SÉQUENCE
la . Gratulemur in hac die Matri virginis Marise Laudes dan tes débitas.
Ib. Sic laus consona sit corde, PriBsens ut voto concorde Colitur soUemnitas.
2a . Ave mater matris Dei, Per quam salvi fiant rei, Stirpe nata; regia.
2b . Dum doleret verecunda, Quod manebat infecunda, Nuntiantur talia :
3a. Esto corde lœtabundo :
Filiam paries mundo Quœ portabit Dominum
Hsec Maria nominata Semper erit Deo grata
Et expers peccaminum.
Hsec est sancta mater Anna, Quœ supernum clausit manna
Prœcelsse dulcedinis ; Hsec est virga ferens florem, Fructum prsebens prseter morem
Alvum replens virginis, Ut hanc ergo genetricem Sentiamus adjutricem
In hac solitudine.
Et cum ipsa gloriemur
In beatitudine.
Prosaire ms. de Clermont, 15e s.
Dreves, xxxix, 99.
oa
Topographie.
Abréviations : V, ville ; vge, village ; cne, commime ; h. hameau ; ftn. fontaine ; égl., église ; ch., chapelle ; par., paroisse.
Ain : S.-Anne de Mont-Griffon, archiprêtré d'Amboumay. — Aisne : Petit h., Cne de Chivres et Machecourt ; cimetière, Cne de Vervins ; val S.-Anne ou la Queue de Leu, Cne de Cys-la-Commune (1746) ; h., canton de Cissone ; cimetière, Cne de Vervins. — Allier : Vge près Montluçon (av. 1623). — Alpes- Maritimes : Vge, près de Breil, arrt de Nice.— Alsace-Lorraine : Canton de S.- Anne près de Thionville. — Ardennes : S.-Anne d'Argonne. — Aube : Ftn., Cne de Cunfin (aujourd'hui comblée); ferme, ibid.; moulin et ferme, Cne de Chesley (carte de Cassini) ; tuilerie, Cne de Chaource ; autre tuilerie, Cne de la Vendue-Mignot ; fontaine, au territoire de Channes. — Basses-Pyrénées :
h. et cap., Cne d'Urrugue, sur le bord de l'océan ; bois, Cne de Cibourne.
Bouches-du-Rhône : Vge près de Marseille ; rue dans cette ville.— Calvados : S.-Anne d'Entremonts, Cne réunie à Ailly en 1831; iS* Anna de Groceio [GroussyJ, Matton, Dict. de la France ; S.-A. près Vire, dioc. de Bayeux; h., Cne d'Isigny. — Côtes-du-Nord : S.-Anne-en-Trégastel, station bahiéaire, près Lannion ; h. près de Belle-Isle-en-Terre. — Deux-Sèvres : Ecole (autrefois), Cne de Nueil-sous— les-Aubiers. — Dordogne : vge, Cne de Cadouin ; pré, Cne d'Exideuil ; h. et ftn. au port de Couse, rive droite, Cne de Linde, au-dessous de l'église de Saint- Sulpice (on allait en procession à cette fontaine dans les temps de sécheresse) ; h., Cne de Saint-Astier ; h. canton de Beaumont. — Doubs : montagne près Montmahon : Nans-sous-S.-Anne, arr* de Besançon. — Drôme : Quartiers dans les Cnes du Pègue, de la Rochette, de S.-Maurice. — Eure : h. du Fidelaire ; ruisseau, Cne de Manou se jetant dans l'Eure au pont des Languets ; S.-Annedes-Ifs, à la Haye-de-Routot. — Eure et Loire : Bois, Cne d'Epernon, près d'Houdreville. — Finistère : Ile, Cne de S.-Paul de Léon ; S.-Anne de La Palud ;
374 LE CULTE DE SAINTE ANNE EN OCCIDENT (il)
S.-Anne du Portzic en S.-Pierre Quilbignon ; vge et baie près de Brest. — Gers : vge, arrt de Lombez, Armagnac. — S.-A. Isle-en-Jourdain, dioc. d'Auch. — Haute- Garonne : vge, Cne de S.- Gaudens. — Haute-Loire : montagne dans le voisinage du Puy. — Haute-Vienne : Commanderie près d'Auriac ; Ste-Aïuie-St-Priest. — Hautes-Alpes : Bois, Cne de la Grave. Sur la route de Grenol^le à Briançon, une S.-A. à 1744 m. d'altitude. Non loin de château-Queyras, lac et ch. S.-A. — Illeet-Vilaine : Vge près de Fougeray-Langon ; Cne de l'arrondissement de Redon ; place à Rennes. — Indre -et-Loire : h., Cne de Sache ; le petit-Bray ou S.-Anne (xvie s.), Cne de Rillé ; Closerie, Cne de la Riche-extra ; Pdit Sainte-Anne : cette closerie appartenant à l'abbaye de Beaumont-lès-Tours, fut vendue nationalement en 1791 {AtcMv. d'Indre-et-Loire, Biens nationaux) ; poste à Tours. — Isère : S.-Anne d'Estrablin, Cne de Chatonnay. — Jura : " Salins se rendit le 22 juin 1674 et le château Sainte- Anne qu'on tenait pour inaccessible et imprenable fut réduit en peu de jours. " Dom CaJmet, Hist. eccl. et civ. de Lorraine, 4 in-fol., Nancy, 1728, t. m, p. 710. — Loir et Cher. : Vge de l'archevêché de Vendôme. —, Loire : S.-Anne de Luré, archiprêtré de Roanne. — Loire-Inférieure : Ile dans le port de Nantes ; S.-A. de Campbon ; Cne, arrondissement de Saint-Nazaire. — Lot : S.-Anne de Peyrilhac, d'après un compte des décimes pour le diocèse de Cahors [Mélmigcs hist., u, 48) ; S.-Anne de Martel, Haut-Quercy. — Manche : Fort, Cne d'Equeurdreville. — Mayenne : Vge, Cne de Champfremont ; h., Cne de MarcUle-la-Ville ; école, Cne de Ballots ; fermes, Cnes d'Aaron, de Belgeard, de Jublains ; S.-Anne d'Hermet ; rue à Laval. — Meurthe-et-Moselle : S.-Anne-, lès-Nancy ; ferme entre Nancy et Laxon ; cristallerie du département ; ermitage sur une éminence à droite de la Meurthe, à une dcmi-lieue de Lunéville, bâti par un militaire au xviie siècle, et rebâti au xviiiie siècle. On y lit cette inscription
en style lapidaire :
Sub nom. B. Annae Virginis deiparae genitricis hanc sedem adjunctamque cellam a fundamentis instauravit Valentinus Duval, prius in hac eremo armentarius, post in aula Lothar. bibUothecarius, et in Acad. Lunevil. Historiar. et antiquit. Professor publ. grati devotiq. animi monimentum. An. Dn. mdccxxvi. (Durival, t. m, p. 13). — Meuse : Fermes, Cnes de Boinvillc, de Darmont.
Morbihan : Vge S.-Anne d'Auray ; vge, Cne de Buléon ; collège à Pluneret ; école à Salines et moulin à vent ; faubourg et rue à Malestroit ; porte dans la même ville (1497) ; vge, ruisseau, affluent du Roho et moulin à eau sur ce ruisseau, Cne de S.-Dolay ; ruisseau de la Fontaine S.-Anne et moulin sur ce ruisseau, Cne de Surzur ; rue à Hennebont ; ruelle à Lorient ; faubourg de Kerentrech. — Orne : montagne avec chapelle de pèlerinage à 3H lieues d'Alençon ; h., Cne de Tourouvre ; carrefour, partie sur Tourouvre et partie sur Ventrouse. — Paade-Calais : Localités dites de S.-A. dans les Cnes de Beutin, d'Essars, de Fruges (anc. chapelle). — Rhône : S.-Anne de Haute-Rivoire, archiprêtré deCourzieu.— S.-Anne d'Irigny et S.-Anne de Larajasse, archiprêtré de Mornant. — Saône et Loire : S.-Anne de Monteguet, diocèse d'Autun. — Sarthe : rue au Mans. — Seine : Ancien faubourg à Paris ; rue à Paris ; porte (xviie s), au bout de la rue Montorgueil (Sauvai, I) ; ancienne rue en suite delà rue Poissonnier e; pont, aujourd'hui Pont-Royal ; d'abord construit en bois, 1632 ; emporté le 20 février 1684 ; reconstruit en pierre en 1685. " La conduite et l'inspection de l'ouNTage en furent données au Frère François Romain, Dominicain, dont les talents supé-
rieurs surmontèrent tous les obstacles qui s'opposaient à l'exécution. " Jaillot, t. V, p. 67. — Seine et Marne : S.-Anne de Polangis. — Seine-Inférieure : Ftn. près l'église de NoUeval, arr* de Neufchatel. On y faisait la procession et le peuple y venait toute l'année pour les fièvres. — Somme : Faubourg d'Amiens. — Var : S.-Anne d'Evenos ; vge, Cne de Castelet ; — Vaucluse : Avignon, Rocher des Doms avec l'escalier S.-A. — Vienne : En 1682, mention d'un bourg S.-Anne, évêché de Poitiers. — Vosges : Ermitage près de Morvilliers (Durival, in, 13) ; autre sur la paroisse de Rousseux, près Neufchâteau. — Yonne : h., Cne de Villers-Vineux ; château appartenant à l'hôpital de Tonnerre.
Eglises ou paroisses (Compléter avec l'article prédécent)
Bouches-du-Rhone : Marseille, paroisse. Arles, église ancienne ; monument gothique mauresque. — Calvados : Sainte- Anne près Vire. Il en est question dans un manuscrit de la bibliothèque de Caen, n". 308 : Recueil de pièces sur l'histoire du diocèse de Bayeux, fol. 271-4, xi-xviii^. s. L'église actuelle est moderne, sauf quelques restes du xvi» s. Style roman, avec tour sur le transept. — Charente-Inférieure : Parmi les anciennes par. du Gouvern. de la Saintonge : S.-Anne de Loumeau, S.-Anne de Mont-Roy (Amos Barbot, t 1625, Hist. de La Rochelle, ou Arch. hist. de la Saintonge et de l'Aunis). — Côte-d'or : Dijon : égl. construite en 1630 ; rotonde haute de 20 mètres, élégant portail ; devenue prison militaire. — Côtes -du-Nord : Lannion, égl. pèlerinage, av. 1650. — Doubs : Gilley, dioc. de Besançon, av. 1750 (Dunod, Besançon, ii, 501). — Drôme : S.-Anne de Bonlieu, près Valence. — Eiu-e et Loir : Diocèse de Chartres, neuf églises par. : Maisons-en-Beauce, doyenné d'Anneau, La Saucelle, doyenné de BrézoUes, Dammarie en Pincerais, Gassicourt, archidiaconé du Poinsi ; Ouzouer-le-Doyen, archid. de Dunois ; Mulsans, archid. de Blois ; Busloup, archid. de Vendôme ; Sainte- Anne, vge et par. de l'archid. de Vendôme ; Le Gault-au-Perche, doyenné du Perche (D'après un Pouillé du xiiie s.) — Finistère : A l'IIe-de-Batz, dioc. de Quimper, égl. du onzième siècle, devenue S.-Anne. Même patronage pour celles de Comanna, de Kernilis près de Lesneven, de Lanveoc sur la rade de Brest ; Guilvenec, port de pêche près de Penmarch : — Indre-et-Loire : Tours. — L'Hérault : Paroisse et collégiale. — Montpellier. — Loire : Egl. à Montbrizon. — Loire-Inférieure : Nantes, égl. moderne dans le style du xve siècle. A quelque distance, escalier dit "des cent-marches, " et statue par Am. Ménard. Pèlerinage. — Diocèse de Nantes : égl. ou ch. publiques à la ville de Vue, au pays de Retz (de temps immémorial), à Guénouvry, Casson, Campbon (égl. par.), Rohart en Savenay ; à Malville ; au vge de Coursay en Monnières (1644) ; Montbert ; Sainte-Pazanne (S.-Anne de la Préauté, av. 1670). — Lot : Près Rocamadour, S.-A.-de-Martel. — Manche : Briais. — Mayenne : h., Cne de MareUlé-la- Ville : ch. érigée en par. en 1852. — Meurthe-et-Moselle : Etreval, dioc. de Nancy.
Morbihan: S.-A. d'Auray (texte). — La Roche-Bernard (près de — ), xve g. Dons par Anne de Bretagne. — Néant, arr* de Ploërmel, égl. de Saint-Pierre connue aussi dans le pays sous le nom de Sainte-Anne, peut-être en l'honneur de notre Sainte, peut-être, comme on l'a dit, en mémoire d'Anne Toussainte de Volvire
376 LE CULTE DE SAINTE ANNE EN OCCIDENT (il)
du Bois de la Roche, dite la Sainte de Néant, morte en 1694 et dont on voit à l'église le portrait et le tomlx;au. — Rhône : S. -Didier sur llochefort, égl. S.-A. et S.-Didier ; à Lyon, S.-Anne du Sacre-Cœur ; confrérie en 1864.
Seine : Paris : égl. des Théatins, ou S.-Aune-la-Royale, xviie s. (Sauvai, i, 109, 648) ; égl. des Prémontrés en 1618 (Bordier, p. 5ô) ; autre dans le faubourg S.-Anne (Sauvai, i, 109). — S.-Anne de la Maison-Blanche, récente. Dampmart, près Paris, égl. de S.-A. et S.-Médard, xiiie s. (Guérard, Cartul. de N.-D. iv, 455.) — Seine-Inférieure : Anglesqueville, arr d'Yvetot. Plan en croix. Le clocher, entre chœur et nef, est une tour carrée du xiiic siècle. Le chœur a conservé une fenêtre du temps de saint Louis. Dalles et inscriptions tumulaires des xiiiexive siècles (Cochet, 521). — Bénouville-sur Mer, arrond*. du Havre. L'église, sous le vocable de sainte Anne, est en grande partie romane du xie siècle. Elle se terminait par une abside de ce temps. Remaniée sous Louis XV et très mutilée de nos jours. — Beuzeville-la-Guérard, arr' d'Yvetot. Egl. autrefois dédiée à S.-A., aujourd'hui ù Notre-Dame. Nef romane du xie siècle. Le clocher sur le portail est de 1700 (Cochet, col. 527). — La Pommeraye, arrt de Rouen, égl. démolie au comm. du xixe s. (Cochet, 276). — Le Havre, par. — Le Mesnilsous-Lillebonne, arrt du Hâ\Te. Possède des traces du xiie siècle, refaite au xvie s. (Cochet, col. 136). — Mélamare, arr* du Havre. L'église dédiée à S.-A. et à saint Jacques, garde dans la nef des traces du xiie siècle (Cochet, col. 136). — Raffetot, arrt du Havre. Entre le chœur et la nef, clocher du xiiie siècle. Le chœur est une élégante construction en pierre du xvie siècle. (Cochet, col. 95). — Ymare, arrt de Rouen, égl. dédiée à Saint-Aubin et à S.-A. N'est pas antérieure au xviie siècle (Cochet, col. 271).
Somme : Amiens, rue Wulfran, construction moderne de vastes dimensions, dans le style néo-roman. Les deux tours de la façade principale que devaient couronner deux flèches sont restées inachevées. Diocèse : une paroisse sous le nom de S. A. (Varin, Archives admin. de la v. de Reims, 3 in-4, Paris, t. ii, p. 1033). — Tarn : Ginestières, arrt d'Albi ; Vabre, arrt de Castres. — Var : Il est question d'un fort S.-A. à Toulon dans l'histoire du siège de cette ville en 1707 {Rev. hist. de Provence, 1901, p. 416). — Vaucluse : Avignon, av. 1724 (Blaeu, Nov. Italiœ heairum, t. ii, planche d'Avignon).
Chapelles de pèlerinages, chapelles publiques {Hors des églises)
Ain : S.-Anne de la Prairie, près Belleydoux, diocèse de Belley. — En Ardenne, entre Stonmont et la Gleize, chapelle ancienne, refaite au xviie s. — Aube : autre ch. ancienne à Cunfin, fondée en 1076 par Simon de Valois, comte de Bar-sur-Aube, démolie, puis reconstruite en 1837 (Tynturié, Notice sur Cunfin, Langres, 1855) ; ch. anc. dépendant de Tremblay, Cne d'Avant-lcs-Marcilly ; capella xviie s. (Fouillé) ; ch. xviiie s. (Courtalon, Topogr. hist. du dioc. de Troyes, 1784, t. m, p. 187) ; ch. xviiio s. {Carte de Cnssini) ; ch. détniito, Cne de Landreville appartenant aux religieux de Pothières ; autre, ihid., xixe s. " Il y avait dans le fînage de Landreville une chapelle dédiée à sainte Anne, appartenant aux religieux réformées de Pothières où il ne se faisait plus aucun service. I^e revenu de cette ch. consistait en un moulin et quelques pièces de terre. " (Lucien Contant, Not.
SUPPLÉMENT k LA FRANCE EN GÉNÉRAL, TOPOGRAPHIE 377
hist. sur Landreville, Troyes, 1856, p. 212). Autre ch., Cne de Riceys, auj. détruite.
— Cantal : Rocher surmonté d'un oratoire, Cne de Marchastel ; ch., Cne de Moussage, auj. transformée en remise ; ch. détruite, Cne de Vebret, vge de Verchalles-Soutro ; ch. en ruines au vge de Pont-de-Léry, Cne de Vieillespesse, xive s. (Pouillé de S. Flour) ; ch. à l'cgl. S.-Odilon de S.-Flour. — Calvados : Sancta Anna, ch. de Robert de Courcy pour l'abbaye de Marmoutiers (Matton). — Côtes du-Nord : S.-Anne du Houlin, près S.-Brieuc ; ch. de pèlerinage à Dinan.
— Doubs : Besançon, ch. franciscaine. — Drôme : ch. dans Cne de Garde-Adhémar; ch. ruinées dans les Cnes de Ballons et de S.-Ferréol. — Eure : Ane. ch. relevant de la Croix-Saint-Leufroi à la chapelle du Bois-des-Faux, h. de Bromesnil ; autre à Ferrières- Saint- Hilaire ; ch. du château de Nonancourt détruit sous Charles VII ; ch. séparée du bâtiment au manoir du Val au Theillement (1717) ; S.-Anne-des-Ifs, ch. gothique à la Haye-de-Routôt (1860). — Eure et Loire : aux confins de la forêt du Perche, du côté de Chartres, ch. construite au xive siècle, détruite en 1810, et remplacée depuis par une modeste construction. (A. Gouverneur, Essais hist. sur le Perche, in-8, 1882, p. 252). Ch. à Dangeau, canton de Brou, xve s. (Longnon, Pouillé de la Prov. de Sens, p. 204). — Finistère : Daoulas, environs de Brest, ch. du xvie s. avec joli portail. Autres à Botsorhel, Carhaix, EUiant, Erqué-Armel, Fouesnant, Kernevès, Lampaul-Guimiliau, Moëlan, Plounéis, Plougerneau, Saint-Frégeant, Sainte-Anne du Portzic en Saint-Pierre Quilbignon. Sainte- Anne La Palue. La tradition du paj's rapporte que ce dernier sanctuaire fut fondé au ve siècle par le roi Grallon et saint Guénolé. La chapelle actuelle (1865), plus à l'intérieur des terres, a succédé à une autre dont plusieurs éléments indiquaient le style du xiiie s. (J.-M. Abgrall, Mon. du culte de S. Anne au dioc. de Quimper, dans Revue de Bretagne, mars 1902, p. 161-175). Le " Pardon de S.-Anne du Fouesnant " est le sujet d'un magnifique tableau d'Alfred Guillon, longtemps sinon encore exposé au musée du Luxembourg. — Haut-Rhin : ch. anc. à Colmar, 1363 ; autres dans Cnes de Radersheim, Soultz, Sigolsheim. — Haute-Savoie : ch. détruite à Marin, dioc. de Chablais. — Hautes-Alpes, ch. dans Cnes de Ceillac, Gap, Mont-Genèvre, Monétier-de Briançon, des Orres ; Capella S. Annœ et Jacobi, 1516 (Bibl. Nat., ms. lat. 12730, p. 1331). —Marne : Reims, 4 chapelles du xiiie s. dont l'une fondée en 1230 hors de la porte de Fléchambaut était anciennement une léproserie pour les femmes. Elle fut détruite vers 1750. Il y avait autrefois une croix à l'endroit où se trouvait la chapelle, et il existe encore dans le faubourg une auberge qui a retenu le nom de sainte Anne. (P. Varin, Archiv. adm.de Reims, i, ccLXXii et 13, ii, 1049 et 1123 ; Géruzez ; Descript. hist. et stat. de la ville de Reims, 2 in-8, Paris 1817, t. i, p. 220). — lUe-et-VUaine : Sainte-Anne de la Bosserie à Ramagné. A Rennes, sur la place S.-Anne, joUe chap. du xvie s. — Indre-et-Loire : D'après Mémoires de la Soc. archéol. de Touraine, t. xxvii (1878), ch. desservie par celle du Pont-à-Chinon ; le dernier chapelain en fut Joseph-Philippe-François Le-Breton. — La chapelle de S.-Anne située près du bourg de Neuville, fut vendue au profit de la nation en l'an vi. L'acte de vente indique qu'elle avait des proportions fort modestes : huit pieds carrés. {Arch. d'Indre-et-Loire. Biens nationaux). — Isère: ch. à La Balme, et à Buissière, toutes deux antérieures à 1497 (Marion, 315, 381). — Jura : à Poligny, et à Conliège près Lous-le-Saulnier, 1658 (Dunod de Chamage, II, 427). — Lot : Roc-Amadour. Près du sanctuaire de la Vierge déjà célèbre au viiie s., Paul Lacroix place, dès cette époque, une chapelle S.-Anne (Vie milit.
378 LE CULTE DE SAINTE ANNE EN OCCIDENT (il)
et relig. au M. Age, p. 435), chapelle aujourd'hui ruinée. — Marne : A Bayon, bailliage de Rosières, ch. fondée par .\nne de Neufchatcl (Durival, Lorraine cl Barrais, n, 106). — Ch. ruinées à Commeroy et Vaucouleurs. — Meuse : ch. dans l'abbaye de S,-Venne, à Verdun contenant " figure de S. Anne d'un prix inestimable" (Martène, Voyage litt., t. i, 2e part. p. 96). Ch. Cne de Neuville en Verdunois.
MorVnhan : ohaïK-lle ancienne de S.-Anne d'Auray ; ch. et rue à Ploemeur : ch.-ftn. dite " Vieille Fontaine de S.-Anne et ruisseau de Fontaine S.-Anne, "affluent du Scorflf, Cne de Plouay ; ch. isolée, dite aussi " Le Cloître " , Cne de Pluméliau. Restes de vitraux ; 23 m. par 7 m. env. dans œuvre (Rozensweig, col. 166). Ch. à Morréac et Buléon, arr» de Ploermel ; i\ S.-Dolay, arr* de Vannes ; à S.- Nicola.s-des-Eaux, environs de Vannes, xvie s). A Pluneret, ch. bâtie au xviie siècle, sur l'emplacement d'une autre très ancienne également dédiée à S.-A., et célèbre par les nombreux pèlerins qui la visitent encore de tous les points de la Breta.gne.
Nièvre : ch. détniites dans les Cnes de Chasnay et de Perroy. — Orne : A 500 mètres environ de l'église paroissiale et du château de la Ventrouse, partie sur cette paroisse et partie sur celle de Tamoure, hameau avec chapelle de pèlerinage, célèbre au xvii» s., démolie en 1789, reconstruite au dernier siècle et très fréquentée surtout en juillet. — Pas-de-Calais : anc. ch. dans Cnes de Fruges et de Rougefay (carte de Cassini). — Seine : Paris : ch. et hospice, près de N.-Dame, fondés par Marguerite de Provence (tradition) ; ch. dans le faubourg Poissonnière avant 1656 ; n'existe plus (St-Victor, m, 51) ; ch. SS.-Michel-et-Anne à S.-Jean-en Grève, en 1534 {Cart. de N.-D , iv, 447).— Seine-et-Oise : ch. à Montfort-l'Amaurj-, xve s. (Longnon, Fouillé de la Pronnce de Sens, p. 204). — Seine-Inférieure : Harfleur, ch. dans le cimetière en 1518, détruite en 1855 (Cochet, 144) ; VaUiquerviUe, ch. dans le domaine seigneurial, existait au xvie s., aujourd'hui disparue comme le manoir (Cochet, 559) ; Alvimare, ch. fondée en 1518, d'abord dédiée à sainte Barbe. (Cochet 514) ; ch. détruite à Caudebec-en-Caux, près de la Plance des Planquettes (Cochet, 492). Au ham. de La Fontaine, près S.-Pierre de Varengeville, arrt de Rouen, ch. ancienne à restauration moderne. — Vaucluse : Apt., ch. en hors-d'œuvre sur la cathédrale, construite par Mansard, avec peintures du Parrocel et de Mignard. — Avignon, ch. construite en 1364, par testament de Hughes de Sades {Archives d' Apt). —Yedène: " Per santo Ano de Vedeno! "(Aubanel,La Miouçrano, p. 151).— Yonne : ch. Cne de Venay ; autre, Cne de ViUers-Vineux, détruite en 1792.
Autels ou chapelles d'église».
Abbeville : S.-Vulfran. — Angers : S.-Laud et cathédrale : " En 1466, Hugues Fresneau faisait élever dans la cathédr. d'Angers la chapelle latérale de gauche dédiée à S.-A. InverU. des mon. rdig., Province, 5, 20. — Avignon : dans l'égl. des Frères Mineurs, ch. fondée par Hugues de Sades en 1364 (Legrand, p. 154). Aussi à Saint-Pierre. — Bellesme, Orne, S.-Sauveur. — Besançon : S.-Jean-Baptiste (av. 1660). Diocèse (av. 1750) : Arc-sous-Montenot, Bétoncourt-les-Ménétriers, Bizot, Bonay, Boussières-sur-l'Ognon, Buthier, Chaux, Fontaine près Rougemont, Gésier, l'Etoile, Montgeroye, Pessans, Pourentru, Remoray, Saint- Feijeux, Saint-Julien, Soye (Dunod de Charnage, Hist. de l'Egl. de Besançon,
SUPPLÉMENT X LA FRANCE EN GÉNÉRAL, TOPOGRAPHIE 37t)
397-499). — Bordeaux, cathéd. (Didron, Annales, t. xxiv). — Bourges, cathéd., ch. fondée en 1531-2 aux frais de Pierre Tuilier. — Carcassonne: égl. des Prêcheur» en 1308 (De Wailly, Hisl. des GauleSj xxi, 744); cgi. des Capucins, au xviie s.
— ChâlonS'Sur-Marne, Notre-Dame. — Châlons-sur-Saône, S.-Vincent. — Chartres, Notre-Dame. — Clisson, Notre-Dame et S. -Philibert. — Complègne, S. -Jacques.
— Corneville près de Rouen, église de l'abbaye, av. 1739 : " A l'autel ;de Sainte-Ajine que le tableau est à nétoyer, la menuiserie à repeindre, et les ornements et moulm'es à remettre en couleur d'or, ce que nous estimons à la somme de 30 1. " (Procès-verbal de visite de Vahhaye de Corneville et de ses dépendances, au diocèse de Rouen, en 17S9. Cité par la Revue de l'art chrét., 1890, p. 5).
— Couches, près Lagny, égl. paroiss. — Dijon : cathédrale. — Embi-un, Notre- Dame. — Grenoble, égl. par., av. 1497 (Marion, 323). — Le Mans, chez les Dominicains, d'après une chronique de 1(392. — Le Plâtre ou Chcvallon, dioc. de Grenoble, égl. S.-Vincent, av. 1497 (Marion, 342). — LePuy, Notre-Dame. — Lorris, Notre-Dame. • — Lyon, S.-Nizier et N.-D. de Fourvières. — Moirans, Isère,, égl. S. -Pierre, av. 1497 (Marion, 337). — Montargis, 8.-Madeleine.=— Moulins,cathédrale. — Mouzillon, dioc. de Nantes. — Myans, en hors-d'œuvre sur N.-D.
— Paris : anc. égl. des Billettes ; Immaculée-Conception ; Notre-Dame, xiiie s. ; Notre-Dame des Blancs-Manteaux ; N.-D. des Victoires ; Sacré-Cœur de Montmartre ; Ste-Croix {Rev. archéol., 1846) ; S.-Etienne-du-Mont, av. lexviie s. ; S.-Eustache, 1342 {Rev. archéol, 1854, 710) ; S.-Germain-des-Prés ; SS.-Gervaiset-Protais ; S.-Jacques-de-la-Boucherie ; S.-Leu ; S.-Médard ; S.-Merry ; S.-Sulpice ; Val de Grâce( mention en 1666 dans les comptes des Bâtiments du Roi). Diocèse de Paris : chapellenies dans l'église SS. Œgidius et Loup, et dans la chapelle SS.-Michel-et-Denis (1534), d'après un Pouillé du Diocèse de Paris, dans le Cariulaire de N.-D., iv, 447. — Pont-en-Royans, égl. S.-Pierre, av. 1497 (Marion, 360). — Presles, Isère, égl. de la B. Marie. — Rennes, égl. S.-Germain, avec statue par Gourdel. — Roc-Amadour, égl. S.-Sauveur. — Rouen : cathédr. av. 1464 (d'après un extrait des comptes de cette église, relatifs à une verrière). Dans cette chapelle sont les restes de Guillaimie Longue-Epée, fils et successeur de Rollon, assassiné dans une île de la Somme, par ordre d'Arnould, comte de Flandres. — Sainte-Savine, près Troyes, égl. par., 1628 (Didron, Annales, xxin).
— Sens : S. -Etienne. — Seyne, Basses-Alpes, Notre-Dame. • — Toulouse : S.- Etienne : autel remarquable par quelques tableaux de peintres Toulousains. — Troyes, S.-Martin-ès-Vignes. — Val S.-Etienne.
Communautés religieuses.
Auray : Carmes, av. 1650. — Besançon : Franciscains. — Chambéry. — Bos- Berville, près Nancy, Chartreux, 1632 (Durival, ii, 54); Carmes, en 1639 (BoUand., t. LUI, Vita S. Teresiœ). — Clichy-la-Garenne : Dominicaines de S.-Anne. — Issy, Paris : Abbaye royale de S.-A. ou maison des champs du collège Louis-le-Grand, fondé en 1637 ; d'abord aux Jésuites, ensuite aux Bénédictines. " Ce fut d'abord un prieuré que commença à bâtir dans la ville de Magny Louise Charreton, religieuse de l'abbaye d'Arcisses, mais dès l'an 1645, ce prieuré fut transporté au bourg d'Issy près Paris. Le pape Alexandre VII, à la demande de Louis XIV, érigea ce nouveau prieuré en abbaye par une bulle du mois d'octobre 1657 (Gallia christ., VIII, 631). En 1751, l'archevêque de Paris décréta l'extinction du monas-
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tère. . .ensuite occupé par les prêtres de S. François de Sales {Mem. de la Soc. de l'Hist. de Paris, xiii, 17, 21, 24, 44). — Lézignan : Franciscains. — Orléans : Carmes en 1647 (Boll., S. Teres.). — Paris : Grands-Augustins, ou S.-Anne-1& Royale, 1640 (Sauvai, i, 618,655 ; Jaillot, iv, 220). Couvent et eh. des Théatina, 1648 (Helyot, iv, 90). A côté de S.-Roch, communauté de femmes, 1686, (Sauvai, I, 653 et Saint-Victor Tableau, ii, 112). Rue de la Lune, Filles dé l'Union chrétienne, jusqu'à la Révolution (Saint-Victor, m, 29). — Saint-Quentin : Béguinage de S.-A. — Strasbourg, couvent de Johannites, antérieur à 1509.
Hôpitarix, Refuges.
Bayon, près de Rosières, Lorraine, hôp. très ancien (Durival, ii, 106). — Dijon : h. fondé en 1645 par Pierre Odebert, président au Parlement de cette ville. — Fécamp (près de — ), hôp. S. -Antoine et S.-A., fondation qui remonte à 1150 ; chapelle renouvelée en 1701, et remplacée en 1750 par une construction en style roman.— Floriacum : hosp., mon. et ch. fondés en 675 (Texte). — Marseille : orphelinat.— Paris: Hosp. fondé par Marguerite de Provence (tradition). Hôp. bâti en 1652 par Anne d'Autriche, au bout du faubourg St-Marcel ; actuellement Hospice Cabanis (Sauvai, i, 525 ; Hist. gén. de Paris, Reg. du Bureau de la ville. IX, 574, note). Clichy, refuge pour les repenties, fondé en 1854.
Ancienneté du culte: liturgie, chapelles etc. — Art. — Le Carmel: saiiUe Thérèse, R. Mère Anne de SaiiUrAugustin ; co%wents. — Œuvres littéraires.— Supplément.
Une légende rapporte que saint François d'Assise, entendant un jour célébrer la piété profonde de l'Espagne, demanda vers quel point de l'horizon ce pays était situé, et que, se tournant vers l'Occident, il traça dans l'espace un large signe de croix. On pourra écrire de nos jours que " l'histoire de l'Espagne, n'est dans son fond, que l'histoire d'une médiocrité ; " il lui restera toujours la bénédiction du Patriarche et aussi des personnages comme Théodose le Grand, Sénèque et Osius de Cordoue, saint Damase, saint Ildephonse, saint Julien de Tolède, saint Isidore de Séville, saint Dominique, saint Ignace de Loyola, la séraphique sainte Thérèse. Daigne la Providence donner un peu à tous les pays de ces médiocrités-là !
A quelle date plus ou moins reculée la " piété " espagnole s'est-elle tournée vers notre Sainte ? Que vaut au juste l'affirmation du Martyrologe de Tamayo faisant remonter la célébration de la fête de sainte Anne en Espagne au temps des Wizigoths, période, il est vrai, de trois siècles, allant du cinquième au huitième ? Que vaut également cette autre, à savoir que la même fête existait déjà dans l'ancienne liturgie mozarabique ? On la trouve, il est vrai encore, dans le Breviarium Gothico-Hispanum publié en 1502 par le cardinal de Ximénès, mais elle y est comme " fête ajoutée, " sans que l'on dise la date de l'addition.
On peut croire cependant qu'elle datait de loin, comme d'ailleurs dans la liturgie espagnole elle-même. Quand Jacques II d'Aragon, en 1344, énumère les fêtes qui sont d'obligation dans son royaume, il nomme la fête de sainte Anne, non comme nouvellement instituée par lui, mais comme existant déjà. Depuis quand ? Il ne le dit pas, mais nous prenons appui de ce fait pomdonner quelque latitude à notre goût des dates anciennes, et reculer quelque peu dans le passé son établissement'. Il va de soi qu'on la rencontre en plusieurs bréviaires manuscrits ou imprimés des xv^ -xvi^ siècles, notamment en ceux de Valladolid, Séville, Calahorra, Uclès(?), Compostelle, Orense, etc.
Au reste, d'après des renseignements recueillis sur place, l'église SanUi- Ana de Barcelone, fondée en 1146 par Guillaume II et bâtie, dit-on, sur le modèle du Saint-Sépulcre de Jérusalem, aurait dès l'origine porté ce vocable. C'était d'abord un édifice central avec quatre bras rectangulaires et voûtes en berceau. Le bras ouest fut ensuite agrandi par une annexe gothique avec deux voûtes en arêtes. Dans un axe oblique au côté ouest de l'église, se trouve un cloître gothique à deux étages, avec une salle capitulaire, du xive siècle. A côté, une nouvelle église grandiose était en construction à l'époque de notre visite (1907).
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Rappelons encore quelques faits anciens. Dans le premier quart du xiii* siècle, Rodrigo Xiinénès, archevêque de Tolède, dédie à la Sainte une chal^elle dans sa cathédrale {M. -A., p. 653). — En 1240, d'après un passage de VEspayia sagrada de Florez, la petite ville de Tiene Martos possède une paroisse sous son nom. Plus tard, avant l'an 1280, Alphonse X (le Sage) construit à Séville, dans le faubourd Triana, une petite église de même titulaire*, dans un mélange de style gothique et mudéjar. Quinze tableaux de Pedro Campana (1548) en décorent aujourd'hui le maître-autel.
En 1284, Guillen Bernaldes de Fluvio, évêque de Lérida, permet au doyen de son chapitre d'élever un tombeau en sa cathédrale, " près de l'autel de Sainte-Anne, " et consacre lui-même l'autel de Saint- Vincent placé dans la chapelle de la Sainte*.
Si ces faits ne sont pas controuvés, il est donc évident que, au moins au treizième siècle, sinon plus tôt encore, notre Sainte était en Espagne l'objet d'un culte spécial.
Au xiv« appartient peut-être l'ermitage Sainte-Anne du Montserrat déjà mentionné plus haut. Plus sûrement en 1365, à Saint-Thomas de Valence, existe un autel de la Sainte, dont notre saint Vincent Ferrier est le bénéficier *.
Pour la fin du siècle ou les premières années du xv^, notre Bvilaire signale un couvent de Sainte-Anne à Barcelone, probablement un couvent de notre Ordre».
Le Père Diago écrit dans son " Histoire de la Province dominicaine d'Aragon : " " Autour de l'année 1410, dona Carroca de Villaracut, seigneuresse du village d'Albayda, éleva non loin du chemin d'Alicante une chapelle sous l'invocation de sainte Anne et de saint Antoine. Tout le pays entretenait une grande dévotion envers cette Sainte, comme en fait foi l'évoque Hugo de Valence dans une lettre patente d'indulgences publiée le 14 octobre 1411. Dans la suite, par les mérites de sainte Anne et de saint Antoine, Dieu opéra en ce lieu plusieurs miracles, comme le déclare don Louis de Milan, Cardinal des " Quatre Couronnés, " évêque de Lérida, et seigneur du village et baronie d'Albayda, dans une autre patente d'indulgences accordée par lui le 14 août 1473. Le 26 avril 1538, le comte d'Albayda, Christoval de Milan et d'Aragon, donna cette chapelle au couvent de notre Ordre, frère Juan Myco étant Provincial*. "
La chapelle Sainte-Anne de la cathédrale de Burgos fut fondée en 1474 par don Luis de Osario y Acuna. " Aux yeux du voyageur qui parcourt la merveilleuse cathédrale, écrit don Patricio, la simplicité gracieuse et la sobriété d'ornements qui caractérise cette chapelle lui donne cet aspect de calme reUgieux qui convient tant aux temples chrétiens ^ " L'autel, en bois sculpté et le retable magnifique, richement peint et doré, représentant la " Tige de Jcssé, " est de Diego de Siloé (t 1563), l'architecte le plus renommé de la première renaissance espagnole, et l'un des artistes les plus ingénieux de ta sculpture décorative.
I^ chapelle du même nom à la cathédrale de Séville contient un autel de
l'ancien édifice avec quatorze tableaux et une image de la Sainte datant des premières années du xv« siècle.
A Tolède, où nous revenons un instant, la vieille chapelle du xiii« siècle est restaurée en 1550 par le chanoine don Juan de Mariana, et l'on y voit encore aujourd'hui, sur le mur du midi, un retable de bon goût, orné de quatre colonnes ioniques historiées et gracieusement enguirlandées de festons sculptés. Au centre, un haut-relief représente sainte Anne avec la Vierge et l'Enfant-Jésus, ouvrage doublement remarquable par sa fine exécution et son ancienneté*. La cathédrale possède encore d'autres souvenirs de sa vieille dévotion : dans la chapelle de la Conception, un tableau a pour sujet les Epousailles de saint Joachim et de sainte Anne. Dans la chapelle de la Vierge del Sagrario, deux autres tableaux représentent la Conception et la Naissance de Marie ; dans le cloître, près de la porte dite "de la Présentation, " un superbe médaillon reproduit cette même scène de l'enfance de la Sainte Vierge ; dans la salle capitulaire, on retrouve de nouveau la Conception et la Naissance *.
Ce que nous disons de la cathédrale, il faut le dire également des autres églises, et de la ville en général. Par exemple le sujet des Epousailles se répète à l'église Saint-Jean de la Pénitence et à l'hôpital de Santa Cruz. A la Madeleine et dans le monastère cistercien de la Conception, c'est la Naissance de la Vierge ; au musée Provincial, une Sainte Anne avec la Vierge, œuvre qu'on dit charmante de simplicité '".
L'historiographe qui nous fournit ces détails mentionne aussi pour Tolède im couvent de Sainte-Anne fondé par dona Leonor Urraca, " une fenune très riche qui devint reine d'Aragon"."
La confiance en la Sainte s'affirme surtout dans les temps de calamités pubUques, comme en 1523, par exemple, à Saragosse, où la peste vient d'éclater. La ville alors s'engage à célébrer sa fête à perpétuité dans l'égUse Notre-Dame del PUar, laquelle possède une de ses reliques les plus insignes '-.
C'est une preuve que la dévotion existe, mais vers le milieu du seizième siècle elle va prendre dans la catholique Espagne un essor prodigieux. Nous avons déjà nommé la Mère Anne de Saint- Augustin, la " fille chérie " de sainte Thérèse et " la prunelle de ses yeux, " la fille également chérie de sainte Anne. Plus que toutes ses compagnes, pourtant si dévotes à la Sainte, plus que les •orateurs les plus éloquents de son Ordre, elle popularisa dans tout le royaume le culte qui lui était si cher, et des grâces extraordinaires donnant une pleine autorité à ses paroles et à ses exemples, les masses furent entraînées.
Sainte Thérèse disait, à propos du modeste ermitage Sainte-Anne, qui lui servait de couvent à Villanova de la Xara : " Notre-Seigneur, dans sa souveraine bonté, saura bien prendre sous sa protection la demeure de Celle qui a •donné le jour à sa glorieuse Mère. "
Les prévisions et les souhaits de la Sainte réformatrice furent plemement réaUsés. Thomas de Saint-Cyrille, dans sa Mater honorificata, les BoUandistes <et en ces derniers temps le P. Mermillod, ont raconté au long le développe-
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ment merveilleux, miraculeux même de cette fondation. Nous allons à notre tour résumer le récit que la Mère Anne de Saint-Augustin en a fait sur l'ordre de ses supérieurs :
" Je me sentais prise d'une \Taie affection de cœur envers sainte Anne, mère de la mère de Dieu, dont je porte indignement le nom. Or notre ermitage de Villanova qui était sous le vocable et la protection de cette Sainte, n'avait cependant ni image, ni statue propre à désigner et à faire honorer la patronne de ce lieu. Ce fut pour nous un vif chagrin, une profonde amertume. Un jour, pendant mon oraison, comme je ressentais plus vivement cette peine, je cru.'i voir ime statue de la Sainte fort belle et d'un travail achevé, qu'on s'apprêtait quelque part à nous envoyer. En même temps, me semblait-il, je remplissais l'ofl&ce de portière, ou, comme l'on dit, de tourière, et je recevais cette image, en tout semblable à celle que j'avais vue dans mon oraison. Tout ceci me remplit d'une ineffable consolation.
" Le jour fortuné où nous reçûmes ce dépôt sacré, nous étions toutes à la récréation du soir, et au milieu de doux et mutuels épanchements, nous nous entretenions de sa prochaine arrivée, tant nous étions certaines de son envoi. Pendant que cette douce attente et ces saints désirs nous tenaient comme en suspens, ô merveille ! voici qu'une colombe d'une admirable blancheur paraît tout à coup; elle vole ça et là; elle semble, par le gai battement de ses ailes,, manifester sa joie, puis elle disparaît sans avoir été vue de mes sœurs. Alors, me retournant, je vis la Reine du ciel, et je l'entendis m'adresser avec un sourire bienveillant ces aimables paroles : " Va vite, ouvre à ma mère, elle demande à entrer. "
— " Aussitôt, sans perdre un instant, je cours à la porte avec deux de mes sœurs. Au moment où nous y arrivions, un homme venait d'y déposer la statue de la glorieuse sainte Anne, emballée avec beaucoup de soin. Interrogé de la part de qui il se présentait, cet étranger ne sut ou ne voulut nous répondre autre chose, sinon que cette caisse était à destination du couvent.
" Plus d'une fois, daas la suite, ma bonne Mère s'est montrée remplie de sollicitude pour nos besoins, parcourant minutieusement le monastère avec la sainte préoccupation d'une autre Marthe. Mais son assistance a été remarquable surtout en ce cjui concerne la restauration de notre église, pauvrement dotée et dépourvue du mobilier nécessaire. Son délabrement était tel qu'elle menaçait ruine : la Sainte l'a relevée pour nous.
" Un jour que, à cause de notre pénuiie d'argent je n'osais même pas penser à une réparation, j'entendis .soudain une voix ciui disait : " Anne, où est ma maison ? " Il me .semblait que ces paroles venaient du ciel: l'instinct de mon cœur me fit reconnaître ma bénie patronne, dont la voix gracieuse me demandait une église en ce lieu sous son patronage. Toutefois, j'hésitais encore à prendre un parti en une affaire d'une telle importance. Peu de jours après, la même demande me fut faite : "Anne, où est ma mai.son ? " Pas plus qu'auparavant, je ne pouvais me méprendre sur les intentions de ma céleste visiteuse, et néanmoins, à cause sans doute de notre extrême pau\Tet^, je ne songeai pas sérieusement à
exécuter cette entreprise. Enfin une troisième fois, et la veille même de la fête de mon père saint Augustin, ayant entendu les mêmes paroles, et persuadée que je ne devais plus retarder l'exécution d'im ordre parti de si haut, je résolus, avec une entière confiance, de mettre sur-le-champ la main à l'œuvre. Dès le lendemain, jour consacré à mon bienheureux Père, sans m'inquiéter davantage de notre dénuement de toute chose, dénuement si absolu qu'il ne nous restait pas même une seule pièce de monnaie, je commençai la démolition de quelques masures qui encombraient l'emplacement de la future église. Pendant ce travail préparatoire, je me reposai entièrement de tout soin et de toute sollicitude sur celle qui m'ordonnait cette construction, et l'événement ne tarda pas à prouver sa maternelle et suave providence ...
" Pendant que je chantais l'office divin avec mes sœurs, latourière vintm'appeler de la part d'une personne qui m'apportait une aumône de deux cents réaux... Ce premier secours m'aida quelque temps à payer les ouvriers, mais en s'épuisant, il me laissa dans une cruelle angoisse sur le moyen de faire face à de nouvelles dépenses. Retirée donc au fond de notre oratoire pendant toute une nuit, triste et désolée, je me prosternai devant la statue de la Sainte, lui disant ma plainte avec une filiale simplicité, la priant de pourvoir elle-même, suivant son bon plaisir, aux frais d'un édifice commencé par ses ordres, si toutefois elle en voulait l'achèvement.
" Tout à coup, ô prodige ! je vois la statue s'approcher peu à peu de moi, se revêtir d'une splendeur inaccoutumée et m'exprimer sa joie de trouver en moi une si pleine confiance. Surprise et inquiète, redoutant une illusion de l'enfer, je saisis bien vite la croix de mon rosaire, et, demandant à ma mère pardon de ma témérité, j'ose solliciter une preuve de la réalité de sa présence. Je lui tends à vénérer l'image de notre salut, la croix sur laquelle Jésus, fils de Marie, a été cloué. Aussitôt, elle se prosterne humblement, et la baise avec la plus tendre dévotion. Alors, inondée moi-même de consolations, je tombe à ses pieds, et je reçois ses doux encouragements : " Continue, ma fille, l'œuvre commencée, ne prends plus souci du reste de la dépense, mais aie confiance. " En prononçant ces mots, elle disparaît laissant devant moi une somme de trois cents ducats. "
La Mère Anne de Samt-Augustin raconte ensuite les épreuves et contrariétés qui viennent traverser son entreprise, les " prestiges du démon, "l'incendie qu'il allume au nouvel édifice, les épouvantes qu'il sème dans la communauté par de soudains et horribles fracas.
" Cependant, dit-elle, le travail avançait de jour en jour et il était presque terminé. Pendant toute sa durée, je vis constamment ma glorieuse Mère visiter les constructions dans le plus grand détail, exciter l'ardeur des ouvriers, encourager les timides qui redoutaient les tâches périlleuses, protéger ceux qui s'exposaient à quelque danger, enfin les assister tous, leur ménager les forces de l'âme et du corps, et alléger leur tâche. Quant à moi, s'il m'arrivait de ne pouvoir payer les salaires, si quelque chose d'imprévu venait arrêter les travaux, sûre de recevoir à point nommé ce qui m'était nécessaire, j'avais recours à ma puis-
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santé patronne, et je puisais, selon mon désir, dans ses trésors intarissables. "
Et la Mère continue de raconter ses alternatives de disette et d'abondance. Elle n'a plus d'argent : elle en emprunte, sainte Anne le lui rend, et de plus y ajoute, tel jour, " mille ducats, une chaîne en or avec une magnifique médaille, " tel autre jour, encore mille ducats avec " m\ beau calice ciselé, " et ainsi jusqu'à l'achèvement de l'église.
Enfin, le jour de l'inauguration est venu. " On organisa, dit la Mère, une procession solennelle, dans laquelle, outre le Dieu trois fois saint, on porta avec une grande pompe l'image de son Aïeule. A son entrée dans la nouvelle ^lise, cette statue me sembla prendre des traits animés ; je vis ses joues se couvrir d'un vif incarnat, ses veines se gonfler d'un sang plein de vie. Dans cetce gracieuse transformation, on l'aurait prise pour une i^ersonne \ivante, tant suave était le sourire de ses lèvres, tant aimable la joie sainte dont son visage resplendissait. Des groupes d'anges faisaient entendre autour d'elle de pieux applaudissements. Sa très sainte Fille et l'Enfant-Jésus, relevaient par leur présence le pompe de son cortège et l'accompagnèrent jusqu'à l'autel qui lui était dédié. Arrivée là, elle daigna encore, avec son affabilité maternelle, me remercier vivement de mes faibles .services. De mon côté, sai-sissant l'occasion qui m'était offerte, je lui demandai avec ardeur, comme récompense du peu que j'avais pu faire, d'obtenir de son petit Jésus pour le peuple présent à cette fête une bénédiction spéciale, la grâce de vivre chrétiennement et de parvenir à la gloire étemelle. Par son aimable sourire, elle me fit assez comprendre combien ma demande lui était agréable, et sans retard étendant sa droite, en môme temps cjue l'Enfant-Jésus, elle bénit toute cette multitude et m'inonda moi-même <les joies spirituelles- les plus intimes et les plus pures.
" Après ces événements, je fus saisie et torturée dans tous mes membres de douleurs très aiguës qui mirent ma vie en danger. Désespérant des resssources de l'art, dont les prescriptions avaient aggravé mon mal, je me tournai suppliante vers mon céleste médecin, Anne, ma Mère glorieuse, et je la priai de me secourir dans cette irrémédiable infirmité. Elle ne se fit pas attendre : de l'air le plus caressant, appliquant sa main bénie sur moi, elle fit cesser tout d'un coup tout sentiment de douleur. Ainsi je fus parfaitement guérie, et mon esprit se trouva rempli des plus suaves consolations". "
On devine l'effet que produisit, d'abord dans le Carmel réformé, et ensuite dans toute l'Espagne et le Portugal, la révélation de ces grâces extraordinaires. Il est évident, à parcourir l'histoire des nouvelles fondations, que sainte Anne est devenue, si elle ne l'était déjà, la patronne favorite de l'Ordre. Sans compter les couvents de Médine et de Villanova (lui lui appartiennent déjà, Madrid en 1586, Pami)elune en 1087, Cordoue en lâSO, Tuy, Valera et Tarragone en 1600, i)uis l'^nguera, Burgos, et toute une i)rovince de l'Ordre, celle de Murcie ; puis encore, en Portugal, Coïrabreet Colarès adoptent successivement son nom avec son patronage'*.
Il semble que d'autres familles religieuses aient imité cet exemple. Du moins certaines dates de fondations permettraient de le penser. Ainsi quatre ans après l'érection du couvent de Madrid, une abbaye de l'Ordre de Cîteaux s'établissait dans la même ville sous le même vocable. EUe avait pour fondateur Alphonse de Poralta, trésorier de Philippe II, qui assigna pour sa construction et son entretien une dot de deux mille ducats. Cette généreuse fondation fut approuvée et confirmée par le pape Clément VIII le 5 octobre 1596 ^^
Cette même année 1590, une seconde abbaye cistercienne s'érige à Castella au diocèse de Tolède, sous le même titulaire >®, tandis que Valladolid nous en présente, ou s'apprête à nous en présenter une autre encore ".
Les villes et les paroisses suivent l'exemple des religieux. Les églises, les chapelles, les oratoires, les autels, les confréries, s'y multipUent rapidement, et en 1597, comme l'honneur en revenait de droit à une capitale, Madrid se vouait à sainte Anne et la prenait pour sa Patronne.
Une petite ville de la province de Murcie, un village de la Province de Valence, deux autres villages en Portugal, l'un près de Beja dans la province d'Alentejo, l'atitre près de Santarem, prirent peut-être à cette époque le nom qu'ils portent aujourd'hui, celui de la Sainte. Sans pouvoir davantage préciser les dates, mentiomions encore des églises à Grenade (sur l'emplacement de l'ancienne mœquée d'Almanzor), à Valladolid, Cordoue, Madrid, Chielana, Lisbonne ; l'ermitage de Pampelune ; et pour ce qui est des autels, ceux des cathédrales de Tudèle, Barbastro, Badajoz, à part Tolède, Lérida, Séville, Burgos déjà nommés. A Tudèle, la chapelle est ornée de marbres sculptés et de bas-reliefs en stuc, très riches '*. La chapelle de Barbastro à Niiestra Senora del Pueyo, doit sa fondation à don Diego Berbegal et à Dôna Anna Buil, son épouse ".
Certaines œuvres littéraires mériteraient maintenant notre attention, sans parler des hymnes et de l'office liturgique reproduits ci-après. En 1522, Jean de Robles publie à Salamanque La vie, l'excellence et les miracles de la glorietise sainte Anne, sujet que reprend en 1528, au même lieu, un clerc réguUer de Saint-Augustin. — C'est au couvent de Lombay, province d'Aragon, que notre Père Malvenda, en 1585, réfute victorieusement, comme nous l'avons vu, la thèse ou plutôt la fable grossière du triniéium. — En 1670 paraît la Cité r/îî/siiç^/e de Marie d'Agréda, œuvre pour nous intéressante en ce qu'elle raconte l'histoire détaillée de la Sainte Vierge et d'abord celle de sa Mère ; œuvre étrange qui renferme, de l'avis d'un bon juge, " une contemplation mystique vraiment grandiose, dont la partie spéculative dénonce une profondeur admirable et bien rare chez vme femme, " mais dont l'emphase, l'enflure, parfois le mauvais goût, et des assertions historiques vraiment extraordinaires déconcertent le lecteur ^ ; œuvre cependant qui eut en Espagne une vogue immense et dont profita dans une large mesure le culte de notre Sainte, maintenant mieux connue et jusque dans les moindres détails de sa vie ou même <le sa personne : taille, visage, couleur blanche et vermeille, etc.
LE CULTE DE SAINTE ANNE EN OCCIDENT (il)
Ce culte bénéficia également d'une belle Vida de Francesco Lizana (Madrid, 1677) ; d'une autre d'Antonio de Castro, où nous nous arrêterons un instant tout à l'heure (1723) ; de la " Dévotion des mardis consacrés à sainte Anne " (1763) ; de la Vida de S. Joaquin y Sa Ana traduite du Père Binet, Jésuite, par J. J. Vallejo. De ces quatre ouvrages, le plus remarquable, sans comparaison et sans contredit, est celui du susdit Francisco Antonio de Castro, chevalier de l'ordre d'Alcantara, gentilhomme de la Bouche de sa Majesté, et gouverneur de la ville de Burgos, longue et belle production poétique de 133 pages intitulée : Vida de la gloriosissima Serwra SancUi Anna, madré de Maria sanctissima, y abuela de Jesu Christo, segiien la humana naturaleza. Ce petit livre, imprimé à Bilbao en 1723, étant, dit-on, très rare, il convient d'en citer quelques passages, et peut-être aussi de les accompagner d'une traduction aussi littérale que possible, dût-elle faire brèche à l'élégance ou même à la grammaire, afin que l'original, perçant en quelque sorte au travers, le lecteur peu habitué à l'espagnol puisse mieux juger du poète et de son œuvre.
Prenons à la première page, avec l'invocation :