‹ Le cuivre: origine, propriétés, applicationsChapitre 38 sur 137 · ALLIAGES CUIVRE-ZINC · texte numérisé non relu

ALLIAGES CUIVRE-ZINC

radoucit; la combinaison 10 cuivre, 90 étain, redevient tenace et molle, et celle de 1 cuivre, 99 étain, peut être d'un usage utile pour la fabrication des poteries.

Le même phénomène se produit avec la plupart des alliages du cuivre; lorsqu'un des éléments cesse de dominer, la composition obtenue perd toutes ses qualités et devient complètement inutilisable.

Les bronzes riches en étain augmentent de densité par la trempe, tandis que le recuit diminue la densité du bronze trempé, quoique dans une moindre proportion.

La composition cuivre 99, étain 1, appelée bronze des médailles^ est malléable à chaud ; celle du cuivre 95, étain 5, ne l'est plus qu'à froid, de même que celles cuivre 80-90, étain 20-10, qui sont employées dans la construction des machines. Les alliages cuivre-étain, ne suffisent pas à tous les usages industriels ; ils sont assez difficiles à travailler, et ont Tinconvénient d'être chers.

C'est en ajoutant du zinc, du plomb ou d'autres métaux aux alliages de cuivre et d'étain, que l'on obtient toute la série des bronzes qu'on rencontre dans le commerce.

Alliages Cuivre-Zinc. — Ces alliages sont connus sous le nom de laitons ; ils présentent des propriétés analogues à celles des alliages de cuivre et d'étain. Leur malléabilité, leur ductilité, la finesse de leur grain diminuent à mesure que la proportion de zinc augmente, et disparaissent lorsque les proportions des deux mé-

taux sont égales, pour revenir lorsque le zinc prédomine.

Tous les alliages, depuis celui de cuivre 99, zincl, jusqu'à celui de cuivre 60, zinc 40, ont un usage industriel; à faible dose, le zinc donne des composés tenaces, très malléables, et très ductiles, mais qui ont le défaut de ne pas être économiques, à cause de leur haute teneur en cuivre; ils sont connus dans le commerce sous le nom de simili' or, métal du prince Robert, etc. Leur belle couleur d'or les désigne pour servir à la fabrication des objets imitant l'or. Les alliages à 25 pour 100 de zinc sont très employés dans la construction des machines ; les alliages à 40 pour 100 de zinc, appelés métal de Muntz, servent au doublage des navires, ils forment la limite entre les laitons qui peuvent se laminer à froid et ceux qui ne se laminent qu'à chaud. Les alliages plus riches en zinc ne peuvent guère être employés ; ils sont trop nerveux et trop cassants. Cependant les alliages cuivre 5, zinc 95, et cuivre 1, zinc 99> dont les propriétés se rapprochent de celles du zinc, et qui sont plus durs que ce métal, ont quelques applications notamment pour la dorure.

Alliages Cuivre-Plomb. — Les alliages du cuivre et du plomb sont d'un usage assez rare ; ils ne se rencontrent guère que dans les bijoux en cuivre de certaines peuplades sauvages.

Alliages Cuivre-Fer. — Le cuivre et le fer n'ont aucune affinité l'un pour l'autre ; leur combinaison ne

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s'accomplit qu'avec difficulté. Ces alliages n'ont aucune application industrielle, ils sont durs et cassants.

Alliages Cuivre-Nickel. — Les alliages de cuivre et de nickel sont très malléables ; ils sont employés, soit purs, soit alliés au zinc, à un grand nombre d'usages industriels.

Les monnaies de billon en Suisse, en Allemagne et aux Etats-Unis, renferment 25 pour 100 de nickel et 75 pour 100 de cuivre ; les alliages connus sous le nom de maillechort, packfung et argentan^ renferment du cuivre, du nickel et du zinc. Ils possèdent la blancheur et l'éclat de l'argent.

Le tableau suivant résume la composition des principaux métaux blancs employés dans l'industrie :

Cuivre

ZiDC

Nickel

Fer

Packfung chinois . . .

Maillechort parisien . .

traces

Maillechort allemand . .

Alfénide

Maillechort de Sheffield

pour vaiselle . . • .

Les alliages de cuivre et de nickel sont très employés par les différents services dépendant du Ministère de la guerre; on s'en sert principalement pour la fabrication des enveloppes des balles des fusils Lebel et pour la confection des étuis à cartouches.

Alliages Cuivre-Aluminium. — L'aluminium s'allie au cuivre avec un vif dégagement de chaleur et

de lumière; les alliages contenant des quantités d'aluminium inférieures à 12 pour 100 possèdent une- dureté très supérieure à celle du bronze ordinaire et comparable à celle des meilleurs aciers; en même temps, ils sont très tenaces et se travaillent à chaud avec autant de facilité que les meilleurs fers doux^ Lorsque la proportion d'aluminium augmente, les alliages deviennent cassants comme du verre ; en ajoutant du nickel, on peut amener la teneur en aluminium jusqu'à 20 pour 100 sans diminuer la ténacité du métal à chaud.

Alliages Cuivre-Phosphore, Cuivre-Manganèse et Cuivre- Silicium, — Le phosphore, le silicium et le manganèse s'allient au cuivre en donnant des composés un peu analogues aux bronzes d'aluminium; ils agissent comme principes réducteurs et font disparaître les oxydes métalliques, qui se produisent pendant la fusion des alliages; en même temps ils donnent plus de fluidité aux bronzes.

Les combinaisons du cuivre avec le phosphore, le manganèse et le silicium, forment la base d'un certain nombre d'alliages industriels dont nous étudierons plus loin les propriétés remarquables.

Alliages Cuivre- Arsenic y Cuivre- Antimoine, — Les alliages de cuivre et d'arsenic sont généralement connus sous le nom de cuivre blanc, ou de tombac; ils possèdent un ton gris éclatant, sont très cassants,

^ Voy. Lejeal, V Aluminium, Paris, 1894, J.-B. Baillière et fils.

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