‹ Le cuivre: origine, propriétés, applicationsChapitre 50 sur 137 · GRILLAGE EN STALLES · texte numérisé non relu

GRILLAGE EN STALLES

Les figures 46 montrent le mode de construction de ces stalles. Les murs ont une épaisseur de 1"*,60 et contiennent des chambres c destinées à la condensation du soufre. La sole est construite avec une couche de

Fio. 46, — Grillage en stalles à Agordo.

minerais déjà lessivés après grillage ; elle présente des rigoles, qui conduisent le soufre dans des réservoirs centraux, d'où il s'écoule par des canaux f dans les chambres de condensation. L'air pénètre par des orifices placés à la base des tas de minerais ; le rendement en soufre varie de 20 à 30 pour 100.

Le procédé de grillage en stalles se recommande, comme le grillage en tas, par sa simplicité, le peu de frais de premier établissement et Téconomie de combustible; mais il ne peut s'appliquer aux minerais menus, et il a de plus rinconvénient de fournir de Tacide sulfureux extrêmement dilué, qu'on ne peut employer à aucun usage industriel.

Grillage au four à cuve.

Les fours à cuve employés pour le grillage des minerais portent le nom de kilns et se prêtent admirablement à la fabrication de Tacide sulfurique ; ils sont construits de manière différente, suivant qu'ils sont destinés aux minerais gros ou aux menus. Tantôt ce sont de simples fours à cuve, évasés vers le haut, tantôt ce sont des appareils plus compliqués, où les minerais sont exposés à l'action oxydante sur de grandes surfaces de briques.

Le type le plus simple est le kiln employé au Mansfeld pour le grillage des mattes (fig. 47). C'est un petit four à section rectangulaire de 1",25 sur l^'^ôO, ayant une hauteur de 3 mètres et contenant environ 10 tonnes de minerai. Ses parois en briques sont percées d'un certain nombre d'ouvertures, destinées à permettre le nettoyage du four et le piquage de la matte ;

GRILLAGE AU FOUR A CUVE

[Vj

^ipj

Fio, 47. — Kila pour le grillage des minerais de cuivre au Mansfeld.

le chargement se fait par une trémie placée à la partie supérieure de la cuve. A la partie inférieure se trouvent deux grandes ouvertures qui servent à décharger, toutes les douze heures, une tonne environ de matte grillée. Il faut éviter avant tout la fusion de la matte, qui empêcherait la désulfuration ; on reconnaît la bonne marche du four en examinant la partie inférieure de la charge à 1 mètre environ au-dessus delà sole ; elle doit être bien agglomérée.

Vingt kilns de ce genre sont accolés sur deux rangées et envoient leur acide sulfureux à des chambres de plomb, pour la production de Tacide sulfurique. Le même appareil peut servir pour le grillage des minerais en gros morceaux. La plupart des kilns employés dans les petites mines d'Allemagne sont construits sur le même type.

Pour le grillage des menus, on emploie fréquemment des fours à tablettes qui sont tous des reproductions ou des modifications des fours que MM. Ollivier et Perret ont construits àSaii\-Bel (Rhône), pour le grillage des pyrites (flg. 48). Ces fours sont formés par une cuve rectangulaire, munie à la base d'une grille à barreaux de fer, qu'on charge de pyrite en morceaux, et contenant une série de tablettes placées à 20 centimètres les unes au-dessus des autres, et sur lesquelles on étale le menu à griller. La chaleur produite par l'oydation de la pyrite en morceaux porte au rouge le minerai menu, qui se grille également. Après avoir circulé le long des

GRILLAGE AU FOUR A CUVE

tablettes, les gaz chauds se rendent aux chambres de plomb. Pour renouveler les faces des grains à griller, on fait descendre le menu 6 à 8 fois par vingt- quatre

^ï>^^'*"i /**'«*> ^^^^ià'4^^^'^ ^ ♦:

[TTL. r^lM*"

FiG. 48. — Four à tablettes pour le grillage des minerais de cuivre.

a, Carneau collecteur; 6, tablettes; c, ouvertures par le râblage;

d, ouvertures de la chauffe.

heures d'une tablette à l'autre, en se servant de râbles en fer qu'on introduit par les orifices c, après avoir enlevé les tampons qui les ferment normalement. Les kilns que nous venons de décrire donnent d'excel-

FiG. 49. — Four Gerstenhôfer pour le grillage des minerais

de cuivre.

Coupe longitudinale.

GRILLAGE AU FOUR A CUVE

Fio. lO. — Four Gersteahôfer pour le grillage des minerais

de cuivre.

Vue de face et coupe transversale.

lents résultats, lorsqu'on traite des minerais en gros morceaux mêlés de menus ; mais lorsqu'il s'agit de griller des poussières fines de pyrites, on se heurte à de nombreuses difficultés : les poussières se répandent en efiet facilement en dehors de l'appareil; elles ont une influence funeste sur la santé des ouvriers et sont une cause fréquente d'incendie. Les fours le plus souvent employés pour le grillage des menus sont les fours à cascade et à chicanes de Gerstenhôfer, qu'on rencontre dans de nombreuses mines, tant en Amérique que sur le continent (fig. 49 et 50).

Ils se composent essentiellement d'une tour verticale A où sont installées de nombreuses chicanes, en forme de poutres horizontales à deux pans faiblement inclinés, le long desquels le minerai glisse par son propre poids, tandis que le courant d'air se meut en sens inverse de bas en haut.

Le minerai est chargé par le haut au moyen d'une trémie S, terminée à sa partie inférieure par un mince orifice de chargement a, au-dessus duquel tournent deux roues dentées, qui sont mises en mouvement par un pignon Zy et introduisent le minerai dans le four d'une manière continue. Le minerai tombe d'abord sur un distributeur v en forme de prisme triangulaire, qui le répartit sur les chicanes incandescentes, où il se grille peu à peu en descendant ; il est complètement oxydé en arrivant à Forifice inférieur par où on le décharge. Les gaz produits par le grillage s'échappent par des canaux e^

GRILLAGE AU FOCR ROTATOIRB 133

se rendent par le conduit B et l'ouverture g dans le collecteur G et de là dans les chambres de condensation E, où ils laissent déposer leurs poussières avant d'être envoyés dans les chambres de plomb.

Pour mettre le four en marche, on introduit par les orifices i un certain nombre de barreaux ;, sur lesquels on jette de la houille par les ouvertures A. La combustion de la houille suffit pour commencer le grillage, qui se continue par l'oxydation même des sulfures métalliques.

Page 1