ACTE DEUXIÈME, SCÈNE VII
ROSE
La vérité a comme des droits sur celui qui la découvre... et même sur d'autres que lui.
JEAN
Ah ?
ROSE
Je sens que tu ne saisis pas.
JEAN
Non... cela me fait l'effet d'une phrase de mon bouquin de philo. Et puis... tu parles de la vérité, mais enfin ce n'est même pas la vérité. Il brode dessus, et cela, c'est encore ce qu'il y a de pire. Ce Gilbert qui me dégoûte... J'aimerais le rosser, je t'assure... II... enfin quoi... il est amoureux de Thérèse. Et c'est pour cela, vois-tu, qu'il ne faudra plus me demander d'être confiant avec toi, comme tu dis. Oh ! ce n'est pas que j'aie peur d'être comme lui. Mais il suffirait qu'on puisse le
Croire... Lui par exemple... Ah! (Il se cache la figure dans les
mains.)
ROSE
Mais, mon chéri, tu n'as rien à craindre ; c'est une idée qui ne lui viendrait même pas.
JEAN
Pourquoi ? Il doit bien croire que c'est possible puisqu'il l'a montré.
ROSE
Ce serait possible avec des êtres tout différents.
JEAN, suivant sa pensée
Tu. ne peux pas savoir l'effet que cela m'a fait quand j'ai lu cette saleté tout à l'heure... înoi qui sais bien ce que je sens pour toi... c'est à vous donner le frisson... Tiens, en ce moment je n'ose pas te regarder.
ROSE
C'est de l'imagination, mon chéri. Il faut au contraire me regarder et même venir m'embrasser.
JEAN
Non.
ROSE
Jean !
JEAN
Je n'avais que toi... c'était la seule chose belle, il l'a salie, je le déteste.