INTRODUCTION
« Ceci est l’histoire d’une substance qui, sortie des marmites des sorciers indiens, est aujourd'hui biologiquement standardisée et utilisée en médecine. Seul, le temps pourra montrer quels sont les chapitres à écrire, mais je pense que l’on en sait déjà assez pour assurer au curare une place définitive dans notre arsenal thérapeutique ».
Telle est la phrase que Griffith prononçait à la réunion de la Société Médico-Chirurgicale de Montréal et qui apparaît si juste lorsque l'ox songe aux applications si vastes et si étendues du curare
— Ja chirurgie en a, à la suite des rapports de Griffith et de Cullen, utilisé son action potentialisatrice sur les anesthésiques et son action antichoc, de telle sorte que R. Merle d'Aubigne :et Kern estiment que la curarisation est indiquée au cours de toutes les interventions chirurgicales importantes quelle qu'en soit la nature;
— Ja médecine le voit encore étendre son domaine : « on curarise » dans les traumatismes musculaires, les myosites, les spasmes réflexes et troubles orthopédiques, le tétanos, les affections
pyramidales; cependant, d'après Burman, l'action du curare n'atteint son intensité maximum que dans les lésions du système extra-pyramidal.
Aussi, c'est pour essayer de préciser le rôle du curare dans quelques atteintes extrapyramidales que nous avons jugé intéressant de traiter par le produit des malades atteints de mouvements choréo-athétosiques et de tics, champs d'expérience qui demeure encore assez peu défriché par les auteurs français et américains.
Dans notre travail, nous envisagerons les points suivants
— le produit et, brièvement, son histoire, sa composition, sa pharmacologie; — notre technique thérapeutique générale;
— l'étude de nos observations et quelques réflexions qu'elles nous suggèrent
— dans les chorées; — dans les athétoses; —, dans les tics;
— Ja série des accidents observés au cours du traitement ;
— la conclusion,