‹ Le Danemark et l'Exposition de 1878Chapitre 27 sur 60 · CLASSE I · texte numérisé non relu

CLASSE I

PEINTURES A LnUILE.

L’histoire de la peinture danoise est de date récente; on n’en peut réellement parler que depuis la fondation de l’Académie nationale (1734). Une école nationale se fonda sous les auspices de C. Y. Eckersberg qui fut, de 1810 à 1813, élève de David à Paris. A son retour, Eckersberg, nommé professeur à l’Académie de Copenhague, exerça une grande influence sur les peintres danois de la nouvelle génération. Les principes de David qu’il transmit à ses élèves furent le respect du dessin, la simplicité du coloris et la recherche du ton juste. Les sujets que prenaient surtout les artistes étaient les champs, les bois, les golfes, les fjords, en un mot tout ce que fournissait la nature, ou bien encore des scènes de la vie privée en Danemark ou en Italie, pays où, pour la plupart, ils avaient séjourné plus ou moins longtemps.

Presque tous les peintres danois sont élèves de l’Académie, que subventionne l'État. On y enseigne le dessin, la peinture, le moulage d’après les antiques et d’après le modèle vivant, le décor plastique et pictural, le dessin et la composition d’architecture, la perspective, l’anatomie et l’histoire de l’art.

Celui qui a travaillé dans les écoles de l’Académie, reçoit, après un examen sévère, un certificat qui lui donne droit de concourir pour la petite ou la grande médaille d’or.

Le salon est ouvert tous les ans aux mois d’avril et de mai.

Parmi les peintres d’histoire et de genre, dont le nombre est du reste fort restreint, il faut citer en première ligne Marstrand, mort en 1873. On remarque de lui trois tableaux à l’Exposition universelle : 1° Le festin du roi (42), sujet tiré de l’Évangile de saint Mathieu: le roi, voulant célébrer les noces de son fils, a invité les riches et les nobles, ses amis ; ceux-ci, ne voulant pas y prendre part, ont prétexté leurs affaires; alors le roi fait venir les mendiants, les paralytiques, les aveugles et les boiteux qui erraient par la ville et les reçoit dans la salle du festin magnifiquement ornée. — 2° La réunion 'politique (44), scène tirée d’une comédie du célèbre Ilolberg. Le potier, qui avec ses amis est absorbé dans l’étude de la haute politique, est brusquement arraché à ses réflexions par sa femme qui entre et lui donne un soufflet. — 3° Une trèsintéressante esquisse (45) d’un grand tableau repré-

sentant Christian IV dans la bataille navale de Femern (1644) : le roi, se relevant de sa chute, que l’on avait crue mortelle, lève les mains au ciel pour le remercier de l’avoir conservé à son peuple.

Parmi les peintres d’histoire et de genre, M. Charles Bloch occupe incontestablement la première place pour le moment. On a exposé de lui un fort grand cadre : le roi captif (7). On voit le roi Christian II dans cette triste prison, où il n’avait pour compagnie qu’un vieux soldat et pour distraction que des promenades autour de la table de pierre placée au milieu du cachot.

Il y a des tableaux, d’une moindre dimension, exposés par cet artiste, entre autres le Moine occupé à plumer ses poules (11), la Marchande de poissons (12) et le Vieux domestique qui frotte la vaisselle (14).

M. Exner excelle surtout dans les scènes prises au milieu des paysans d’Amak. Il a quatre tableaux à. l’Exposition. Citons le déjeuner (19), et la petite convalescente (17).

Nous croyons que le public accorde aussi ses préférences aux tableaux suivants : le pont de Knippcl à Copenhague — on y voit plusieurs types très-réussis de M. Otto Bâche (3); la forge de M. Kroyer (33), la femme du pêcheur qui attend son mari , parM. A. Dorph(16), et le semeur de M. Vernehren (74).

Parmi les portraits on remarque surtout la figure caractéristique du musicien • Mathison Hansen (33), peinte par M. Jernelorff.

En Danemark, on s’applique beaucoup au paysage. M. Skovgaard, le plus grand des paysagistes danois, mort en 1876, est représenté par huit tableaux (60-67) ; avant l'orage (60) et le vieux chêne au nid de cigogne (62), appartiennent tous deux à la galerie royale de Christiansborg et passent pour être ses meilleures créations.

On aura une idée fort juste de la nature en Danemark en regardant la lande et le marécage de M. Groth (25), les paysages de M. Kyhn (37-38), le rivage de l’île de Moen (39) par M. Kœlle, les paysages de M. Rump (55-59), de M. Zacho (75) et de M. Aagaard (1).

Les marines, partie de l’art danois fort estimée à l’étranger, sont composées des tableaux de M. Neumann (47-48) et de M.C. F. Soerensen (70-72).

Les charmantes petites toiles archéologiques de M. Heinrich Hansen (27-28), la salle des quatre portes du palais ducal de Venise et l’intérieur d’une maison de Lubeck (xvi° siècle) attirent aussi bien des regards.

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