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FABRICATION DBS PLANCHES ET DES BARRES

des cylindres et une grande régularité dans le laminage. Les plateaux, amenés des fours de coulée, sont saisis par des ouvriers armés de pinces, qui les font passer entre les cylindres du laminoir ; des ouvriers placés de l'autre côté de la cage, reçoivent les plateaux et. les ren-* voient aux premiers ouvriers, en les faisant passer pardessus le cylindre supérieur, pendant qu*un contremaître diminue chaque fois la distance des deux cylindres. Le cuivre s'écrouit fortement par le laminage ; aussi, dès que la planche se refroidit, on interrompt l'opération et on la soumet au recuit dans des fours à réverbère. Pendant la durée du laminage, selon la qualité du cuivre, on réchauffe les planches de deux à cinq fois. Lorsqu'elles ont atteint l'épaisseur voulue, on arrête le laminage , et il ne reste plus qu'à leur rendre leur belle couleur rouge, qu'elles ont perdue pendant le travail, en se recouvrant d'oxyde de cuivre noir. A cet effet on les asperge d'urine, qui réduit une partie de l'oxyde formé, on les réchauffe légèrement et on les plonge dans une dissolution acide, qui nettoie leur surface.

Par le laminage direct on fabrique des planches do^t l'épaisseur reste supérieure à 2 ou 3 milimètres. Lorsqu'on veut fabriquer des planches plus minces, on en lamine plusieurs ensemble en formant des paquets, qu'on introduit entre les cylindres des laminoirs ; on obtient ainsi des feuilles de toutes les épaisseurs depuis 0,4 jusqu'à 3 millimètres environ. Les planches laminées sont découpées ensuite à l'aide

de cisailles, pour leur donner la forme rectangulaire, sous laquelle elles sont livrées au commerce.

Les planches servent à d'innombrables usages industriels; on en fait des chaudières, des coupoles, des tubes, etc. Le pays du monde qui en consomme le plus est l'Inde; l'Angleterre et la France y expédient annuellement plus de 40.000 tonnes de planches de toutes dimensions.

Les Indiens en tapissent leurs pagodes et s'en servent pour fabriquer tous ces ustensiles de cuivre ciselés ou travaillés à jour, qu'on rencontre dans tous les pays d'Orient. En dehors des planches, les Indes et la plupart des autres pays orientaux consomment encore de grandes quantités de cuivre, sous forme de paillettes et de fils aplatis dans des laminoirs de précision^ qui en trent dans la fabrication de beaucoup de tissus du pays.

Le laminage des barres de cuivre se fait dans des laminoirs analogues à ceux qui servent à faire les planches ; seulement chaque cylindre présente à sa surface une série de cannelures, qui, correspondant à celles du cylindre voisin, laissent entre elles des ouvertures de formes variables et de surface décroissante entre lesquelles la barre de métal vient passer et s'allonge peu à peu .

Souvent les cylindres sont associés trois par trois, ce qui permet aux lamineurs, placés de part et d'autre du laminoir, de faire repasser la barre en utilisant son ^etour.

,Fia. Sa. — Laminoir pour barre* de cuivri

FiD. 87. — Détail des supports des cjlindrei dei laminoir» pour barres de cuiire.

Les cylindres des laminoirs pour barres doivent toujours rester à la même distance; aussi les supports recoivent-ils une forme différente de celle que nous avons décrite. Comme le montre la figure 87, le support inférieur est formé d'un coussinet demi-cylindrique ; quant au support supérieur, il se compose de deux coussinets demi-cylindriques, l'un fixe, l'autre venant s'appuyer sur la tête des cylindres et maintenu en place par une vis de pression traversant la partie supérieure du bâti.

La figure 86 représente un laminoir pour l'ébauchage des barres qui serviront ultérieurement à la fabricatiou des fils.

La figure 87 donne le détail des supports des cylindres des laminoirs.

Les barres de cuivre, comme les planches, ont d'innombrables usages ; elles servent à faire des entretoises de locomotives, des rivets, des clous, des supports, etc.

IL Chaudronnerie.

L'industrie de la chaudronnerie a principalement pour objet la fabrication des appareils métalliques, destinés au chauffage des corps ; mais elle s'applique plus ou moins directement à toutes les industries. Elle consiste essentiellement à donner aux tôles de cuivre des formes déterminées au moyen d'un martelage progressif.

Martelage, — Le martelage permet d'obtenir les courbures les plus variées, mais détermine un écrouii^sage, qu'on fait disparaître au moyen de recuits successifs. Les ouvriers se servent, au début du martelage, de maillets en bois, pour ne pas enlever de suite au cuivre sa malléabilité, et éviter de le chauffer trop fréquemment ; lorsque la première forme a été donnée à la tôle, on continue le martelage à Taide du marteau en fer, en ayant soin de courber la tôle sur du boi$, pour éviter que les coups de marteau ne laissent des empreintes trop profondes, qu'il serait impossible de faire disparaître ultérieurement,

Pour les pièces de grandes dimensions, le martelage est combiné avec le cintrage, qu'on obtient en faisant passer les tôles entre des cylindres, qui leur donnent la courbure voulue.

Après le martelage et le cintrage, on procède au planage, qui a pour but de donner de la régularité et de la raideur aux surfaces planes ou bombées i C'est une opération importante, dont dépend l'aspect du cuivre qui présentera un beau poli et une surface régulière, si l'opération a été bien conduite.

Le planage se fait au moyen de marteaux à panne droite sur des tasseaux ou des chevalets ; il doit faire disparaître toutes les bosses produites par le premier martelage. Les ouvriers commencent généralement le planage par le centre des pièces ; ils frappent des coups de marteau répétés suivant des cercles concentriques,

jusqu'à ce qu'ils arrivent au bord ; ils obtiennent ainsi des pièces d'épaisseur uniforme.

Rivure. — La jonction des tôles entre elles s'obtient soit par la rivure, soit parla soudure.

La rivure est surtout employée pour les planches épaisses, qui servent à fabriquer des récipients desti- ' nés à résistera de fortes pressions, elle consiste à superposer les bords des deux tôles et à les réunir au moyen de rivets. Les rivets sont de petits cylindres en cuivre, munis d'une tête ronde que l'on pose, à chaud, dans des trous correspondants préalablement ménagés dans les deux tôles à assembler, et que Ton aplatit ensuite à coups de marteau ou au moyen d'une machine, de manière h donner également à leur deuxième tête une forme ronde. L'espacement de centre à centre des rivets varie entre deux et demi et trois fois leur diamètre. Le perçage des tôles se fait au moyen de machines emportepièce ou poinçons, qui découpent de petits ronds de métal, en laissant des trous circulaires régulièrement ' espacés et destinés à recevoir les rivets.

Le rivetage est suivi du mattage, qui consiste à refouler au moyen d'un ciseau et d'un marteau toutes les bavures des rivets et des tôles dans les vides qui existent derrière elles, de manière à boucher les fentes et à rendre les appareils étanches.

Soudure. — La soudure est employée plus fréquemment que la rivure dans la chaudronnerie en cuivre. Selon les usages et la résistance que doivent avoir

les pièces à souder, on emploie deux espèces principales de soudure : la soudure à Vétain et la soudure forte ou brasure.

La soudure d'étain est un alliage d*étain et de plomb, dont on se sert de la manière suivante : pour réunir deux pièces de cuivre entre elles, on commence par racler toutes les aspérités de la surface du métal, puis on saupoudre de colophane les endroits raclés . Avec un marteau étamé ou soudoir, chauffé au rouge, on fait fondre et on fixe une certaine quantité d'étain sur les parties qu'on veut souder ; on rapproche ensuite les parties à réunir, et on fait couler sur elles la soudure que la chaleurdu soudoir, communiquée à la pièce, fait pénétrer partout. La soudure ainsi faite n'offre qu'une solidité équivalente à celle de l'alliage dont elle est formée.

La brasure au contraire, lorsqu'elle est bien faite, est aussi résistante que le métal même. Les chaudronniers s'en servent pour tous les tuyaux en cuivre, et les vases composés de plusieurs parties. Les recettes des brasures sont très variables ; chaque chaudronnier a les siennes. Le zinc, le cuivre, le plomb en sont presque toujours les bases.

Voici quelques recettes employées dans les chaudronneries du Nord.

Soudure forte jaune assez fusible.

Cuivre 45

Zinc 55

Soudure forte jaune moins fusible.

Cuivre 55

Zinc 43

Soudure forte demi-blanche.

Cuivre 44

Zinc 49

Etain 3

Plomb 1

Soudure blanche.

Cuivre 56

Zinc 27

Etain 14

Avant d'employer la soudure forte, il faut nettoyer le cuivre au moyen d'un acide, le chauffer au rouge et le tremper dans l'eau froide; sur le cuivre humide, on saupoudre un peu de borax et Ton pose la soudure; puis on réunit les parties à souder que l'on chauffe sur un petit feu de charbon de bois ; la soudure fond peu à peu ; on la répartit également à l'aide d'un petit bâton, et on termine l'opération, en refroidissant dans l'eau les parties soudées.

Souvent on ne se contente pas d'appliquer l'un sur l'autre les bords des deux tôles à souder ; on fait dans une des tôles au moyen de ciseaux des incisions angulaires, dont les dimensions varient suivant l'épaisseur du cuivre et l'importance de la pièce, qu'on veut fabri-

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quer. Ces incisions découpent dans le bord de la tôle de petites languettes, qu'on relève au marteau ; on superpose ensuite les bords des deux tôles, et on rabat les languettes sur la tôle non dentelée, de manière

P:a. 88. — Utine Foure^, à Corbeh«m (Pas-de-Celab),

à la maintenir, comme entre deux séries de dents. On achève ensuite la soudure comme dans le cas précédent, et l'on fait disparaître toutes les aspérités à la lime.

Comme exemple des procédés de fabrication usités dans la chaudronnerie, nous décrirons plus spécialement la fabrication des tubes soudés, telle qu'elle se pratique à l'usine de MM. Fourcy, à Corbehem {Pas-

de-Calais). La figure 88 représente une vue d'ensemble de cette usine ; on y fait, outre les chaudières en fer, des appareils distiUatoires de toutes sortes, alambics, colonnes de distillation, appareils de rectifications, enfin des tubes de tous diamètres.

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