II. Fabrication du ouivre noir au réverbère
La fabrication du cuivre noir au réverbère a été portée par les fondeurs de Swansea à un très haut degré de perfection ; d'Angleterre, elle a passé sur le continent et en Amérique, où elle a pris une rapide extension. Elle comprend, comme nous l'avons dit, une série de grillages et de fusions réductives, qui produisent des mattes de plus en plus riches et permettent 1 élimination de tous les éléments étrangers, soit sous forme de scories, soit sous forme de composés volatils, entraînés par les flammes. Dans le cas très fréquent de minerais relativement purs, la marche du procédé est la suivante :
On grille partiellement la matte bronze en y laissant du soufre en quantité suffisante pour que le cuivre, et autant que possible le cuivre seul, puisse rester sulfuré; puis on soumetr la matte grillée à une fusion, dite fonte de concentration^ qui a pour but la production d'une nouvelle matte, appelée matte blanche à cause de sa couleur et dont la composition se rapproche de celle du
sulfure cuivreux, Cu^S (cuivre 80, soufre 20). Lorsque le grillage de la matte bronze a été poussé trop loin, un peu de cuivre brut plus ou moins impur s'isole pendant la fonte. Pour éviter cet inconvénient, les fondeurs préfèrent garder dans la matte un léger excès de soufre, de manière à obtenir un produit tenant 72 à 75 pour 100 de cuivre et 8 à 10 pour 100 de fer. Le zinc, Tétain et le cobalt contenus dans la matte bronze passent en grande partie dans les scories ; le nickel et le plomb restent dans la matte blanche.
La matte blanche est grillée à mort^ c'est-à-dire jusqu'à la complète disparition du soufre, puis on la fond pour réduire l'oxyde de cuivre formé par le grillage et scorifier le reste du fer. Le cuivre noir ainsi obtenu contient encore 2 à 3 centièmes d'éléments étrangers, principalement du soufre et du fer.