ACTE PREMIER, SCÈNE IV
JEAN
Un bâtard, quoi. Ce n'est pas la peine de me forcer à dire ce mot-là, il n'est déjà pas si agréable.
Mais, mon chéri, personne ne pense plus comme cela aujourd'hui.
JEAN
Cela m'est bien égal comment les gens pensent.
ROSE
Ce malheur ne changera rien à ta vie, je te le promets, tu m'entends,
JEAN
Si tu veux dire que ce n'est pas ça qui m'empêchera d'être reçu à l'X, je suis bien d'accord.
ROSE
Il ne s'agit pas de cela, mais...
JEAN
Non, tu comprends, seulement il n'y a pas que ce que disent les gens ; s'il n'y avait que ça... (timidement) D'abord il ne doit pas y en avoir tellement qui sachent. N'est-ce pas ?
ROSE
Mais, mon chéri, pour ainsi dire personne n'est au courant.
JEAN
Oh ! si, ta famille, par exemple. Ils sont au courant, forcément.
Oui.
JEAN
Maintenant que je le sais, je trouve même que cela se voit. Je me rappelle comment ils m'ont regardé la première fois. Ils n'ont pas dû être très contents, n'estce pas ?
ROSE, torturée
Quelle idée de me poser des questions pareilles !
JEAN
Tu ne dis tout de même pas le contraire.
ROSE
Mon petit Jean, tu n'es pas très discret en ce moment.
JEAN
Enfin, dans tous les cas, il ne faut pas me demander d'être gentil avec lui comme tu dis quelquefois. Tout cela, c'est tout de même sa faute. Et puis, il n'y a pas que moi qu'il ait rendu malheureux, c'est trop clair...
ROSE
Crois-tu que ce soit très bien de me parler ainsi de moi ? et d'ailleurs est-ce que vraiment tu estimes que tu peux juger ?