‹ Le dandyChapitre 8 sur 27 · BROWN, LA BARONNE · texte numérisé non relu

BROWN, LA BARONNE

BROWN

Eh quoi .' madame , vous vous arrachez aux plaisirs ! . . .

LA BARONNE

Oui.. . la chaleur. . . la fatigue. . . je voulais respirer ici seule un moment.

BROWN

C'est un désir que je respecterai , quoiqu'il m'en puisse co*'ler de vous obéir.

LA BARONNE

Vous me pardonnez , monsieur Brown ? . . .

BROWN

C'est moi qui serais coupable si je restais une minute de plus. ( // salue et sort.)

LA BARONNE , Seule.

Il n'est pas venu 1 . . . j'attendais I . . . toutes les danseuses avaient leur cavalier. . . lui, il m'avait oubliée ! • . . sans doute quelque autre femme attirait son attention ! . . . \'Valmoor!. . . que de grâces séduisantes... et que de légèreté dans le cœur!,..

que de peines il a prises pour se faire aimer! et que

d'insouciance pour cet amour qui trouble mon repos , qui me rend coupable, inquiète, malheureuse!... Lui, il est tout

pour moi ! et je ne suis pour lui qu'une femme de plus,

que bientôt une autre remplacera!. . . J'ai donné toute ma vie pour quelques heures de ses loisirs I... j'ai joué ma réputation

contre une fantaisie ! Ah ! pourquoi nous autres pauvres

femmes croyons-nous toujours trouver l'amour sous ces exprèssions gracieuses qu'on nous prodigue?. . . que de larmes ensuite ! . . . que de silencieux regrets ! . . . Air d^ Aristippe.

De faux plaisirs, d'hommages entourée,

Quand tous les yeux s'attachent sur mes pas ,

Dans un salon, malheureuse et parée,

Je dois sourire , en gémissant tout bas ,

Et de mon sort on vante les appas.

Pauvres femmes ! de notre vie,

Le monde, hélas! ne voit i]ue la moitié,

Et souvent celle à qui l'on porte envie, Est la plus digne de pitié.

Mais que vois-je ? . . . c'est le Baron . . . encore ce masque qui semble s'acharner après lui I . . . Comme mon mari paraît soucieux ! . . . Ah si je pouvais entendre.'*. . . Oui , c'est cela ! . . . d'ici je ne perdrai pas une parole.

( Elle se cache dans le cabinet à droite ■lu spectateur,)

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