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les moyennes, et ne peut donner que des approximations lointaines.
L'aire cardiaque varie avec la taille et généralement à grande taille correspond un cœur dépassant la moyenne; mais 1l ny a pas proportionnalité directe, et c'est ainsi que chez le plus grand sujet de notre staüstique 2 = 81°"5 et T — 1"83; et à une série de T= 162 correspondent 2— 555,2 —89,E — 104%.
Nous avons essayé de faire un groupement des tailles les plus communes, de 162 à 1"66 (24 sujets), et de dresser une courbe où T était ordonnée par rapport à 2; cette courbe offrait de grandes oscillations et, pour la rendre assez régulièrement ascendante de façon à établir une proportionnalité directe, nous étions obligé d'éliminer certains points qui correspondaient presque toujours à des sujets ayant un poids élevé par rapport à leur taille.
C'est qu'en effet l'aire cardiaque Z est presque directement proportionnelle au poids.
Pour >2—55%5 PE S07KS".
Pour >= :122"%5 PE S3rKe
et la courbe, que l’on peut dresser entre ces deux extrêmes, offre des oscillations bien moindres que celle qui exprime les rapports de la taille par rapportà Z. N'est-ce pas là un fait confirmé par l’anatomie pathologique : petits cœurs des cachectiques tuberculeux ou cancéreux, petits cœurs des anémiques. Chez les vieillards, généralement amaigris, le cœur ne doit pas cependant être soumis à la même loi, car 1l est atteint de déchéance organique.
L'aire cardiaque approchée S,, obtenue rapidement en faisant le produit H, >< L,, ainsi que nous l'avons établi au commencement de cette étude, diffère assez sensiblement de l’aire vraie calculée à l’aide de nos feuilles quadrillées; c’est un résultat inexact, et 1l est impossible d'en tenir compte.
Nous avons comparé l'aire du cœur Z au périmètre thoracique maximum æ&;, au volume thoracique
= -> + H4, à l'aire pulmonaire Sp —— 4 + L, : nous avons cherché s’il y avait quelque relation entre Zet certaines données qui sont utilisées pour apprécier l'aptitude physique d’un sujet, à savoir : 1° La différence entre le poids et le nombre de centimètres audessus du mètre ; 2° la différence entre la demi-taille et le périmètre thoracique. Les rapports obtenus n’offraient pas les caractères d’une loi générale ; en cherchant bien, nous aurions pu mentionner des variations d’une exactitude douteuse; mais ne voulant pas tomber dans les subtilités et faire de la biologie une sorte de mathématique, nous avons laissé toutes ces proportionnalités de côté.
Dans un travail récent (1°" décembre 1902), mais postérieur au nôtre, sur le cœur à l’état normal et pendant la grossesse, MM. Bouchard et Balthasard, sont arrivés à peu près à des conclusions assez analogues aux nôtres en ce qui concerne les rapports de l’aire cardiaque avec la taille et avec le poids ; quant à l’aire moyenne trouvée elle était de 89°"?5. Mais cette statistique est loin d'offrir les garanties de la nôtre, vu le nombre restreint de sujets examinés.
Envisageant d'une façon générale nos données gra-
AR phiques et numériques, nous voyons que l'aire cardiaque est une donnée essentiellement individuelle : chaque personne a son aire cardiaque propre, qu'il ne faut pas rapporter à une aire moyenne, terme obligatoire de comparaison. Nous inspirant d'une idée de M. Baudouin, nous croyons utile que le cardiaque ait sa fiche radioscopique tout comme le fébricitant a sa feuille de température, et le pleurétique tuberculeux sa formule cytologique ; elle nous permettra de nous renseigner à tout instant sur les variaions de forme, d'orientation, de position d'un cœur.
Des variations de volume on pourra diagnostiquer à coup sûr les hypertrophies générales ou partielles du muscle cardiaque sous l'influence des lésions valvulaires artérielles ou rénales. Les variations de position nous donneront les déplacements en largeur liés aux épanchements pleurétiques liquides ou gazeux, aux scléroses pulmonaires anciennes, aux dextrocardies acquises ou congénilales : les déplacements en hauteur, conséquence d'une pression thoracique comme dans l’'emphysème ou d’une pression abdominale comme dans les cas de tumeurs, d’ascite, d'estomac distendu par les gaz ou les aliments.
Bien plus, il sera possible de suivre rigoureusementles variations de volume et de forme d’un cœur qui, chez les sujets sains, se produisent normalement à la suite d’un effort, d'une fatigue répétée, d’une émotion vive.
Par la connaissance de l’état du muscle cardiaque, de la résistance que peuvent fournir ses différentes parois, de la manière dont il doit réagir contre les divers obstacles qui s'opposent à son fonctionnement normal,
M. G. HS
== Bf — on saura ce que vaut l’organe, ce que l’on doit exiger de lui et prévoir ses défaillances.
Ne sera-t-il pas également possible de suivre l’action de certains médicaments ou les résultats de prescriptons hygiéniques.
Au triple point de vue diagnostic, pronostic et thérapeutique, la connaissance de l’aire de projection du cœur sur la paroi thoracique obtenue par la radioscopie orthogonale sera d'un précieux secours en cli-
nique.