ACTE DEUXIÈME, SCÈNE V
Non, on ne peut pas dire cela. Il y a tout de même une façon d'amortir les chocs.
JEAN
D'ailleurs rien ne t'empêchait de me parler.
DANIEL
Voyons, ne parle pas ainsi les yeux baissés... J'estimais que tu étais encore beaucoup trop jeune pour qu'il convînt de te mettre au courant. Et encore maintenant je suis sûr que j'avais raison.
JEAN
Cela.se peut.
DANIEL
Sous un certain rapport il vaut mieux que tu saches à quoi t'en tenir. Ton ignorance pouvait mettre entre nous une certaine gêne, du ipoins en ce qui me concerne.
JEAN
Ah ?
DANIEL
Oui, en te traitant d'une façon trop paternelle je t'aurais ouvert les yeux.
JEAN
Alors, c'est pour ça ?..,
Quoi ?
JEAN
Que tu as été comme ça avec moi ?
DANIEL
Que veux-tu dire ?
JEAN
Il est certain qu'il ne doit pas y avoir beaucoup de pères qui traitent leur fils comme tu m'as traité.
DANIEL
Je ne t'ai, pas traité durement.
JEAN
Oh ! non....
DANIEL
Je n'ai pas été sévère.
JEAN
Non plus.
DANIEL
Alors... Tu trouves que je n'ai pas su m'y prendre avec toi ?
JEAN
Ça dépend.
DANIEL
Enfin, explique-toi.
Tout dépend de ce qu'on cherche.