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CHAPITRE II

QRILLAQE DES MINERAIS

Grillage en tas et en stalles. — Grillage au four à cuve, au four rotatoire et au réverbère.

Le grillage des minerais a pour but de leur enlever une partie de leurs éléments volatils et de transformer les combinaisons métalliques qu'ils contiennent, en oxydes et en sulfates, qui seront réduits par le charbon dans des opérations ultérieures. Le grillage s'effectue en tas, en stalles, ou dans des fours à cuve et à réverbère ; on chauffe les minerais en présence d'un excès d'air à une température inférieure à celle qui est nécessaire pour les fondre. Le soufre, l'arsenic, l'antimoine, se volatilisent partiellement; le cuivre, le plomb, le zinc, le fer se transforment en oxydes et en sulfates.

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On termine le grillage avant que tout le soufre ait disparu et on en laisse une quantité suffisante pour former avec le cuivre le sulfure, Cm^S, qui, dans les fusions suivantes doit le préserver de la scorification. Le grillage des minerais purs peut être, mené très rapidement, et on peut pousser la température presque jusqu'au point de fusion du sulfure de cuivre; mais lorsqu'on traite des minerais impurs, il faut les griller avec ménagement; on ne peut enlever le soufre par une seule opération, car l'arsenic et l'antimoine ne s'éliminent que par une série de grillages et de fontes réduc tives.

Les gaz qui s'échappent des tas ou des fours de grillage contiennent de grandes quantités d'acide sulfureux, dont le dégagement .occasionne de grosses difficultés aux propriétaires des usines b cuivre. L'acide sulfureux a en effet une action très délétère sur la végétation, et comme souvent il renferme de l'acide arsénieux, il agit également d'une façon désastreuse sur l'organisme humain.

Les environs des usines à cuivre sont transformés en vrais déserts ; à Swansea (flg. Ai) par exemple, les diverses fonderies envoient chaque jour dans l'air plus de 100.000 mètres cubes d'acide sulfureux; un nuage épais de fumée blanche s'étend perpétuellement sur la ville ; on l'aperçoit de Lynton, situé sur le côté sud du canal de Ijristol, h une distance de 43 kilomètres ; pas un arbre, pas un brin d'herbe ne poussent h plusieurs

OHILUQK DBS UINKRAIS U?

kilomètres à la ronde. De nombreux procédés ont été essayés pour atténuer les dommages causés par les fumées ; des cheminées énormes furent construites sur les collines entourant la Tille, et reliées aux fours par des canaux en maçonnerie pour diluerdansl'atmosplière

Fio. 41. — Vue de Swanee» (paji de Oollea),

les gaz délétères; ce fut en vain. L'acide sulfureux, à cause de sa pesanteur, continua k séjourner dans les parties basses de la vallée. Bien des absorbants de l'acide sulfureux furent expérimentés; ni l'eau ni les laits de chaux, dans lesquels on fit barboter les fumées, ne parvinrent à les rendre ineffensives. Le seul moyen pratique trouvé de se débarrasser de l'acide sulfureux fut de le transformer en acide sulfurique ; mais ce procédé demande des installations coûteuses, chambres de plo'"*'

il8 GRILLAGE DES MINERAIS

et appareils de condensation, qui grèvent lourdement le prix de revient, lorsqu'on ne peut vendre Tacide sulfurique à des prix rémunérateurs.

Nous décrirons successivement les différents procédés de grillage qui varient suivant les pays et suivant la nature des minerais.

Dans les contrées où les réclamations des habitants contre les dégâts produits par Tacide sulfureux ne sont pas à craindre, on grille les minerais librement en tas ou en stalles ; dans les pays au contraire où Ton ne tolérerait pas la destruction de la végétation, on emploie des fours fermés et Ton recueille les fumées pour les transformer en acide sulfurique.

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