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LE COEUR FONCTIONNELLEMENT FORCÉ

Alors que les troubles organiques dus au sport sont rares, les troubles fonctionnels sont, au contraire, relativement fréquents.

Ces troubles sont multiples : algies précordiales, troubles vaso-moteurs, tachyéardie permanente. Samain signale des arythmies : extra-systoles en général, mais aussi des crises de tachycardie paroxystique type Bouveret, des crises de flutter et de tachyarythmie paroxystique. Tous ces troubles, pénibles pour le sujet, impressionnent à juste titre l’entourage, car ils surviennent souvent à la fin d’un effort physique justifiant ainsi l'expression de « cœur forcé ». Or, dans la presque totalité des cas, l’intégrité organique du cœur est conservée comme on peut le vérifier par les examens clinique, radiologique et électrocardiographique : ce sont done des cœurs fonctionnellement forcés. Toutefois Samain . constate que l'accident est sérieux, tenace et que les troubles ne s’anrendent que très lentement par une

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rééducation lente et progressive. Dans certains cas, le sujet a même vu son activité sociale fortement amoindrie pendant un temps plus ou moins long.

Ces faits sont surtout fréquents chez les adolescents qui, sans éducation préalable, sans survelllance médicale, abusent du sport et surtout de compétitions qui devraient leur être interdites.

De 13 à 16 ans le sujet est en pleine période de croissance et de puberté. Le thorax est étroit, le cœur semble trop gros par rapport à ce dernier c’est la fausse hypertrophie cardiaqüe de Huchard, qui s'accompagne souvent de la sensation du

« cœur trop grand ». Le sytème endocrinien en.

pleine évolution retentit également sur le système cardio-valvulaire.

Ces sujets sont fréquemment des éréthiques présentant tous les caractères du « Syndrome d’Eréthisme cardiaque des Adolescents ». Ce syndrome, isolé par notre maître M. René Bénard, du groupe plus vaste des neurotonies, a fait l’objet de la thèse de son élève Laure. À plusieurs reprises, nous avons constaté chez de jeunes sportifs considérés comme normaux, un souffle systolique de la base, au foyer pulmonaire, à propagation vers le haut et correspondant à une sténose congénitale légère de l’artère pulmonaire, base anatomique de l’éréthisme des adolescents (observations IV, V, VD.

M. René He a souvent observé des sujets de 20 à 25 ans, éréthiques cardiaques présentant une hy pertension maximale à 18-19 cm, atteignant parfois 22 et contrastant avec une minima normale (7 à 9 cm.) L'enquête révèlait que ces sujets avaient manifestement fait un abus de sport entre 13 et 18 ans. Ces cas ont fait l’objet de nos observations XIV,

à XXII.

Bien que le pronostic général de ce syndrome soit excellent, l'affection méritant « à peine le nom de maladie » il est facile de comprendre que ces sujets doivent être particulièrement surveillés dans leurs exercices sportifs. Bien que le syndrome puisse, à lui seul et en dehors du sport, entraîner une hypertension (observations X à XIII, cette hypertension est surtout fréquente chez les éréthiques exagérément sportifs. Ce syndrome n’aboutit qu'exceptionnellement à l'insuffisance cardiaque, maïs il faudra y songer davantage chez les sportifs que chez les sédentaires. Dans l'observation IX le sujet se plaint d'une dyspnée d'effort particulièrement intense et pénible. Si d'autre part Mn chez les sujets atteints d'Eréthisme cardiaque est le plus souvent normale ou subnormale, il n'en est pas toujours ainsi. Dans sa communication sur ce sujet à la Société Médicale des Hôpitaux (7 juin 1937), M. René Bénard a cité le cas de plusieurs adolescents

ayant pratiqué le sport de manière, exagérée et qui présentaient des Mn de 9,5, 1o et même 10, ,b pour des Mx de 18 à 19. Le pronostic est ici beaucoup

plus sévère que lorsque L'Rppereneat She sue

ment sur Mx.

| D'autres auteurs ont constaté des faits. analo gues. Filip a été impressionné par la fréquence de l'hypertension chez les sujets qui ont échoué au début dans la pratique des sports. Dès le comimence-

ment des exercices ils ont présenté, des symptômes

morbides : palpitations, oppressions, dyspnée, accès pseudo- angineux. Dans 5o % des cas et pour un âge moyen de 20 ans, Mx dépassait 15 au Vaquez. I faut noter que 70 % avaient dans les antécédents des infections graves, que 20 % abusaient d'alcool et de tabac et qu'enfin 4o % avaient une constitution grêle. Outre des souffles c cardio-pulmonaires ou mitraux, Filip a souvent constaté un souffle systolique doux à foyer pulmonaire. il rapproche ces faits de ceux signalés, chez les soldats pendant le guerre, par Laubry, des tachycardiques à sympathi-

que déclanché de Gallavardin, des hypertoniques de Lian, du « cœur irritable » des Anglais, étudié

par Tisné.

Il explique ces faits par le raisonnement suivaut : les individus aptes à à l'effort ou entraînés par

l'effort sont indemnes d’une influence exagérée du sympathique et-au contraire ont un équilibre nerveux à prédominance para-sympathique. Une va- | gotonie excessive indiquerait toutefois presqu'à coup sûr un abus de sport. Pendant un effort mus- __ culaire les vaisseaux périphériques se dilatent par un réflexe sans intervention des noyaux supérieurs cérébraux. Chez les hÿpersympathicotoniques interviennent d'une manière importante : la régularisation automatique entre les portions périphérique et centrale est troublée et l'effet néfaste ne tarde pas à se manifester. Il conclut que la cause principale prédisposanie à à l'échec du sport est un déséquilibre nerveux végétatif à prédominance sympathique et que chez ces sujets, pour que le sport ait une action sédative, il faut choisir des exercices avec mouvement automatiques (marche, gymnastique suédoise) et écarter les conditions excitantes (jeux, compétitions, présence du public). La compétition en dehors de l'effort musculaire, souvent considé-

rable, nécessite une « tension nerveuse » particulièrement néfaste chez : sujets à système végétatif instable. Lg

Il est hors de doute que la plupart des sujets cités par Filip étaient des éréthiques cardiaques : ils avaient les troubles fonctionnels, le souffle de la pulmonaire, et l'hypertension. On voit donc l'im-

portance de ce syndrome qui doit entraîner une surveillance particulièrement stricte.

| Nous avons vu précédemment l'effet néfaste posible de l'altitude. Il ne faut donc pas Ôtre sutrpris que le cœur soit fonctionnellement forcé en montagne (observation VIII). La cessation brusque du sport peut entraîner l'apparition de troubles fonctionnels : le sujet engraisse et présente une légère hypertension (observation VIT). Parmi les éréthiques hypertendus, plusieurs avaient cessé toute activité sportive depuis plusieurs années.

Doit-on conserver l'expression de « cœnr fonctionnellement forcé » pour dénommer tous ces troubles ? Bien qu'une expression telle que « surme-

nage cardiaque » nous paraisse plus qualifiée, il est utile de la conserver, car elle met en garde un certain nombre de jeunes sujets contre les CARE possibles d’un abus de sport.

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