‹ Le cuivre, sa production et son commerce aus États-Unis, son marché en 1907Chapitre 23 sur 25 · DE NOVEMBRE · texte numérisé non relu

DE NOVEMBRE

A la fin d'octobre et pendant les premiers jours de novembre 1907, le marché du cuivre s'améliorait -^- la chose ne fait point de doute, — semblait même s'affermir notablement et avec rapidité. Les cours remontaient de 12 cents environ à 14 cents; ils atteignaient 14 cents 1/4, 14 cents 1/2. Les producteurs et les marchands, pleins d'espérance, en rapportaient la cause à une forte demande, de la part surtout de l'étranger. Cette reprise a été la conséquence du sentiment très répandu en Europe et particulièrement en Angleterre, que la baisse « battait son plein » et qu'une hausse de plusieurs cents était

probable dans un avenir pas trop éloigné; des spéculateurs à la Bourse se couvraient, des marchands et des industriels s'approvisionnaient; et les maisons de New-York en profitaient pour se montrer plus exigeantes.

Ce mouvement nous paraît quelque peu prématuré ; et nous regretterions beaucoup qu'il s'accentuât dès maintenant.

L'entente n'existe toujours pas entre les producteurs ; il faut dès lors examiner de près l'importance des stocks actuels et tant la production que la consommation probables dans l'avenir.

Les stocks de cuivre doivent être assez considérables. Au l*"" septembre 1907, le Mining and Engineering Journal les estimait à 150.000.000 de livres. En tenant compte des fortes exportations des derniers temps, nous devons les apprécier aujourd'hui à 250-300.000.000 de livres pour le moins, montant de la consommation mondiale durant deux mois d'activité ordinaire. 11 n'y aurait rien là pour nous inquiéter^ si se dessinait franchement un mouvement inverse de celui que l'on a constaté l'été dernier, c'est-à-dire si les marchands et les industriels, qui n'ont guère de métal, en détenaient une plus grande quantité. Dans les circonstances actuelles, nous le verrons, la chose semble peu probable.

La production diminue beaucoup aux Etats-Unis et vraisemblablement dans le monde entier, depuis septembre. Non seulement V Amalgamated a réduit ses extractions dans des proportions énormes et refuse de traiter les minerais de sa clientèle, mais d'autrescompagnies cuprifères suiventson exemple, — les unes, celles qui ont un bas prix de revient, parce

qu'elles considèrent cette politique plus sage ou craignent la constitution de stocks, et les autres, celles qui sont moins fortunées, parce qu'elles font peu ou point de bénéfices avec les cours actuels. — H y a certes là quelque chose de rassurant. Nous ne saurions trop féliciter V Amalgamated et ses amis de chercher à mettre un terme à une situation fausse sans trop se soucier de savoir si, oui ou non, ils « porteront le parapluie; » ils éviteront ainsi des perturbations graves dont les commerçants et les industriels de tout le monde entier souffriraient certainement.

D'autre part, la consommation diminue et, semblet-il, diminuera bientôt plus encore. La crise financière est profonde aux Etats-Unis ; les chemins de fer ont dû renoncer à transformer leur système de traction, ce qui aura de très grosses conséquences sur le marché du cuivre; et il en sera de même pour d'autres industries que l'industrie électrique. En Allemagne, l'argent est si cher et si rare que l'essor économique va se trouver paralysé; nous prévoyons, dans les achats de métal brun de ce pays, un recul semblable à celui de 1900-1901.

Dans ces conditions, un cours voisin de l'actuel nous paraît probable pendant quelque temps, A ce prix, les grandes mines peuvent produire avec bénéfices, mais ne sont pas généralement excitées à recommencer leur activité normale. Des prévisions de ce genre ne se réalisent, il est vrai, que rarement !

Quant à une franche reprise, elle tardera, croyonsnous, mais nous semble certaine, parce que le cuivre est et demeurera sans doute un élément nécessaire de l'industrie moderne.

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