PRODUCTION DES USINES DB LA COMPAGNIE FRANÇAISE DES MÉTAUX
Ton DM
Cuivre roage en planches, barres, tubes, foyers, coupoles, doublages 9.000
Laiton en planches de guerre et de commerce, fîl, barres, doublages, tubes 10.500
Maillechort, planches et bandes de commerce et de guerre, fils, barres, divers 775
Cuivre brut en lingots et plateaux affinés . . 17.000
Les établissements de Biache- Saint- Waast dans le Pas-de Calais, situés entre Arras et Douai et appartenant à MM. Eschger, Ghesquière et G* rivalisent avec ceux de la Société des Métaux. A l'origine, l'usine de Biache se bornait à affiner et à laminer le cuivre, et i traiter des minerais et des matles aurifères et argentifères, venant de l'étranger ; depuis une dizaine d'années, elle s'est beaucoup développée, et elle fabriqua maintenant, outre les lingots de bronze et de cuivn affiné des planches, des feuilles, des barres et dei fils de cuivre, de laiton, de bronze, de maillechort e autres alliages, desbarres.d'entretoises pour locomotive
des barreaux pour fabriques d'étoffes, des plaques de foyer laminées et embouties par des procédés spéciaux, des tubes sans soudure en cuivre et en laiton, des coupoles de tous diamètres, des ceintures et barrettes pour projectiles, des obturateurs et couronnes d'appui pour canons de tout calibre, des médailles et des monnaies de cuivre, enfin des obus en acier embouti de tous profils.
L'emboutissage et le découpage, à l'aide des presses hydrauliques, sont la caractéristique de la fabrication de Biache-Saint-Waast et ont permis d'y entreprendre et d'y réussir les travaux les plus complexes et les plus variés. En 1891, l'usine de Bîache a livré au commerce 6150 tonnes de cuivre pur ou allié.
Les établissements de M. Létrange et G^ à Saint-Denis et à Romilly, et ceux de M. Félix Hubin à Paris, au Havre et à Harfleur, sont également importants. On y fabrique les planches de cuivre, les tubes sans soudures, les foyers de locomotives et les barres de tous profils.
En dehors des grandes usines, qui fabriquent les objets de cuivre de toute nature destinés à l'industrie, il en est quelques-unes qui s'adonnent à des fabrications spéciales, telles que l'étirage et le tréfilage du cuivre et du laiton, l'affinage, la fonderie et le tréfilage des bronzes spéciaux,
La plus importante de ces usines est celle de M. Lazare Weiller, à Angoulême ; on y lamine des barrettes et des fils de cuivre rouge, de laiton, de cuivre
phosphoreux et siliceux. L'usine s'est fait une spécialité de la fabrication des fils appliqués aux usages électriques, que la France tirait autrefois de l'étranger. Sa production dépasse 8000 tonnes par an. Sa fabrication se recommande par la pureté de ses cuivres, la régularité des diamètres de ses fils et l'extrême ânessede ses produits.
Les usines de M. Mouchelà Tillières-sur -Avre, àBoisthorelet à Aube-sur-la-Rille jouissent également d'une grande réputation. On y fabrique du cuivre en plaques pour la chaudronnerie de ménage, en feuilles minces pour plaqué, en bâtons à tréfiler par faux trait doré ou argenté et en fils de tous diamètres.
La maison Mouchel est renommée pour ses travaux délicats. Ses fils de laiton sont employés à la fabrication des dents de peignes à tisser, des vis de chaussures, des vis à bois et des ressorts, des brosses, des toiles métalliques pour papeterie et pour tamis. Ëllô! fournit aussi pour certains usages, et notamment pour les , toiles de papeterie, des âls en bronze à canons, qui ofi'rent une résistance toute particulière. Ses fils de cui- ^ vre s'emploient pour les pianos et pour les applicationi électriques.
De nombreuses autres usines, situées pour la plupar dans les vallées de l'Oise et de la Rille, dans les dépar« tements de l'Eure et de l'Orne, font également l'étirag ' et le tréfilage du cuivre rouge, mais s'adonnent plu^ spécialement à la fabrication du laiton. Nous citeron l
en particulier les anciens établissements Le Maréchal, à Hugles, qui, dans ces dernières années ont pris une très grande extension ; on y produit chaque année 3500 à 4000 tonnes de laiton, dont la majeure partie est livrée à l'Etat pour la fabrication des cartouches.
Toutes ces grandes usines, qui reçoivent le cuivre brut en lingots de l'étranger, élaborent le métal et produisent des barres, des planches, des fils ou des tubes que d'autres usines transforment à leur tour en objets de toute nature, employés dans les industries mécaniques, la construction et l'économie domestique ; ces dernières usines se servent de. machines de précision, elles possèdent des outillages très perfectionnés et arrivent à produire des objets parfaitement finis, d'une extrême variété, qui répondent à tous les besoins du commerce.
Parmi les principales industries qui élaborent le cuivre et ses alliages, nous citerons : la chaudronnerie, qui livre au commerce les chaudières et récipients variés pour la production de la vapeur*, la distillation et la rectification des alcools ^, la fabrication du sucre ^, et les usages domestiques ; la téfilerie et toutes les industries qui en dérivent, la pointerie, la clouterie, la
i Voy. Aimé Wilz, La Machine à vapeur (Bibliothèque des connaissances utiles), Paris, 1891.
2 Larbaletier, L^ Alcool au point de vue chimique i, agricole^ industriel, etc., PariS) 1888.
3 Paul Horsin-Déon, La Fabrication du sucre^ 1894;
câblerie, la fabrication des tissus métalliques et celle des épingles et des agrafes ; le laminage de précision, qui fournit aux fabricants d'articles de Paris les feuilles de cuivre polies de très faible épaisseur ; l'étirage au banc, qui permet la fabrication de fils fins exactement calibrés et de tubes métalliques pour montres et manomètres ; la boutonnerie, la visserie, la serrurerie, la quincaillerie, la robinetterie, la fabrication des lampes; la fabrication des cartouches de guerre, qui absorbe annuellement plus de 10.000 tonnes de cuivre, enfin la fonderie, qui, à Taide des moules, permet de reproduire les objets les plus variés.
Ces industries si diverses sont répandues dans les difierentes parties de la France, elles sont surtout très prospères dans le Nord, dans les Ardennes, dans la Loire, à Paris et dans les départements environnants. Le cadre de notre ouvrage ne nous permet pas de décrire tous les procédés qu'elles emploient. Nous nous bornerons à décrire dans les chapitres suivants les principaux modes de fabrication, qui se trouvent être à peu près les mêmes dans toutes les usines.