‹ Le culte du dimancheChapitre 21 sur 34 · MO · texte numérisé non relu

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au jeune seigneur et à l'aveugle mendiant; il instruit Nicodème, le docteur, avec la même simplicité qu'il bénit les petits enfants. Il prêche au milieu des vieillards du temple avec la même autorité qu'à l'étrangère Cananéenne. A-t-il courbé la tête devant Pilate ou le grand-prêtre ? L'a-t-il relevée devant Madeleine ou la femme adultère ? A-t-il honoré les magnifiques pharisiens et méprisé les chétifs péagers? Non ; pour tous il n'avait qu'une même contenance, une même parole, la parole d'un maître, la parole d'un Dieu qui peut sans honte naître dans une crèche, et sans honte mourir sur un gibet. Et après avoir traité les hommes grands et petits avec une parfaite égalité, a-t-il revendiqué pour lui cette gloire, cette puissance humaine? Non. Tandis que les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel des abris, lui n'a pas un lieu où reposer sa tête; tandis que les grands sont dans les palais, parés d'habits magnifiques, lui prend pour compagnons d'œuvreles pêcheurs du lac de Génézareth et les publicains à la porte de Gapernaùm ; tandis que le riche se revêt de fin lin et se traite splendidement à une table dont les miettes auraient nourri plus d'un Lazare, lui quitte la table , et Jave les pieds à ses disciples. Si l'on veut le faire roi, il fuit sur la montagne; si on lui refuse l'hospitalité, il accepte cet opprobre. A celui qui l'insulte, pas un mot de réponse; à celui qui le frappe, pas le moindre reproche; et quand il n'a plus d'exemple d'humilité à donner dans une vie près de finir, il va mourir, entre deux brigands, sur la croix des esclaves ! — 0 vous qui connaissez la pente du cœur de l'homme vers la gloire, vous qui avez assez étudié l'histoire du monde et votre cœur pour savoir que jamais l'orgueil n'a pu être extirpé de notre nature, dites-le-nous : un caractère si humble, si véritablement humble, est-il celui d'un de nos semblables? Chez l'homme, la vanité, comprimée sur un point, ne se montre-t-elle pas sur l'autre? Quand elle se cache, n'est-ce pas encore pour mieux triompher? et lorsque vous trouvez un seul être qui en est complètement exempt, un seul être qui, par sa naissance, sa vie et sa parole, renverse toutes les idées reçues dans le monde pour placer au premier rang des vertus l'humilité, cet être ne serat-il à vos yeux autre chose qu'un homme? Pour moi, je l'avoue, dans ces circonstances si multipliées et si graves de la vie de Jésus,

je trouve la preuve de sa divinité, comme je l'avais aperçue dans les circonstances si simples de sa naissance, et je me dis encore : c'est à cela que je reconnais que Jésus est le Sauveur, le Christ, le Seigneur, qui est trouvé emmaillotté et couché dans une crèche.

Oui, chrétiens, nous pouvons nous réjouir ; Christ est le Fils de Dieu; ses promesses sont des vérités, ses disciples sont pardonnés, et le ciel les attend au-delà de la terre. Mais sommes-nous nous-mêmes ses disciples? Avons-nous avec lui quelque ressemblance, même lointaine? Si j'allais dire maintenant dans le monde que vous êtes nés dans une étable, n'en seriez-vous pas humiliés? Si du plus riche d'entre vous j'allais raconter que son père était un pauvre artisan, n'en rougiriez-vous pas de honte? Si j'ajoutais que tel autre avait parmi ses amis des mendiants, ou que lui-même a jadis vécu d'aumônes, ne risquerais-je pas de soulever son indignation? Je le crains. Mais alors vous n'avez pas les sentiments de Celui que vous appelez votre Maître ; la vaine gloire est quelque chose pour vous, l'orgueil est encore dans votre cœur, et finalement vous attachez plus de prix à l'approbation des hommes qu'à celle de Dieu. Comment votre coeur, rempli de vanité, pourrait-il contenir la sainteté et l'amour?

Ah ! que cette naissance, cette vie, cette mort si humbles de Jésus, que vous admirez chez le Maître, nous fassent enfin comprendre que la gloire humaine doit être méprisable pour les disciples ; que notre admiration ne soit pas une vaine théorie, qu'elle se transforme en pratique et pénètre notre vie. Sachons estimer les petits, rechercher les humbles; disparaissons aux yeux des hommes, si nous voulons briller comme une étoile devant Dieu, et disons-nous bien qu'aussi longtemps que nous attacherons du prix à notre titre de naissance, à notre rang dans la société, à la hauteur de notre tombe, nous ne serons pas les disciples de Celui qui voulut naître dans une étable, vivre avec les pauvres et mourir sur une croix !

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