CONCLUSIONS
1° Le cœur sénile, véritable entité morbide, mérite. une description spéciale dans l’ensemble des cardiopathies. Caractérisé anatomiquement par des lésions de sclérose il s’extériorise cliniquement par des symptômes des plus variables. Ceux-ci peuvent ressembler à ceux de toutes les affections cardiaques, mais ils offrent cependant ce trait particulier de se manifester suivant une symptomatologie plus physique que fonctionnelle.
2° Les formes valvulaires, les formes arythmiques (et en particulier l’arythmie complète) sont le plus généralement observées ; ce sont des formes surtout objectives se traduisant par des signes cliniques appréciables à tous.
Plus rarement il s’agit de formes douloureuses revêtant le type d’angine de poitrine dont le pronostic semble différent de celui qui lui est assigné chez l’adulte.
Les formes pulmonaires à type de bronchite, d’œdème aigu, d’infarctus pulmonaires sont moins fréquentes. L'existence chez le vieillard de phénomènes pulmonaires doit toujours attirer l'attention du côté du cœur et faire penser à l'insuffisance ventriculaire.
LC 01—
3° La tension artérielle dans les cardiopathies séniles se présente généralement sous le type d'hypertension artérielle déséquilibrée à prédominance maximale Hypertension systolique, chiffre normal ou sensiblement normal de la tension diastolique, écart difiérentiel souvent assez élevé, traduisent une artlérite plus ou moins étendue. Aucun traitement ne devrait être ins= titué contre cette hypertension : la saignée, les hypotenseurs sont à contre-indiquer chez le vieillard.
4° Radioscopiquement le cœur et l’aorte séniles présentent une image un peu spéciale. La position de choix pour faire cet examen paraît être la position O. A. G. Celle-ci permet, non seulement &’envisager l’augmentation de volume du ventricule gauche, généralement peu marquée, mais également les déformations de l'aorte dans son ensemble ; cette dernière apparait particulièrement développée dans la totalité de sa crosse, tant dans la partie antérieure que dans la partie postérieure, la partie moyenne remonte vers la région sterno claviculaire beaucoup plus que chez l'adulte. Les battements aortiques sont en général visibles.
5° L'évolution des cardiopathies séniles s'étend sur un nombre souvent élevé d'années pendant lesquelles la lésion révélée physiquement ne se traduit par aucun symptôme fonctionnel.
De nombreuses observations nous ont permis de mettre ce fait en évidence.
ACER. es
6° Le pronostic des cardiopathies séniles est particulierement difficile à porter. Les symptômes physiques d'in: suffisance ventriculaire que l’on peut voir survenir au’ cours de l’évolution — en particulier Île souffle d’insul: fisance mitrale fonctionnelle, le bruit de galop présystolique ou protodiastolique — demandent à être soigneusement interprétés. Les symplômes fonctionnels bien qu'ayant une plus grande valeur surlout s’il s’agit de dyspnée ou de crises angineuses sont également insuffisants pour fixer l'avenir. Le pronostic ne sera fait qu’à la suite d'examens répétés, après discussion minulieuse des différents signes, sans négliger les précieux éléments que peuvent apporter la radioscopie et l’élecitro cardiographie.
La thérapeutique devra viser tout d’abord à n’apporter aucune perturbation brusque dans la vie du vieillard qui s’accommode mal en particulier d’un régime par trop restreint ou trop longtemps restreint. L'iode sera le médicament de base de l’athérometant qu'il n’y aura pas insuffisance ventriculaire. Lorsque celle-ci apparaît l'emploi des toni cardiaques trouve son indica: tion. La digitale, le strophantus seront à ordonner de manière presque continue mais à petites doses. Le traitement par les doses importantes où mieux encore par les injections intra-veineuses doit être réservé pour la période ultime de l'affection cardiaque ; associés où non à l'emploi de la morphine elles donneront souvent une survie qui n’est pas négligeable.
8° En résumé. — Chez le. vieillard: les cardiopathies semblent présenter un avenir relativement favorable-et s’ilest permis à l'apparition de. chaque symptôme fonctionnel et physiqüe.de-porter un pronostic parfois sévère, ilfaut: aussi savoir que dans tous les cas même les plus désespérés il faut toujours conserver un.espoir.
Vu le Doyen, Vu, le Président de la thèse H. ROGER.: BEZANCON.
Vu et permis d'imprimer :
Le Recteur de l'Académie de Paris, CHARDCET Y: