ACTE DEUXIÈME, SCÈNE I
Un peu terrible d'avoir à se servir de ce mot-là, tu ne trouves pas ? .
DANIEL
Mais cela ne me dit pas du tout s'il faut que je lui parle.
ROSE
Est-ce qu'il est vraiment nécessaire que tu aies un plan ? „
DANIEL
Je n'ai aucune confiance dans les élans spontanés de mon cœur.
ROSE
Pourquoi ? ,
DANIEL
D'ailleurs la spontanéité, c'est toujours dangereux.
ROSE
Oui... l'amour aussi.
(Un silence.)
DANIEL
Ah ! je crois que j'y suis.
ROSE
Qu'est-ce qui se passe ?
DANIEL
C'est ma pièce que tu n'avales pas. Je conviens d'ailleurs qu'elle tombe mal.
ROSE
Ta pièce n'a rien à voir là-dedans. Je t'ai dit, une fois pour toutes, ce que je pense à ce sujet. Je ne suis pas une girouette.
DANIEL
Avoue cependant que l'autre jour, quand je t'ai lu cette scène, tu as éprouvé une impression désagréable
ROSE
Je sortais bouleversée de ma conversation avec Jean...
DANIEL
Oui, cette coïncidence est si curieuse... Il y a peutêtre dans cette scène des mots que vous veniez de dire ; qui sait si au moment mêmfe où je les écrivais un de vous ne les prononçait pas ?
ROSE
Cette pensée te ravit ?
DANIEL
Non, mais c'est troublant, c'est...
ROSE
Après tout, il n'y a rien là de fortuit.
DANIEL
Il y a au moins le synchronisme.