‹ Le culte catholiqueChapitre 4 sur 21 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

pas y avoir de concession sur ce sujet. Si Marie est vraiment un objet de prière, ceux qui refusent de la prier sont des impies. Si elle n'est qu'une des créatures de Dieu, quelque favorisée et quelqu' élevée qu'elle soit, ceux qui lui rendent un culte sont des idolâtres (1)." Les Révérends Donald Fraser, D. D. de Londres, Daniel Wilson, L. L. D., de l'Université de Toronto, Mr. Henry Varley et autres, se sont exprimés en termes analogues sur le culte des images, sur les beaux-arts au service de la religion, sur le culte extérieur en général ; ils trouvent partout des traces de supertition, un amoindrissement de la piété intérieure et au moins un grave danger pour les chrétiens de se laisser choir dans le gouffre béant de l'idolâtrie. (2).

(1) First Conférence of the Dominion Evangelical Alliance, held in Montréal, in October, 1874, p. 50.

(2) Ibid., p. 23-26. Le Dr. Cramp se permet de faire le parallèle suivant : " Protestantism, rightly understood, develops Christian character ; in Popery it is " cabin'd, cribb'd, confined," freedoni of action being frowned down. Protestantism exalta Christ j Popery uplifts the crucifix and déifies Mary. Protestantism limits dovotion to the divine ; Popery admits the angelic and the human to a sharo of the homage and the worship. The true Protestant dies, Mooking for the mercy of our Lord Jesus-Christ unto eternal life " (Jude. 21) ; the son of the Church Papal receives the viaticum and the anointing, and the absolution, and thinks himself safe. The former believesthat to die is to départ and to be with Christ; the latter expects to be purified by the pains of purgatory. " — Ibid. p. 50.

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Ce qu'il y a de plus frappant dans tous ces discours, c'est qu'on n'y trouve pas même l'ombre d'une preuve à l'appui des différentes thèses de nos adversaires. On s'est contenté de répéter ce qui avait déjà été dit et réfuté depuis longtemps • les affirmations ont tenu lieu d'arguments, et, qui plus est, on a travesti de la manière la plus étrange les croyances de l'Eglise Romaine. Il est aisé de s'en convaincre par les citations que je viens de faire : les catholiques sont représentés comme des idolâtres; ils sont assimilés aux Ephésiens qui adoraient la grande Diane; leur culte des Baintfl n'est qu'une injure constante faite à Dieu et une nouvelle efilorescence du paganisme que l'esprit chrétien ne saurait trop exécrer.

Voilà certes des accusations très-graves. Si elles étaient prouvées, nous n'aurions qu'à accepter humblement les anathèmes dont nos adversaires se plaisent à nous frapper ; mais si elles sont dénuées de fondement, l'opprobre doit rejaillir sur ceux qui ont la témérité de les professer.

M. de Maistre a dit quelque part avec beaucoup de raison : " Le meilleur moyen de

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réfuter un mauvais livre, c'est d'en faire un bon sur le même sujet." En effet, la polémique vive et passionnée produit rarement quelque bien ; ce n'est pas, comme le dit saint François de Sales, avec des tonneaux de vinaigre que l'on réussit à prendre les mouches, mais avec des gouttes de miel. De même, les âmes se laissent convaincre assez facilement par une exposition claire et onctueuse de la vérité; mais elles regimbent sous l'aiguillon, elles s'opiniâtrent dans l'erreur, si elles aperçoivent le moindre désir de les froisser ou d'en tirer quelque mesquine vengeance. Dans cet opuscule, comme dans celui que j'ai publié l'année dernière (J) , j 'ai évité toutes les expressions qui pouvaient être de nature à blesser mes adversaires. Faire connaître la doctrine catholique, pure et simple, sur tout ce qui concerne le culte de la sainte Vierge, des saints, des reliques, des images, ainsi que sur le célibat ecclésiastique : tel a été le but principal que je me suis proposé.

Convaincu que la demi-science religieuse conduit souvent aux abîmes du doute et de l'incrédulité, j'ai cru pouvoir en même temps

(1) La Sainte Ecriture et la Règle de foi.

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être utile à ces hommes qui n'ont étudié la religion que d'une manière superficielle, sans ordre et comme à rebours; les objections des impies leur sont quelquefois bien mieux connuesque les réponses lumineuses des apologistes catholiques. Une étude sérieuse, bien ordonnée, procédant du connu à l'inconnu, aurait été une base solide pour l'édifice de leur foi ; mais leur demi-science, exposée en outre aux influences pernicieuses d'une atmosphère malsaine, finit par les amener à la négation de ce qu'ils ignorent. Ces hommes ne manquent pas d'une certaine culture religieuse; ils ont, comme le fait sagement remarquer un écrivain moderne, les matériaux de l'édifice, et non l'édifice lui-même. Or, des matériaux sans harmonie architec tonique ne sont que des ruines ; suivant les dispositions qu'on leur donne, les mêmes pierres peuvent former le Panthéon ou l'image du chaos. Imaginez un homme qui étudierait, tous les mois, un théorème de Legendre à livre ouvert; il pourrait savoir de la géométrie, il ne saurait jamais la géométrie. Imaginez un constructeur qui voudrait poser les dernières assises d'une tour avant les premières,il peinerait vainement,

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