‹ Le darwinismeChapitre 3 sur 28 · LT · texte numérisé non relu

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C’est dans ces derniers que repose le type, et la nature le conserve, même quand elle varie quelques caractères extérieurs.

Cette conservation du type est dans les desseins de la nature, qui ne livre rien au hasard. Si elle se préoccupe peu de la conservation des individus, après leur avoir donné l'instinct de se conserver, elle se préoccupe au contraire grandement de sauvegarder l’espèce. Chaque type est comme un centre d'activité où la vie s’épanouit et rejette à la circonférence tout ce qui vient de s’y produire ; plus l'individu s’éloigne de ce centre, plus il est près de disparaître. Jetez une pierre dans une eau tranquille, et vous verrez, au point de la chute, des cercles concentriques se produire, s'étendre et s’effacer à la circonférence, tandis qu’il s’en formera encore de nouveaux au centre; supposez que l'effet se continue indéfiniment, et vous aurez une image de la vie, telle qu’elle se manifeste dans la succession des individus qui possèdent le merveilleux privilége de vivre et de se perpétuer par la génération. C’est cette succession non interrompue de l’espèce avec les formes qui la caractérisent que nous allons essayer de rendre évidente.

Le plan que nous comptons suivre dans cette étude n’a rien de compliqué. Nous chercherons d’abord à exposer comment la terre a pu se constituer, et comment la vie s’y est graduellement développée ; nous dirons ce que c’est que l’espèce, et de quelle manière on peut comprendre qu’elle soit indépendante ; nous exposerons la diversité des habitudes des êtres organisés des deux règnes, et plus spécialement celles des animaux : vie diurne et nocturne, terrestre et aquatique, locomotion, sommeil, durée de la vie, milieux d’habitation, action des climats, etc. Entrant dans un au‘re ordre d'idées, nous parlerons des instincts et des agents qui en permettent l’évolution, de la chaîne des êtres, de la concurrence vitale, de l’unité de type, de l’axiome Natura non facit saltus, Ces diverses questions, élucidées, autant qu’il nous sera permis de le faire, nous conduiront au cœur de notre sujet, et nous aborderons les idées de M. Darwin relatives à l’origine des espèces, pour tracer les limites de l’action modificatrice de la sélection naturelle sur la nature vivante.

Nous entrons dans une carrière difficile à parcourir, mais quiconque cherche la vérité n’éprouve de fatigue véritable que si elle se dérobe à ses regards.

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