PRINCIPALES ÉPREUVES
À) Basées sur les variations de la fréquence du pouls : TE Epreuve de Lian : Créée en 1916, cette épreuve
consiste en un pas de gymnastiyue sur place pendant une minute à raison de deux pas par seconde. Le pouls qui est compté sur sur le sujet debout est pris avant et ensuite après de minute en minute. Le retour à la fréquence antérieure se fait normalement en moins de 3 minutes. Plus le retour est rapide et plus l'aptitude est bonne. Inversement, si le retour ne s’est pas effectué en 6 minutes ou si après l'exercice la fréquence est supérieure ou égale à 120, l'aptitude est mauvaise. Au cas où cette épreuve ne décèle rien, Lian conseille de remplacer le pas de gymnastique par l'épreuve du balancement d’un poids de 5 kgs, qui est plus pénible. Avec l’épreuve de Lian on obtiendrait une appréciation de la valeur fonctionnelle, du rendement fonctionnel cardiaque.
Aubertin : Il conserve le pas de gymnastique, compte le pouls sur le sujet couché et y ajoute la mesure de la tachycardie orthostatique. Le retour (à 1 pulsation près par 15 secondes) doit être effectué en moins de 2 minutes et la dyspnée, si elle existe, doit avoir disparu dans le même laps de temps. Chez les sportifs entraînés la tachycardie est moins élevée que chez les autres. Les résultats sont tracés sur des courbes, le temps en abcisses, le pouls en ordonnées.
Mo B) Basées sur les variations de la tension :
Pachon dès 1910 écrivait que seul le critère oscillométrique pouvait être considéré comme critère d'entraînement en éducation physique. C'est l'étude des variations de Mx et Mn au cours de l'exercice. Chez un sportif entraîné et parfaitement adapté à l'exercice effectué, Mx croît dès le début, atteint un maximum qui se maintient « en plateau » pendant tout l'effort. Au repos, le retour est rapide. Mn suit assez souvent, une courbe analogue. S'il y à chute à un moment donné de Mx c’est le début de l’inadaptation, c'est le « signal d'alarme ». Cette chute précède le plus souvent la sensation de fatigue (Léger). Si le sujet est mal entraîné, la chute est précoce Mx et parfois Mn peuvent continuer à baisser et même à rester un certain temps au-dessous des chiffres du repos. Pour Pachon l'étude du pouls est contradictoire et par suite à rejeter à cause de sa variabilité.
C) Basées sur les variations associées du pouls et de la tension :
Epreuve de Martinet : il distingue 1) épreuve d’attitude (statique) : pouls et T. À. couché et debout ; 2) épreuve de mouvement (dynamique) :
consiste en 20 mouvements de flexion à raison
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d’une flexion par seconde. On mesure de minute en
‘minute T. À. et pouls debout (sauf la dernière me- je ‘sure à la 5° minute où les chiffres sont: notés cou- 12
ché). Normalement en position debout le pouls augmente de 4 à 8 par minute et après exercice de r6 ‘à 50, retour en moins de 3 minutes. T. A. : debout
Mx et Mn augmentent d’un demi centimètre et
après l'exercice, l'augmentation est de 4 cm pour Mx et de 1 cm pour Mn. Retour également en moins de 3 minutes. Chez les hyposystoliques le pouls augmente beaucoup plus (16 à 24 debout, plus de 30 après exercice) et pour la T. À. on cons'ate : debout Mx fixe ou légère baisse, Mn augmentant d’un centimètre ou plus et après exercice: Mx fixe ou mi- nime hausse, tandis que Mn augmente énormément. Le retour se fait en 5 à ro minutes.L’épreuve statique caractériserait le tonus vaso-moteur et l'épreuve dynamique la puissance de réserve du myocarde. Il n’y a pas de variation d’un jour à EAUTERS des courbes obtenues. HR SMS Ces épreuves ont été très critiquées et sont même tombées dans un oubli relatif. Laubry et Li- : dy emploient comme exercice un 100 mètres au pas de gymnastique où 20 flexions de tronc sur le : bassin. Après avoir étudié 200 tracés ils concluent que pour l'épreuve du rythme le facteur important est la durée du retour, mais que les courbes sont va-
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riables d'un jour à l’autre, que dans les cardiopathies fonctionnelles, 45 % des tracés sont, normaux et qu'il en est souvent de même dans les cardiopathies organiques. En conséquence et bien qu'ils lemploient parfois, leur jugement définitif est parfois contraire à ses résultats. Quant à l'épreuve de la tension, elle ne leur fournit aucun résultat utile.
Vaquez et Donzelot sont encore plus catégoriques, ces méthodes qui ñe s'occupent qué du ven- -tricule gauche n’ont pas de valeur pratique. Pour eux, un examen cliniqué minutieux, aidé de la radioscopie, permet seul d'aboutir à une conclusion walable.
La principale critique adressée à ces épreuves est que le pouls et la tension sont des facteurs beauvoup trop complexes pour pouvoir servir de test à l'aptitude cardiaque.
L- pouls est là résultante de. l'innetvation extrinsèque du évrür sur l'automatisme cardiaque. : Heyÿmans conclut que « l'accélération du cœur par le travail musculaire est due à trois mécanismes :
° diminution du tonus cardio-modérateur vagal 2° augmentation du tonus cardio-accélérateur sympathique, neuro-cardiaque et neuro-adrénalinique ; 3° stimulation humorale directe, quoique faible, du rythme cardiaqué autonome soit par la sympa-
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thine, soit par les métabolites, soit par l'élévation thermique. La mise en jeu des mécanismes cardioaccélérateurs reposant sur a) des réflexes à point de départ vasculaire (véno-cardiaque, sino-carotidien et aortique) réflexes régis par la pression sanguine et le chimisme humoral ; b) des modifications du chimisme humoral agissant sur les centres ou sur ou sur les éléments périphériques de l'innervation vago-sympathique ; c) des relations fonctionnelles directes existant entre les centres vago-sympathiques et les centres psychiques et moteurs ».
Ces considérations ‘physiologiques montrent bien la complexité de la tachycardie d’effort qui dépend du système vago-sympathique, des variations de la pression et du chimisme humoral et des centres psychiques et moteurs. La pression artérielle, qui est intimement liée au pouls, est encore plus complexe par suite de l’intervention de nombreux facteurs périphériques. Il ne faut donc pas croire que ces épreuves nous renseignent sur la valeur fonctionnelle du myocarde. Il est déjà plus logique de remplacer les mots d'aptitude cardiaque par ceux d'aptitude cardio-vasculaire à l’effort, Doit-on toutefois les rejeter à cause de la complexité des facteurs envisagés ? Nous ne le pensons pas, car les facteurs vago-sympathique (émotivité), psychique (tactique), ont une trop grande impor-
tance dans l'effort sportif. De même que le sport a une action sur toutes les fonctions, il nous paraît utile d’avoir des tests, qui par leur complexité même, sont en relation avec la plupart de ces fonctions. Si ces tests ont un intérêt médiocre en physiologie pure, leur utilité nous paraît de première importance en pratique sportivé. Roussel dans sa thèse dit qu'il convient, à l'exemple des américains, de les envisager « plus comme des critères d’aptitude physique générale que comme de véritables épreuves fonctionnelles cardiaques ». Cette remarque nous paraît pleinement justifiée si l’on tient compte des variations du rythme respiratoire et des troubles objectifs ou fonctionnels présentés par le sujet après l'effort. Laubry dans ses leçons de sémiologie cardio-vasculaire n’a-t-il pas écrit que « la dyspnée est le meilleur juge de la capacité fonctionnelle du cœur ». On obtient de cette façon des tests qui sont de véritables « épreuves d'aptitude à l'effort ». |
Plus récemment on a proposé deux nouvelles méthodes pour juger de la valeur fonctionnelle cardiaque : l’épreuve de l’anoxhémie provoquée dans laquelle le sujet respire l'air contenu dans une cavité fermée et l'épreuve de Valsalva : après une inspiration profonde, le sujet fait un effort énergique d'expiration en fermant sa glotte. Ce dernier tes!
est rejeté par Laubry et Van Bogaert comme étant en relation directe avec le système neuro- -végétatif. Nous n'avons jamais expérimenté l'épreuve de l'anoxhémie provoquée qui nécessite un appareillage spécial. Une troisième méthode pourrait être intéressante : c'est celle de la mesure de la vitesse circulatoire telle qu’elle est décrite par Lian et Facquet.
Ils font une injection intra-veineuse de 5 do d’une solution à 33 % de saccharinate de soude dans l'eau distillée. Normalement, il y a apparition de la saveur sucrée en 10 à 16 secondes. D'après les auteurs, la vitesse est accrue de 2 à 5 sécondes sur les sujets normaux, après l'épreuve du pas de gymnastique. Malheureusement cette mesure est pratiquement irréalisable : on ne peut songer à imposer des injections intra-veineuses de minute en minute pour mesurer le temps du retour à la vitesse circulatoire du repos. % Comme exercice, nous avons choisi l'épreuve de Lian, car le pas de gymnastique sur place est réalisable dans toutes les conditions. Pour éviter la tachycardie orthostatique, nous comptons le pouls sur le sujet couché ausi bien avant qu'après l’exercice. Nous complétons, dans les mêmes conditions. par la mesure de la tension artérielle avant et après de minute en minute. Nous réalisons ainsi une
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épreuve de Martinet modifiée ou mieux une épreuve de Lian-Martinet. Une seule personne peut facilement compter le pouls pendant 15 secondes, mesurer la T. À. aussitôt après et recommencer ainsi chaque minute.
Outre les critiques générales déjà étudiées, on peut reprocher à cette méthode deux ordres de faits :
a) L'existence de la tension systolique résiduelle de Gallavardin. — Ge dernier a montré que lorsqu'on mesure de minute en minute la T, A. sans enlever le brassard, avec retour à pression nulle dans la poche entre les mesures, c'est-à-dire dans les conditions de l'épreuve Lian-Martinet, les chiffres obtenus ont le plus souvent tendance à s’abaisser. Ceci est particulièrement net pour la Mx car la Mn reste à peu près fixe. Le phénomène est plus net chez les femmes que chez les hommes. Chez ces derniers, 8 % seulement n’ont pas de variation de Mx, 24 % ont une baisse de 1/2 cm, 4o % x cm. et 20 % 1 cm. 1/2. Cette baisse de Mx est accomplie en général au bout de 5 minutes. Pour Gallavardin cette baisse qui ne se produit que du côté exploré semble due à la disparition du spasme artériel local par suite des compressions successives. Seul le dernier chiffre obtenu et qui est fixe est im-
portant à connaître, c'est la tension systolique résiduelle. Nous avons recherché ces faits sur les sportifs : la variation de Mx est minime, lorsqu'elle existe, et n’a jamais dépassé 1 cm. ; elle ne peut donc fausser d’une façon notable, les résultats de l'épreuve ..; R ; ) - Ï
. . b) Ce test est une épreuve standard. — On conçoit, mal en médecine une épreuve pouvant convenir à l'individualité physiologique de chacun. Il sera difficile de comparer les résultats que fournit l'épreuve de Lian-Martinet chez un sujet normal et chez un asystolique pour lequel elle constitue un ete fort considérable, parfois irréalisable ou dangereux.
Certes ‘pour le sportif elle demande un effort relativement minime. Toutefois, comme nous l’avons déjà vu, pour un gymnaste qui nest pas habitué à la course, la tachycardie et fréquemment l’augmentation de la pression ainsi obtenues sont supérieures à celles qui succèdent au plus violent exercice aux agrès., L'observation V est typique à cet égard : après l'épreuve de Lian-Martinet la Mx passe de 15 à 19, le pouls de 19 à 35, tandis qu'après un exercice intense à | la barre fixe Mx n "est passée que de bi à 17 ap. et le pouls de 19 à 29. Malgré cet inconvénient, nous Vavons conservée à cause de sa fa-
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cilité ct. à cause ie l'indication de base qu ‘elle four-
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nit.Elle complète utilement les examens clinique, radiologique et éventuellement électro-cardiagraphique. Elle sera pratiquée en même temps que ces examens, lors de la visite au cabinet médical. Dans la grande majorité des cas, ses résultats sont normaux et il ne faudra pas vouloir en tirer des conclusions définitives. Le retour s'effectue en moyenne en 3 minutes, aussi bien pour le pouls que pour la T. A. Il varie de 1 à 4 minutes. Il y a souvent dissociation du pouls et de la T.A. pour la durée du retour, l’un s’effectuant plus rapidement que l’autre. Si un résultat mauvais (retour non effectué au bout de 5 minutes) peut servir de base à une décision médicale, on ne saurait affirmer l’aptitude au sport après un effort aussi modéré. On voit donc la nécessité de compléter cet effort standard par une épreuve spéciale à chaque variété de sportif. Seule, cette dernière permettra des conclusions justifiées et sûres. Vouloir imposer dans tous les cas, sur le terrain, une épreuve donnée, un tour de piste, un parcours de cross-country par exemple, serait une erreur pour des gymnastes ou des cyclistes qui ne sont pas habitués ni destinés à courir. Il faut donc choisir dans la spécialité du sportif l'effort que le sujet accomplit habituellement : ce sera l'épreuve de Lian-Martinet sur le terrain. Si le sportif, ce qui est heureux, a plusieurs spécialités, il se-
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ra utile de comparer les résultats obtenus dans chacune d'elles. Des conclusions utiles pour son orientation définitive pourront en découler. La techntque eñ est la même : on note les chiffres de minute en minute jusqu’à la cinquième minute. Pratiquemént il ne faut pas vouloir garder plus de 5 mi- : nutes les sportifs, surtout les civils. Le retour est. d’ailleurs presque toujours obtenu après ce temps ; dans le tas contraire et sauf autorisation à prolonger l'expérience, le dernier chiffre sera noté et reaseignéra sur l4 proportion du retour effectué, sur la « récupération » du sportif, Par suite de l'entraïnement, le retour est souvent plus rapide que pour l'épreuve du pas de gymnastique. Il est habituellement compris entre 2 et 5 minutes (4 en moyenne). C'est Le retour de Mx qui a le plus d'importance : il faut noter le moment où Mx retrouve son chiffre añtérieur ; en attendant plus longtemps Mx continue à baisser, c'est l’hypotension secondaire dont : nous avons déjà parlé. Mn a moins d'intérêt : elle varie peu et nous savons qu'elle baisse assez sou-. vent après l'effort pour remonter ensuite. Dans d’autres cas, elle ést constante, Même si Mn diffère d'un cm. avec son chiffre antérieur lorsque Mx est revenu à son point de départ, nous notons quand même le temps -de retour à ce moment. Plusieurs fois le retour du pouls a été nettement plus lent que