‹ Le cœur des autres: trois actesChapitre 9 sur 77 · ACTE PREMIER, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER, SCÈNE I

DANIEL

Écoute, Rose, laisse-moi te dire que c'est factice.

ROSE

Comment ?

DANIEL

Il ne pourra tout de même jamais y avoir entre vous deux cette relation-là.

ROSE

Entre une belle-mère et son beau-fils ? pourquoi pas ?

Ne fais pas semblant de ne pas me comprendre.

ROSE

Je t'assure que je ne te comprends pas.

DANIEL

Si Jean était le fils d'un premier mariage, ce serait différent.

ROSE

C'est justement ce que je ne puis admettre.

DANIEL

Tu n'as pas oublié ce que je t'ai dit, quand tu m'as parlé pour la première fois de prendre cet enfant avec nous, après la mort de sa mère.

io LE CŒUR DES AUTRES

ROSE

Je n'ai rien oublié, mais tu ne m'as pas convaincue ; tu Tas bien vu.

DANIEL

Lui-même a conscience de ce qu'il y a d'un peu spécial dans sa situation, le pauvre gosse ; qui sait même si ce n'est pas parce qu'il en a le sentiment obscur qu'il est si désagréable ?

ROSE, inquiète

Tu n'as pourtant aucune raison de supposer...

DANIEL

Qu'il sache que je suis son père ? Aucune. Mais en dehors de ce qu'on sait il y a tout ce qu'on pressent.

ROSE

Permets-moi de te dire que ce n'est qu'une phrase, cela.

DANIEL, un peu dédaigneux

Tu m'étonnes en ce moment. Tu ne peux pas ne pas constater comme moi que l'attitude de ce petit vis-à-vis de nous est anormale. Tiens, un exemple :il n'est même pas venu me dire bonjour ce matin, me demander comment avait marché la première ?

ROSE

Non, c'est vrai ? que c'est peu gentil !

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