INSTRUMENTS ET PROCÉDÉS DES ARTS USUELS
La fabrication des machines a pris depuis peu un grand essor en Danemark.
Autrefois tout se bornait en ce genre à la modeste confection des instruments indispensables aux métiers de la vie quotidienne.
Le premier établissement important à citer fut la fonderie de Gamst, à Copenhague, qui, sous l’habile direction de feuM. Henri Gamst, prit d’année en année une plus grande extension et devint une maison pour ainsi dire modèle, renommée pour la qualité supérieure de ses produits; sous ses successeurs, elle n’a pas cessé de se maintenir à la hauteur des progrès de l’industrie européenne. Depuis plusieurs années il existe dans la capitale un autre atelier où fonctionnent les procédés les plus nouveaux et admis comme les meilleurs dans les pays les plus en progrès : c’est la fabrique de MM. Rurmeister et
Wain; elle fournit des machines à vapeur pour les usines, pour les bâtiments de la marine royale et pour la navigation à vapeur en général ; on y construit aussi complètement des bateaux à vapeur, tels que les paquebotsposte, etc.
Il existe encore d’autres usines qui ne manquent pas d’importance, et où l’on fabrique des instruments aratoires en fer de différentes èspèces, tels que charrues, râteaux, barattes, machines à battre le blé, à le vanner, etc. Cette industrie s’exerce à Copenhague, dans les villes et à la campagne.
Dans ces mêmes manufactures on confectionne assez ordinairement tous les objets en fer usités dans les ménages, tels que poêles, réchauds, grilles, etc.
Une fabrique à Copenhague et plusieurs dans les villes de province produisent des outils pour les divers métiers ; une autre, des charnières et des garnitures de fenêtres, etc.
Quant aux machines pour les différentes branches de l’industrie, telles que le filage, le tissage, etc., on en fabrique en divers endroits; cependant la plupart sont encore importées de l’étranger, d’Angleterre, de Belgique, de Saxe principalement.
Copenhague possède pour la fabrication des presses typographiques plusieurs établissements, dont un, entre autres, se fait remarquer par son importance.
Les machines pour les fabriques de toiles cirées, de papiers peints, etc., étaient primitivement importées de l’étranger; mais peu à peu on s’est mis à en fabriquer dans l’intérieur même.
Il y a certaines maisons d’où sortent d’autres machines destinées à différents usages industriels; mais la
A L’EXPOSITIOxN UNIVERSELLE.
fabrication n’y a pas pris une grande extension, les besoins du pays étant assez restreints sous ce rapport.
Néanmoins les machines à coudre font exception; on en fabrique dans plusieurs établissements un nombre considérable, en raison de leur usage multiplié, même chez les particuliers.
Une machine à coudre les gants, qui fait elle-même les points de feston, très-ingénieusement construite par un fabricant danois (classe 57, n° 3), se fait remarquer à l’Exposition universelle.
Un certain nombre de ces machines à coudre, ainsi que d’autres machines fabriquées en Danemark, sont exportées à l’étranger.
Le Danemark possède de nombreuses tuileries produisant des briques pour la construction des maisons. Plusieurs de ces établissements sont sans importance aucune, et dans certaines parties du Jutland, dans les landes principalement, le paysan confectionne lui-même les briques dont il a besoin ; néanmoins il existe des tuileries qui sont établies sur de vastes proportions et où l’on se sert de machines à vapeur pour la préparation et pour le moulage de l’argile. Les meilleures briques se font près d’Elseneur, et sur la côte septentrionale du Seeland.
Les tuyaux de drainage, dont on a employé dans ces derniers vingt ans des quantités énormes, se fabriquent dans des établissements spéciaux, ou dans les briqueteries.
On trouve aussi des scieries pour la préparation des planches dont on se sert soit pour les bâtiments, soit pour les meubles.
A Copenhague il y a une maison de menuiserie où
une grande partie du travail est faite à l’aide de machines.
Les voitures ordinaires sont construites en Danemark depuis la plus haute antiquité (p. 128); celles de luxe y sont faites aussi depuis assez longtemps.
Dans ces dernières années, on a vu se fonder plusieurs carrosseries de luxe qui ont fourni un nombre considérable de voitures. Huit établissements de ce genre existent à Copenhague, et plusieurs appartiennent aux principales villes de province.
Il y a des chantiers à Copenhague et dans plusieurs autres villes, partout enfin où le port permet de lancer des navires de grandes dimensions.
Des bateaux de sauvetage sont construits à Copenhague. Un modèle est exposé par le fabricant qui fournit ces embarcations au gouvernement (voyez classe 66, n® 1).
Les instruments pour la pêche sont en grande partie façonnés par les pêcheurs eux -mêmes, assez souvent pendant les veillées, surtout en hiver. De plus, il y a dans les villages des hommes dont l’industrie consiste à confectionner des filets; mais les ustensiles qui servent pour la pêche à la baleine, etc., sont préparés à Copenhague dans des maisons spéciales.