‹ Le cœur des autres: trois actesChapitre 53 sur 77 · ACTE DEUXIÈME, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME, SCÈNE VII

ROSE

La vérité a comme des droits sur celui qui la découvre... et même sur d'autres que lui.

JEAN

Ah ?

ROSE

Je sens que tu ne saisis pas.

JEAN

Non... cela me fait l'effet d'une phrase de mon bouquin de philo. Et puis... tu parles de la vérité, mais enfin ce n'est même pas la vérité. Il brode dessus, et cela, c'est encore ce qu'il y a de pire. Ce Gilbert qui me dégoûte... J'aimerais le rosser, je t'assure... II... enfin quoi... il est amoureux de Thérèse. Et c'est pour cela, vois-tu, qu'il ne faudra plus me demander d'être confiant avec toi, comme tu dis. Oh ! ce n'est pas que j'aie peur d'être comme lui. Mais il suffirait qu'on puisse le

Croire... Lui par exemple... Ah! (Il se cache la figure dans les

mains.)

ROSE

Mais, mon chéri, tu n'as rien à craindre ; c'est une idée qui ne lui viendrait même pas.

JEAN

Pourquoi ? Il doit bien croire que c'est possible puisqu'il l'a montré.

ROSE

Ce serait possible avec des êtres tout différents.

JEAN, suivant sa pensée

Tu. ne peux pas savoir l'effet que cela m'a fait quand j'ai lu cette saleté tout à l'heure... înoi qui sais bien ce que je sens pour toi... c'est à vous donner le frisson... Tiens, en ce moment je n'ose pas te regarder.

ROSE

C'est de l'imagination, mon chéri. Il faut au contraire me regarder et même venir m'embrasser.

JEAN

Non.

ROSE

Jean !

JEAN

Je n'avais que toi... c'était la seule chose belle, il l'a salie, je le déteste.

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