiet, de livrer, une fois la matrice faite, des pièces interchangeables, identiques entre elles et plus parfaites que des pièces simplement coulées.
L'inaltérabilité du métal Delta, sous l'action de l'eau de mer ou de l'eau acide rend son emploi très précieux
pour les divers services de la marine et Texploitation des mines.
Les expériences faites par la Direction de l'artillerie de marine ont montré qu'un échantillon de métal Delta placé pendant dix jours dans de Teau de mer addi-
FiQ. 94. ~ Barres après leur séjour dans la mine.
tionnée de 1 quinzième d'acide sulfurique conserve le même poids ; sa surface est simiplement noircie.
Des expériences analogues ont été faites dans une mine de charbon de Westphalie. Des barres laminées de fer forgé, d'acier et de métal Delta, restèrent pendant six mois et demi plongées dans l'eau acide provenant de la mine. Après cette longue immersion la barre de fer avait perdu 46,3 pour 100 de son poids, celle
BRONZES ET LAITONS
en acier 45,45 pour 100, et celle en métal Delta 1 ,2 pour 100 seulement.
La figure 94 représente ces barres après leur séjour dans la mine.
Fio. 95. — Canot à vapeur en métal Delta destiné à T Afrique centrale.
Des essais faits en Angleterre montrent que le métal Delta est deux fois moins attaquable que le métal de Mûntz.
Aussi les constructeurs de navires se servent du