ELEGTROLYSE DES MINERAIS DB CUIVRE
cuivre et du chlorure ferrique, puis par Teau acidulée venant des tours de condensation, et enfin par de Teau pure, qui achève l'extraction du cuivre.
La précipitation du cuivre métallique se fait à laide de vieilles ferrailles ou de fonte.
Tous les procédés que nous venons de décrire ont rinconvénient de donner du cuivre de cément très impur, qu'on ne peut raffiner qu'au prix d'opérations assez coûteuses. De nombreux savants et ingénieurs ont fait des tentatives pour combiner les procédés de la voie humide avec la précipitation électrolytique du cuivre. Les premiers essais qui aient été couronnés de succès sont dus à M. Becquerel, membre de l'Institut, qui réussit, en 1836, à traiter par l'électricité des cuivres argentifères. Ses expériences eurent un intérêt plus théorique que pratique, car à cette époque on ne savait produire l'électricité que parles piles au prix de dépenses considérables. Ce n'est que vers 1871, au moment où les machines électro- dynamiques commencèrent à fournir de l'électricité à bon marché que l'électrolyse métallurgique a pris un développement industriel.
Nous avons vu quelle est l'importance actuelle de son rôle dans la purification des cuivres bruts ; mais elle est loin d'avoir le mêmç succès pour restriction directe
Fia. 80. •— Four rotatoire Brûckner, pour le grillage à
1 de cuivre, type américain. (Cotes
du cuivre et des minerais. Les difficultés techniques qu'on rencontre sont en effet bien plus grandes.
Dans l'affinage du cuivre noir, on emploie comme anodes des plaques de cuivre ;racide sulfurique, mis en liberté par Taction du courant électrique sur le sulfate de cuivre du bain, attaque ces plaques, et la chaleur chimique absorbée par la décomposition du sulfate est compensée par la chaleur produite par la dissolution du cuivre des anodes. Le travail du courant électrique est donc presque uniquement employé à vaincre les résistances des bains. Lorsqu'on essaie au contraire de décomposer par le courant une solution* de sulfate de cuivre au moyen d'anodes insolubles, formées de substances inattaquables par l'acide sulfurique, telles que le platine, l'énergie nécessaire pour décomposer le sel de cuivre n'est pas compensée par la chaleur chimique fournie, dansl'afflnage, par l'attaque desanodes. De plus, l'acide sulfurique mis en liberté tend à attaquer à nouveau le cuivre déposé sur la cathode et à former un courant électrique en sens inverse du courant primitif. Ce phénomène, connu sous le nom de polarisation^ cause une grande dépense de travail et rend impossible la réalisation économique de la précipitation, par l'électricité, des liqueurs obtenues par les procédés de voie humide.
Le problème à résoudre consiste donc à empêcher la polarisation de se produire.
Eu 1882, M. Blas, professeur ^ TUniversitè d§
ELEGTROLTSB DBS MINERAIS DE CUIVRE 231
Louyain, et M. Miest ont fait connaître un procédé pour le traitement des minerais sulfurés, basé sur les faits suivants :
Les sulfures métalliques naturels sont bons conducteurs de rélectricité ; il en est de même des minerais sulfurés convenablement agglomérés. Si Toii électrolyse une solution d'un sel dont l'acide attaque les sulfures naturels, le métal du sulfure se dissout, tandis que le soufre reste déposé à l'anode ; c'est avec les nitrates que cette opération a lieu le plus facilement et sans formation de sulfates.
Le procédé comprend donc deux opérations distinctes : V agglomération du minerai et Y électrolyse.
Pour produire l'agglomération, on broie le minerai en grains d'environ 5 millimètres de diamètre; on l'introduit dans des moules en cuivre, pour le transformer en plaques, et on le soumet à une pression d'une centaine d'atmosphères au moyen d'une presse hydraulique; puis on le chauffe dans un four à environ 600 degrés, et on le presse de nouveau ; à la sortie du four on le refroidit rapidement pour faciliter le démontage des plaques.
Ainsi préparées, les plaques de minerai sont axées à des barres de fer reliées par un conducteur en fer au pôle positif d'une machine dynamo-électrique, et suspendues dans un bain formé d'une solution de nitrate de cuivre. Les cathodes sont formées de lames minces en cuivre pur. Sous l'action du courant, l'azotate de cuivre se décompose en cuivre, qui se dépose sur la
cathode, et en acide azotique, qui attaque les sulfures et dissout de nouvelles quantités de cuivre.
Ce procédé n'a jamais, à notre connaissance, été employé industriellement. Les gâteaux agglomérés, à mesure qu'ils se dépouillent du soufre et des métaux divers qu'ils contiennent, tombent rapidement en poussière au fond du bain, près de l'anode, en se mêlant au soufre ; il faut donc les retirer avant leur chute dans le bain et les agglomérer fréquemment à nouveau.
La dépense d'agglomération est élevée et s'oppose, jusqu'à présent, à l'extension du procédé.