‹ Le darwinismeChapitre 5 sur 28 · PA Ë · texte numérisé non relu

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Si nous songeons qu’une intelligence suprême a présidé sur

‘la terre à l'évolution des êtres, pourquoi ne pas reconnaître

que cette intelligence a dù se réfléchir sur une créature douée de qualités refusées à toutes les autres; or, cette créature privilégiée, quelle sera-t-elle, sinon l’homme? Les animaux n’ont d'intelligence que celle qui les aide à remplir leurs destinées et surtout à se conserver; l’espèce humaine, au contraire, étend la sienne par delà ses besoins matériels. On peut dire avec une apparence de vérité, que la formation de la terre n’est qu’un moyen, la création des animaux qu’une ébauche, et que l'apparition de l’homme pouvait seule compléter l’œuvre. Seul, en effet, il se met en communication avec la nature; il l’étudie, il la comprend ; sans lui la terre n’aurait pas même un nom, et Dieu serait pour elle comme s’il n’existait pas. Pour qui alors eussent été créées tant de merveilles? qui les eût admirées? Les animaux jouissent de tout sans rien voir et sans rien comprendre ; à l’homme le privilége exclusif de tout voir, sinon de tout comprendre. Ce n’est pas pour nous uniquement que le soleil éclaire la nature, que les étoiles brillent d’un si vif éclat dans les cieux, que les plantes revêtent mille formes, que les oiseaux et les insectes sont si richement habillés; mais, parmi les êtres sans nombre qui couvrent la terre, nous sommes du moins les seuls qui jouissions des harmonies de la nature, tandis que, pour tout le reste des animaux, la création est une œuvre morte.

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