ACTE DEUXIÈME, SCÈNE I
sur les i. Quand cet enfant m'a demandé pourquoi tu n'avais pas épousé sa mère... que fallait-il que je réponde ?
DANIEL
Ce que tu as vraisemblablement répondu ; que ça ne le regarde pas, et qu'il n'a pas à se mêler de comprendre, ou à plus forte raison de juger les actions de son père.
ROSE
Penses-tu l'avoir convaincu ?
DANIEL
Je n'en sais rien, et je t'avouerai même que ça m'est égal. D'ailleurs tout cela devait arriver un jour ou l'autre. Ce qui est étonnant c'est que cela ait tant tardé.
ROSE
Cela te console ?
DANIEL
Non, mais enfin ce qui arrive est dans l'ordre.
ROSE
- Il va se creuser la tête.
DANIEL
Tu lui attribues une profondeur de sentiments...
ROSE
A laquelle tu as vraiment trop grand intérêt à ne pas croire.
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Même s'il en vient à supposer que sa mère n'était pas épousable, ce qui est l'exacte vérité... je t'accorde que c'est extrêmement pénible, j'aurais fait l'impossible pour qu'il pût garder de cette pauvre femme une idée différente, mais...
ROSE
J'aimerais savoir en quoi cet impossible-là aurait
consisté.
DANIEL
Je ne suis pas habitué à ces notes amères dans ta voix.
ROSE
Mais il n'est pas question de moi; moi» je constate; voilà tout.
DANIEL
Tu ne préférerais tout de même pas, je suppose» qu'il crût que j'ai séduit sa mère et que j'ai refusé de l'épouser ? Si j'avais été le premier... ou même le second... mais enfin à ma connaissance ils avaient été au moins deux. Je dis au moins.
ROSE
Oui, je sais. Tu avais tous les droits, c'est certain.
DANIEL
Crois-tu que je devrais lui parler, à ce mioche ? Je ne te cache pas que cela me paraît terriblement scabreux. Si jamais il allait me poser cette question...