GROUPE VII
aliments a divers degrés de préparation.
Nous avons déjà parlé des produits agricoles. Nous ajouterons que depuis assez longtemps, dans les plus grands domaines, le blé est battu à l’aide de machines mues par des chevaux. Cependant depuis plusieurs années on a, à cet effet, installé sur divers points des machines à vapeur qui, accessoirement, servent à mouvoir les machines pour battre le beurre, etc. Cet usage commence à s’introduire chez les paysans ; aussi voit-on des propriétaires de machines à vapeur pour battre le blé les transporter après la moisson de village en village et les louer aux cultivateurs.
A L’EXPOSITION UNIVERSELLE. 241
Le Danemark possède une certaine quantité de moulins à vapeur; on en comptait déjà plusieurs avant 1862, année où la meunerie fut rendue entièrement libre; mais, depuis, le nombre s’en est beaucoup augmenté. Copenhague seul en a 13, et les villes principales en sont également pourvues. Aussi le blé est-il maintenant plus que jamais exporté à l’état de farine. De 1855 à 1859 il n’en sortait annuellement de toute la monarchie que 9 millions de kilogrammes; mais en 1865 on en a exporté 13 millions seulement du royaume proprement dit, moins étendu d’un tiers que l’ancienne monarchie.
Les grands moulins nejonctionnent que pour le commerce et l’exportation ; les moins importants, situés dans les campagnes, servent aux besoins de la consommation.
Les paysans apportent leur blé au meunier, qui le réduit en farine ; celui-ci en garde pour sa part une certaine quantité fixée par l’usage; c’est ainsi que l’on voit à l’Exposition une série de mesures danoises présentant proportionnellement à la tonne et à ses fractions ce que le meunier a le droit de prélever.
Les paysans cuisent ordinairement leur pain euxmêmes; mais dans les villes il y a des boulangeries. Depuis que cette industrie n’est plus un monopole, les boulangeries sont devenues beaucoup plus nombreuses ; on en compte 83 à Copenhague ; plusieurs fonctionnent à la vapeur. Dans la capitale se trouvent aussi des établissements plus considérables où se fabriquent en grand le pain et le biscuit pour la marine.
A Copenhague il existe encore plusieurs moulins pour écorcer le riz. Sur les à millions de kilogrammes de riz brut importés, la moitié est ensuite exportée,
après avoir passé par ces moulins à décortication, en Suède, en Prusse et dans les colonies septentrionales du Danemark.
La préparation de la viande salée a pris d’assez grandes proportions; dans le vaste établissement de M. A.-N. Hansen, qui existe depuis plusieurs années à Copenhague, le porc est apprêté pour l’approvisionnement des navires ou pour l’exportation en général. De plus, il y a en ce moment six autres établissements de ce genre ; on y prépare aussi du saindoux en vessies.
De^ 1855 à 1859 on exportait par an du royaume 1 million 1/2 de kilogrammes de viande et de jambon; en 1865 il eh est sorti plus de 3 et en 1866 plus de à millions.
ïl y a à Copenhague à grandes raffineries de sucre. On importe par an en Danemark 17 millions 1/2 de kilogrammes de sucre brut, dont 3 millions 1/2 sont ensuite exportés en Suède et en Prusse principalement, après avoir été raffinés.
Des raffineries de sel fonctionnent à Copenhague et dans les principales villes. L’importation était en 1865 de 9,350,000 kilogrammes, et en 1866 de 15,500,000.
On trouve aussi en Danemark des établissements où l’on fabrique le chocolat, la moutarde, la chicorée, le vinaigre, etc,
Copenhague possède quatre vastes brasseries où l’on fabrique de la bière de Bavière ; la plus importante est celle de Karlsberg, qui appartient à M. Jacobsen ; 2!i autres brasseries fournissent de la bière ordinaire à la capitale. Dans la belle brasserie située près de Langebro (Kongens Bryghus) on fabrique aussi de la bière destinée à la marine; cette bière peut se conserver pendant le
A L’EXPOSITION ÜI^ IVERSE LLE,
cours de longs voj^ages et par les chaleurs les plus fortes (voyez classe 73, n"" 1).
Le nombre des distilleries s’est beaucoup augmenté depuis quelques années. En 1860 il y en avait 127 à Copenhague, 169 dans les autres villes et 19 dans les campagnes; en 1866, 90 à Copenhague, 260 dans les villes et 34 dans les campagnes. /
On constate une tendance à établir des distilleries dans les campagnes; les résidus, en effet, offrent une excellente nourriture pour les bestiaux ; mais le contrôle de la régie devenant alors beaucoup plus difficile, le gouvernement apporte des entraves à la création de distilleries extra muros.
La taxe imposée sur la fabrication de l’eau-de-vie est de 15 centimes par litre.
I Une bonne partie des produits de la distillerie (environ deux millions de litres en 1865) est exportée; on exporte aussi plus de bière qu’il n’en est importé.