A. — CHAUFFAGE AU GAZ
Tous les brûleurs ou appareils à gaz employés, soit dans les laboratoires (becs Bunsen, réchauds divers), soit à usage domestique, et bien réglés, c’est-à-dire brûlant avec une flamme bleue, fournissent des produits de combustion riches en acide carbonique et vapeur d’eau, mais pratiquement sans oxyde de carbone.
Nous n’avons en effet observé que des quantités sensiblement néligeables d'oxyde de carbone dans un atelier de soufflage sur verre où 23 souffleries étaient en action (octobre 1920), l’aération ne pouvant se
faire que par un vasistas central constamment ou-
vert.
Heure Nombre de Volume Oxyde des Tempé- souffleries de gaz de prélèvements rature en action brülé carbone 8h. 2000 0 0 0 41 h. 30 2195 23 12 1/75.000 48 h.15 2022 26 49 1/100.000 TURN 3000 DA 36 1/50.000
Mais la flamme vient-elle à être refroidie par un processus quelconque, la combustion du carbone n’est plus complète et l’oxyde de carbone est produit plus ou moins abondamment. À ce sujet, une expérience princeps mérite d’être rapportée : un bec Bunsen brûlant normalement avec une flamme bleue, sans production notable d'oxyde de carbone (1/50.000 environ), on fait traverser la flamme par un tube en
cuivre dans lequel circule un courant d’eau froide :
D de
l’oxyde de carbone est produit abondamment (1/800 dans certaines expériences).
Or, c’est là tout le principe des chauffe-bains et des chauffe-eau dont l’usage se répand de plus en plus, et l’on conçoit qu’il soit indispensable d’évacuer au dehors les produits de la combustion, les accidents les plus graves étant à redouter. Nous y reviendrons par la suite.
Et d’une façon plus générale, chaque fois que la flamme d’un appareil à gaz quel qu’il soit, lèche une paroi, il y a immédiatement production d'oxyde de carbone et cela d'autant plus que la flamme est plus grande et la paroi léchée plus froide et plus importante.
Or, c’est ce que réalisent journellement les cuisinières, les ménagères dans leur cuisine lorsqu'elles placent sur un fourneau à gaz, robinets ouverts «en grand», une simple casserole, une bassine pleine d'eau froide, voire même une lessiveuse. Signalons encore l'insuffisance de l’espace compris entre les trous de l’appareil à gaz où s’effectue la combustion et la partie inférieure du récipient qui, ne se trouvant pas suffisamment surélevée, «écrase» la flamme, même si le robinet est à peine ouvert, augmentant ainsi la production d'oxyde de carbone.
C’est ainsi qu’en février 1924, nous avons obtenu :
Abords d’une lessiveuse remplie d’eau froide 15° après Varna. ein Ne NS ET AR IESESERE 1/1.000
Abords de cette lessiveuse, après échauftement de l’eau. 1/2.000
Atmosphère même de la cuisine, à ce moment.......... 1/2.000
tr ne
Sans être aussi élevées, des proportions notables d'oxyde de carbone sont susceptibles d’être rencontrées si la hotte sous laquelle est placé le réchaud à gaz présente un tirage défectueux.
C’est dans ces conditions que nous avons observé 1/30.000 en décembre 1908 et 1/35.000 en mars 1923, dans l’atmosphère d’une petite cuisine après 5 minutes d'allumage, de l’eau étant mise à chauffer dans une simple casserole.
On conçoit combien le danger puisse être grand, du fait de la disparition de la hotte de tirage à laquelle on assiste dans tous les immeubles « modernes », et son remplacement par une vague ventouse placée à la partie supérieure de la cuisine et plus ou moins obturée en pratique par des poussières colmatées par des substances grasses volatilisées au cours des opérations ménagères.
A ce propos, l’usage des cuisinières ou réchauds électriques dont l’usage tend à se répandre, constitue une solution extrêmement heureuse du problème et il est à désirer que son extension se fasse de plus en plus.
A côté de l’utilisation du gaz pour les soins ménagers nous envisagerons son emploi directement comme procédé de chauffage proprement dit dans les appareils dénommés «radiateurs à gaz > dans lesquels la flamme lèche des cylindres ou des plaques de terre réfractaire et les porte au rouge vif. Il y a production d’oxyde de carbone en proportion variable selon
les types et le réglage, particulièrement au début du
nQ
fonctionnement, et trop souvent encore les gaz de combustion sont évacués directement dans la pièce
même. Dans ces conditions, nous avons observé :
Déc. 1911 : radiateur en pleine combustion... 1/20.000 de CO Févr. 1914 : radiateur allumé quelques minutes. 1/75.000 — Janv. 1922 : radiateur allumé quelques minutes. 1/60.000 — Oct. 1925 : radiateur allumé quelques minutes.. 1/20.000 — Mars 1926 : radiateur à gaz, muni d'une évacua-
tion des produits de la combustion par 3 m. de
tuyauterie à tirage très défectueux........... 1/10.000 —
Il serait désirable que tous ces appareils soient branchés sur une cheminée à bon tirage ou mieux
encore remplacés par des radiateurs électriques.